éditorial
Le bouc-émissaire

Jorg Haider est une ordure !
Les tenants du pouvoir
qui le clouent au pilori
sont-ils pour autant des gens bien ?

Jacques ChirHaider, Louis MichelHaider, ElHaider Di Rupo, Isabelle DurHaider, AlbertHaiderHaider, Lionel Haider Jospin & Co.

Le "bonheur demain", cela veut dire le malheur tout de suite, car entre "bonheur" et "demain", c'est toute la vie qui s'écoule en une morne grisaille (F. H. Fajardie, La vingt-cinquième moustache).

Le thé source d'antioxydants.Les antioxydants sont des principes actifs qui contribuent à la protection de votre corps en renforçant vos défenses naturelles contre les effets nocifs des radicaux libres (Lipton Tea).

Je n'aime pas le soleil. Il me fait penser à certains "intellos", tendance humanisme-j'enfonce-les portes-ouvertes. Il est là en haut, au balcon, au zénith, brillant, éblouissant, rayonnant, matinal, méridional, matamoresque, toujours prêt à mettre en lumière les clairs obscurs, les ombres floues, à grand renfort de rayons inquisiteurs. Puis, quand vient le soir, le grand soir, il rougit de confusion, il se glisse furtivement, il se cache, derrière l'horizon, il se couche comme un caniche frisé et obéissant ou comme un berger... autrichien. Le fascisme n'est pas de retour en Europe, il ne l'a jamais quittée. Comment aurait-il pu d'ailleurs s'éclipser de cette Europe où toutes les portes sont cadenassées, fermées à clé de sol, où l'hospitalité, la solidarité riment avec 127 bis, Bruges la muerte ou Vottem, où le fric donne le la et bat la mesure. Haider la belle affaire. Il n'aurait pas existé que la forteresse Europe l'aurait inventé. Quel merveilleux repoussoir que voilà.

L'Europe est une merde d'États fétides. L'Europe, c'est l'Amazonie avec des piranhas à gueule de flics, des moustiques sang-sues qui se prennent pour des ministres, des arbres abattus, tronçonnés, brûlés, ignorés qui font office de catalogue des droits de l'homme.

L'Europe, c'est comme un village de Potemkine, une image publicitaire trompe-misère, un paravent anti-bruit qui, immense chape ouatée, met une sourdine aux coups de knout du quotidien marchand qui stigmatise tant d'existences ratées, pillées, avortées.

L'Europe, c'est un drapeau au bleu libéral qui bouffe toute sa surface si ce n'est l'alignement militaire, pénitenciaire, concentrationnaire, circulaire d'étoiles jaunes expiatoires. L'Europe, c'est ce stupide et totalitaire hymne à la joie des banquiers, des actionnaires des multinationales, des marchands de vent et de petits boulots. L' Europe c'est la peste brune, l'Europe c'est la peste bleue.

Au fond, Haider, c'est un Louis Michel qui aurait réussi, c'est la droite qui s'assume, c'est le même discours, la même politique que Chevènement ou Duquesne, mais avec des points d'exclamation en plus.

Haider, c'est l'image du patron dynamique, moderne, prophétique, providentiel. Là où il fait tache, c'est dans ses nostalgies gammées. Il se serait contenté de déporter des Tziganes, des gueux de tous horizons, d'enfermer dans des prisons des enfants sans papier et sans crayon pour dessiner, de noyer en méditerrannée de pauvres bougres qui tentent de rejoindre l'Espagne, de traiter les chômeurs de parasites, de licencier à la pelle, de délocaliser, d'élaborer une justice plus expéditive, d'armer sa police, d'humaniser les couloirs de la mort, de se torcher le cul avec des pétitions sociales, de doper la misère sociale, de placer des caméras partout, il aurait été encensé et reçu à bras ouverts comme un Louis Michel par un non quelconque roi du Maroc, il aurait été labellisé pur démocrate et son parti libéral aurait pu siéger au sein du groupe libéral au parlement européen.

Ce qui chiffonne avec Haider, c'est qu'il a été élu dans un pays où le chômage est quasi absent. Jusqu'ici, l'équation classique, c'était France = 15 % de chômeurs = le FN à 15 %. Et cela justifiait tous les plans d'emplois jeunes calamiteux, toutes les implantations honteuses de Disneynald et Macdoland, toutes les exportations d'armes, toutes les nuisances écologiques, tous les cadeaux au patronnat, toutes les paix et les abdications sociales, etc.

Et les syndicats de la mettre en veilleuse car l'emploi à tous prix avait depuis des décennies force de slogan : Arbeit macht Frei.

Et là patatras, Haider ramène le problème de "l'extrême-droite" sur un autre plan. Là où les bien pensants affirmaient qu'elle se nourrissait de l'exclusion sociale, on constate qu'elle trouve son fonds de commerce dans les frustrations des petits propriétaires, des employés brimés, des consommateurs conditionnés et dupés, des citoyens sans cesse déresponsabilisés. Les électeurs de Haider sont tous passés par les écoles publiques ou privées de l'Etat autrichien. Comme chez nous, ils ont appris petits à courber l'échine, à subir vexation sur vexation, à marcher en rangs, à s'asseoir chacun à sa place, à se bourrer la tête de matières imbéciles, à respecter l'autorité des maîtres, à bouffer de la fiente, à suivre des horaires imbéciles, à vivre l'enfance comme une compétition. Comme chez nous, ils ont assimilés les lois et les hiérarchies de la vie d'entreprise. Comme chez nous, ils ont vu le commerce primer sur l'éthique. Comme chez nous, ils ont le consumérisme chevillé au porte-feuille.

Pire, les électeurs de Haider ressemblent à tous les autres électeurs des "démocraties" européennes : mais cocus pour cocus, ils préfèrent se faire représenter sous la forme d'un bouc émissaire arborant deux petites cornes grotesques sur le chef.

Haider, c'est le miroir de l'Europe. Et dans ce miroir, l'image n'est pas belle. Mais ce n'est pas en crachant sur le miroir que l'Europe changera d'image.
 

Dirk F. Diederich

 
97.300 francs

C'est le montant de la souscription lancée en novembre-décembre 1999 par le Collectif de soutien aux Sans-papiers du Béguinage et récoltée sur le compte d'Alternative Libertaire. 97.300 francs qui auront permis (en parrallèle avec l'action des théâtres bruxellois lancée par Claude Semal) de fournir des bonbonnes de gaz pendant tout l'hiver, ainsi que de la nourriture et des titres de transport afin que les Sans-papiers du Béguinage ne se fassent pas piquer bêtement dans les transports en commun. 97.300 francs qui auront permis au Sans-papiers du Béguinage de résister et de maintenir ce point d'ancrage, malgré des conditions de vie et d'organisation à la limite du supportable. Merci à nos lecteurs et à nos lectrices.

Alternative Libertaire

 

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