DOCUMENT - VIVA ZAPATA

Deuxième rencontre inter-américaine
Pour l'Humanité
et contre
le NéoLibéralisme

Fin décembre 1999,
c'est tenue au Brésil,
la Deuxième Rencontre
Américaine pour
l'Humanité et contre
le Néo-Libéralisme.

En voici
la déclaration finale.

Et finalement eut lieu la rencontre pour laquelle nous avions tant lutté - une rencontre de rêves, d'expériences et de volonté. Dans la ville de Santa-Maria-de-Belém se retrouvèrent des femmes et hommes en lutte (de 24 pays d'Amérique et d'Europe) pour réaliser, sur les bords du puissant fleure Amazone, cette IIème Rencontre Américaine pour l'Humanité et contre le NéoLibéralisme.

À ce grand événement, ont participé près de 3.000 camarades (femmes et hommes). Des indigènes canadiens aux travailleurs argentins. Des Noirs, Indiens et Brésiliens sans terre jusqu'aux Zapatistes mexicains. Ce fut une rencontre importante et diversifiée.

Cette IIème Rencontre a eu lieu à un moment où l'Amérique est pleine d'indignation et de révolte. Aux oreilles de toutes et de tous retentirent les cris des manifestations à Seattle, durant la réunion de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).

Cette IIème Rencontre a pris place à un moment d'extrême gravité pour notre continent. L'impérialisme nord américain - cur et bras armé du grand capital - attaque tous les peuples d'Amérique. Non content de maintenir l'odieux blocus économique contre un pays souverain comme Cuba, il élargit son rayon d'action en faisant la promotion d'actions déstabilisatrices du processus politique en marche au Venezuela ; il s'allie au gouvernement mexicain pour l'agression contre les peuples indigènes du Chiapas et contre tout le mouvement populaire et révolutionnaire de Mexico, et, ce qui est plus grave, il cherche à développer son intervention militaire contre la rébellion populaire en Colombie. Pour cela, il installe des bases militaires dans les pays voisins et fait pression sur les gouvernements du Brésil, de l'Argentine et du Pérou pour les embarquer dans l'aventure de l'invasion du territoire colombien. Sous le prétexte de combattre le narco-trafic - un grand "business" financé par de riches hommes d'affaires - il envoie des contingents chaque fois plus important de conseillers militaires. Stopper cette escalade agressive est la tâche la plus urgente pour les peuples d'Amérique. Pour cela, nous lutterons, au coude à coude, contre ces agressions. Dans le même état d'esprit, cette IIème Rencontre a pris position en faveur de l'autonomie territoriale et de l'autodétermination économique, sociale, politique et culturelle des peuples.

Pendant cette IIème Rencontre s'élevèrent de nombreuses voix.

- Celles des mouvements syndicaux, qui cherchent à défricher de nouveaux chemins pour résoudre les dommages résultant de l'exploitation (sans frein) non régulée provoquée par la mondialisation de l'économie. Ils luttent contre le chômage et pour la réduction de la journée de travail.

- Celles des jeunes du continent, qui, dès le début de leur jeune vie, se trouvent acculés au travail infantile, voient leurs droits à la santé et à l'éducation complètement niés, et, s'ils survivent, sont obligés de supporter le spectre du chômage

- Celles des petits agriculteurs ruinés par les projets qui profitent seulement aux latifundistes (les grands propriétaires terriens), et par un système qui nie le crédit et l'assistance technique et pratique des intérêts usuraires.

- Celles des travailleurs sans terre qui, avec courage et organisation, luttent pour un lopin de terre à cultiver pour vivre.

- Nous entendons la clameur des indigènes en lutte pour récupérer leurs terres ancestrales, défendre la nature et affirmer leur culture.

- Également très fort le cri du peuple noir, qui jamais ne se rendit et continue à lutter contre les nouvelles formes d'esclavage.

- De la même façon, dans le cur des délégués, la détermination des mouvements de femmes, d'homosexuels et porteurs de nécessités spéciales, qui luttent avec bravoure pour conquérir des droits égaux et la dignité.

- Enfin, pendant cette Rencontre qui a eu lieu dans la capitale de l'Amazonie on ne pouvait oublier les voix de la flore. Elles étaient présentes : celle des récolteurs de caoutchouc et celle des écologistes nous ont rappelé qu'il est nécessaire d'exiger la fin du pillage de la nature, en particulier dans la région amazonienne, en combattant toutes les formes de bio-piraterie et la déprédation du milieu naturel et en luttant pour la réforme agraire sous le contrôle des travailleurs.

- De la même façon, nous avons manifesté notre opposition absolue contre toutes les actions et projets qui détruisent massivement le milieu ambiant. Nous tous le savons: le capitalisme est un mal qui porte atteinte à l'existence de la planète.

- À Belém, nous avons décidé que le mouvement initié par ces rencontres doit continuer comme l'un des espaces d'articulation de la lutte de résistance des peuples américains. Et c'est pour cette raison que nous avons accepté le cur content l'offre généreuse provenant de tous nos frères Anishnabaie canadiens pour être le siège de la IIIème Rencontre américaine pour l'Humanité et contre le NéoLibéralisme. Sachant que nous nous verrons prochainement, cette fois dans les plaines de l'Amérique du Nord, reçus par des guerriers et des guerrières qui luttent pour leur liberté depuis plus de 500 ans.

- À Belém, nous avons décidé que la dynamique de ces Rencontres doit être un instrument d'organisation de notre lutte. C'est pour cela que nous en appelons à tous les Comités Préparatoires pour qu'ils continuent la lutte. Nous assumons la grande tâche qui s'annonce déjà pour l'année 2000 : la participation au mouvement Brésil, 500 Ans de Résistance Indigène, Noire et Populaire. L'année 2000, que tous et toutes s'unissent aux 2000 indigènes qui seront présents à Porto-Seguro pour dire aux autorités qu'à partir de maintenant, au Brésil, ce seront d'autres 500. L'importance de cette lutte ne se résume pas au Brésil. Cette IIème Rencontre américaine pour l'Humanité et contre le NéoLibéralisme a assumé de façon explicite l'héritage des 5 siècles de la résistance indigène, noire et populaire, revendiquant de renforcer le mouvement continental indigène, noir et populaire, son projet historique et sa stratégie unitaire.

- À Belém, nous avons demandé l'implication de toutes et de tous, sous des formes les plus diverses, à la lutte pour la liberté de Mumia Abu Jamal, militant des Panthères Noires, emprisonné, isolé et condamné à mort, par un jugement inique aux États-Unis.

- À Belém, nous avons demandé également que tous les pays d'Amérique participent à la Marche Mondiale des Femmes contre la Pauvreté et la Violence. L'émancipation du genre humain sera vraiment effective quand la dignité et la créativité des femmes seront reconnues dans les actes de la vie quotidienne, petits et grands, dans les sphères publiques et privées. La marche soulignera l'oppression des femmes et la nécessité de la construction de nouvelles relations non hiérarchiques dans les rapports hommes/femmes.

- À Belém, nous nous sommes prononcés en faveur de la liberté totale d'accès à l'information et aux productions culturelles de résistance par tous les moyens possibles. Pour atteindre cet objectif, nous proposons que se mettent en place des réseaux de communication permanents qui permettront l'articulation des luttes des organisations populaires qui s'opposent à la marée néolibérale, pour défendre l'humanité, en exerçant une intense vigilance afin d'accomplir le plein usage des droits humains.

- À Belém, nous avons décidé de mettre en pratique les principes de l'internationalisme et de l'unité des peuples. Pour cette raison, nous avons décidé de rejoindre les divers mouvements qui s'occupent de la dette externe, en présentant une proposition de réaliser un référendum sur le paiement de cette dette. Ce référendum devra être préparé avec le concours de millions de personnes. C'est un travail complexe, qui exigera la participation massive de beaucoup de frères qui n'étaient pas présents ici, mais la lutte a commencé. Nous avons quitté Belém décidé à trouver, pour les rejoindre, toutes les organisations populaires du continent pour la construction d'un non retentissant à une dette illégitime et criminelle.

- À Belém, nous avons décidé que notre marche doit continuer et pas seulement au figuré. Ainsi, nous étions en faveur d'une grande Marche Américaine qui, commençant simultanément du Canada et du Brésil, parcourrait de nombreux pays du continent, stimulant et incorporant diverses luttes et manifestations locales, regrouperait un nombre chaque jour plus grand de camarades (femmes et hommes). Le point d'arrivée finale et de rencontre serait Ciudad-Juárez, à la frontière du Mexique et des États-Unis, où se trouve cet odieux mur de métal, protégé par des hélicoptères, des gardes et des chiens, séparant symboliquement l'opulence des riches et la misère des pauvres de notre continent, en incluant ceux des États-Unis et du Canada. Pour que l'Histoire retrouve son cours, ce mur doit tomber. Au cours d'une manifestation avec des milliers de participants de diverses nationalités nous célébrerons notre unité et nous montrerons très clairement que le monde doit tourner d'une autre façon. Cet événement de répercussion mondiale signifiera un gigantesque pas en avant pour notre lutte. Une journée pleine de défis réalisés grâce à la lumière de nos bannières et de nos curs.

Pour transformer un tel rêve en réalité, nous organisons en mars prochain, une réunion préparatoire au cours de laquelle nous devrons revoir tous les points et délibérer sur les prises de position et les stratégies.

- À Belém, nous avons assumé ces compromis et ces tâches. Pour cela, nous allons rester organisés de façon large, démocratique, diverse, nous alliant au maximum d'amis et d'alliés.

- À Belém, entre le 6 et le 11 décembre 1999, se leva la torche allumée au Chiapas, en 1996, durant la Première Rencontre Américaine pour l'Humanité et contre le NéoLibéralisme. Sa lumière continuera à illuminer le continent.

Belém do Pará
Amazônia Brasileira
11 Décembre 1999
164 ans de la Révolution Cabana


 

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