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8 MARS 2000
PHILIPPE ET MATHILDE
FONT LEUR...

Joyeuse entrée
à Namur

Occasion rêvée pour quelques anars locaux de faire entendre leur voix en distribuant quelque 4.000 tracts. Au recto, un appel à manifester : pour interpeller l'opinion publique sur l'implication du palais royal dans les dossiers X et poser la question devant le cortège "d'accueil" du couple princier. Au verso des articles d'Alternative Libertaire, du Matin et du Morgen sur le sujet précité. Ces articles explosifs n'ont fait l'objet d'aucune contestation "juridique" de la part de l'establishment qui y est incriminé (voir le livre Les dossiers X). Pour celui ou celle qui connaît l'affaire Pinon et les dossiers X, est-il utile de s'étendre en profondeur sur le sujet de cette nouvelle question royale (voir AL 225) ? Alors que nous savons qu'Albert II a pour loisir de s'étendre sur ses sujets, et ce en profondeur !

Nous voici donc le 8 mars, 9h30, au rendez-vous de la place de l'Ange. Un bref calcul... 4.000 tracts distribués et... 8 personnes présentes à la manif ! Bilan consternant lorsque l'on a conscience de l'importance de l'enjeu. Où sont les "républicains" de José Fontaine ? Où sont les "éclairés" de l'inertie massive du monde pollutionnaire..? Ne parlons pas non plus des étudiants... Brel avait raison, c'est comme les cochons...

Bref, après une brève interview de la RTBF-Hainaut et une photo (non-parue) pour La Dernière Heure, nous partîmes l'espoir au cur et la révolte au front, brandissant notre "force symbolique" à nous, c'est-à-dire des balais peints en rose.

Arrivés au premier "barrage répressif", des schtroumfs aux consignes très strictes et aux traites à payer, nous dictèrent (de façon zen) où était "notre côté" de la barrière (poils aux révolutionnaires).

Nos balais/ballets roses ne seraient donc pas brandis sous les royales narines de "l'Ordre naturel" à l'inaccessibilité distante de la hauteur d'un balcon de palais provincial. Nous rebroussâmes chemin, cherchant un autre accès par la rue de Bruxelles. Tout en faisant route, nous remarquâmes l'étrange comportement de "civils", il s'avéra vite que nous avions quatres pandores aux trousses (sans compter les bouche-"Dutroux", meublant le champ "dioxiné" des caméras asservies). Bref, arrivés au deuxième barrage répressif, nous distribuâmes nos tracts du bon côté de la barrière.

Soudain, sous le coup d'une impulsion du genre instinct de survie, les schtroumfs arrachèrent les tracts des mains des sujets arrivants. Plus grave encore était la passivité des sus-dit sujets devant ce viol collectif de la pensée ! Nous étions là, impuissants, tels des réfugiés politiques demandant l'asile de la pensée à un pouvoir d'aliénés et aliénant.

Le temps était à la grisaille, et la pluie s'était invitée malgré une vive opposition des forces de "l'Ordre naturel". Non, vraiment, rien n'est rose au royaume de Laidegique, à part les ballets et les joues de nos gosses. D'un commun accord, nous décidâmes d'aller nous réchauffer au bistrot.

Refaisant le monde devant une chope, tout en se gaussant des "acteurs sociaux" qui participaient à la pantalonnade de la cour des miracles. Dehors, les quatre pandores nous attendaient. Ils nous suivaient partout, telle une meute de chiens.

Puis, vint le moment de rejoindre la place du Théâtre (toujours suivis par la Stasi belge). Arrivés dans la rue Cuvelier, une voiture de police nous dépassa, et un schtroumf sanguin aux petits yeux nous barra la route en clamant que nous n'avions pas le droit de passer et que nous étions en démocratie (surréalisme à la belge, ce qui nous fîmes bien rire). Nous argumentâmes notre présence sur la voie royale en nous appuyant sur la liberté d'expression et les droits de l'Homme... ce qui nous valut un contrôle d'identité et la confiscation de nos balais roses. Évidemment, les croix, tchadors, kippas ou autres symboles d'aliénation étaient les bienvenus. Pourquoi les manipulateurs de symboles ont-ils peur de simples balais roses ? Où est la liberté d'expression en Laidegique ? À quoi servent les droits de l'Homme ? Décidément, la fève de la galette à un goût de scandale sans précédent. Attention à la cerise sur la tarte républicaine, monseigneur, elle n'est peut-être pas dénoyautée et vous pourriez vous y casser les dents !

Jean Tarte

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