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Los Arenalejos


Principes de fonctionnement internes

Une proposition. Comme dans la vie tout est évolution, ces bases ne sont qu'une proposition initiale sujette à modifications. Nous savons qu'en nous regroupant à plusieurs et en confrontant nos pratiques quotidiennes, ces bases vont se modifier et s'adapter aux nécessités de l'ensemble des habitants du hameau.

Éthique et philosophie. Nous admettons toutes sortes de croyances religieuses et philosophiques tant qu'elles n'entrent pas en contradiction avec les bases éthiques, philosophiques et politiques de l'Écologie Sociale déjà définies dans beaucoup de nos publications antérieures. En outre, en tant que membres de l'association ALAIDES (association créée par Los Arenalejos pour promouvoir l'écologie sociale, plus d'infos sur demande par courrier), nous, les habitants, ne pouvons qu'adhérer à ses finalités.

Applications pratiques. Accepter cette éthique et cette philosophie, suppose pour les habitants de LA, une certaine cohérence lorsqu'elles se projettent dans la pratique quotidienne.

Éducation. Comme nous l'avons exprimé de nombreuses fois dans La Hoja, nous lui portons un intérêt spécial. Il est donc logique que beaucoup de nos efforts visent à améliorer le fonctionnement et l'infrastructure, dans la maison commune, de la classe dans laquelle se théorisent et coordonnent les apprentissages de la vie quotidienne. Malgré la nécessaire coordination de l'institutrice, nous veillons à ce que l'éducation ne soit pas l'œuvre exclusive de celle-ci ; mais bien l'œuvre accordée et partagée par tous et toutes, et en particulier par les parents, pour développer capacités, connaissances, l'autonomie et l'entraide avec les autres être humains et, par delà, la nature en général.

Activités et écologie. Aucune activité économique n'aura pour conséquence l'exploitation d'un être humain, quel qu'il soit, directement ou indirectement. De la même manière, nous refuserons l'exploitation des terres et animaux qui l'habitent. Pour ce faire nous proposons des activités autogérées au cours desquelles l'usage des produits polluants seront réduits au maximum. Ces derniers critères étant, en dernier ressort, définis par l'assemblée des voisins, le collectif s'engage, suivant les règles de recherche et développement décrites dans les statuts de l'association, à soutenir par tous ses moyens, des alternatives de techniques écologiques qui favorisent les buts autogestionnaires poursuivis et, au delà du simple respect pour la nature, le développement des écosystèmes qui soutiennent humanité. Cela se traduit dans le concret, entre autres, par un soutien et un encouragement aux ateliers qui s'orienteraient dans ce sens.

La propriété

La finca de 18 hectares est actuellement propriété de cinq personnes, dont deux ne vivent pas sur place, même si elles participent activement en soutenant économiquement et aussi physiquement, de manière intermittente. Les 18 ha sont composés de deux parcelles contiguës : La Yesera de 15 ha et Los Arenalejos de 3 ha. Sur cette dernière est située la maison commune, l'alberca et les ateliers.

Propriété non collective. La parcelle nommée La Yesera, moins un hectare, restera propriété des 5 personnes citées bien que celles-ci en cèdent l'usage au collectif, juridiquement dans ce cas, à l'association. Sur cette zone, pour des raisons évidentes de garantie juridique, les habitants, mis à part les propriétaires, ne pourront pas construire. Dans les nouveaux actes notariés, devra être spécifiée l'eau qui correspond à LA et celle qui est cédée à la Yesera, avec droit d'usage de l'alberca. Soit 2 nuits par semaine, laissant à LA, 2,75 nuits par semaine avec, pour cette dernière un droit d'usage partagé de l'utilisation du puits situé dans la Yesera. LA cédera également un droit d'usage de l'électricité à La Yesera avec un compteur propre.

Propriété collective et usage personnel ou familier. Les habitants de LA pourront construire sur l'hectare restant de la Yesera et sur le terrain de LA, tout du moins sur sa partie qui a le moins d'intérêt agricole. Sur ce terrain n'entre pas, pour le moment, une parcelle d'un hectare, située en contre-bas de la maison. Toutefois, étant donnée sa position privilégiée par rapport à la maison commune, des négociations sont en cours pour que ses nouveaux propriétaires en cèdent une partie à l'association afin d'augmenter le terrain destiné à la construction. Juridiquement, celui-ci sera cédé à l'association comme propriété collective dès que sera réunie la somme nécessaire pour couvrir les frais des droits d'enregistrement et des actes notariés. En attendant, un contrat sous seing privé octroie à l'association, un droit d'usage en bonne et due forme, pour une valeur symbolique. Dans cette propriété collective sont inclus : l'alberca, la maison commune, les ateliers, les outils que l'on définit collectifs, les machines agricoles et artisanales. Pour ce qui est de l'usage personnel des lieux, l'association, à son tour, octroie, aux personnes ou aux familles, une surface suffisante pour construire selon des critères écologiques, mais également pour avoir un jardin familial ou personnel s'ils ou elles le désirent, avec droit à l'eau. Juridiquement, la relation association / personnes ou familles sera garantie par un contrat sous seing privé avec présence d'un avocat et d'une durée de 99 ans. Les matériaux de construction seront à la charge des personnes, le collectif pouvant aider pour la main d'œuvre. Cette main d'œuvre pouvant, pour qui le désire, être comptabilisée dans le cadre du SILO (voir plus bas) y compris en utilisant les grains verts. Ces parcelles octroyées par l'association ne pourrons être vendues à d'autres particuliers sans son accord explicite et signature d'un nouveau contrat avec l'acheteur. Pour qui voudra quitter le hameau, sans trouver d'acheteur admis par l'association, il existe un mode d'équivalence qui lui permettra de récupérer la mise et peut être plus selon les besoins respectifs accordés par toutes et tous. En cas de dissolution de l'éco-village, il y a possibilité de devenir propriétaire de ces parcelles si les habitants apportent la quantité requise pour payer les droits de succession. Il suffit pour cela de l'accord de trois personnes pour constituer une nouvelle association au nom de laquelle sera achetée la parcelle.

L'économie

Elle est de deux types : personnelle ou familiale d'une part et collective de l'autre. Elle se mesure différemment selon qu'elle se considère interne au collectif ou tournée vers l'extérieur.

Cotisation d'entrée au village et fond de solidarité. Le Fond de Solidarité est constitué principalement des apports d'admission versés en deux fois, à l'entrée et au bout de deux ans de résidence. Ces sommes seront destinées à couvrir les frais ci dessous indiqués, en proportions définies par l'assemblée des voisins ! Remboursement d'une partie des dettes contractées initialement pour l'achat des terres ! Constitution d'un Fond de Solidarité suffisant pour permettre aux habitants qui le désirent, de quitter les lieux et redémarrer un nouveau projet ailleurs ou s'insérer dans la société. Cette quote-part de sortie sera négociée, ajustée et accordée tous les ans entre le collectif et les personnes qui le constituent ! Part de solidarité avec des personnes de l'éco-village exceptionnellement dans le besoin ou pour d'autres personnes ou collectifs de mêmes caractéristiques qui se trouveraient également dans le besoin.

Économie personnelle ou familiale avec l'extérieur. Chaque personne ou famille, pour ses propres besoins en argent ou même pour ceux, collectifs du hameau, avec l'extérieur, développe une activité économique qui lui est propre dans le cadre défini antérieurement. Cette activité peut être strictement personnelle mais n'a pas forcément lieux de l'être, si elle peut s'associer avec celle d'autres personnes selon un commun accord. Sauf évolution postérieure, ou ponctuellement, par décision unanime et après que les besoins collectifs soient couverts, cette activité ne sera pas assumée par le collectif dans sa totalité. Nous pourrions par exemple décider après une abondante récolte, une répartition économique des excédents. Il est du devoir du collectif de faciliter aux débutants l'accès à un lieu adéquat pour l'exercice de leurs activités économiques de type artisanal, agricole, éducatif, etc. En échange, chaque personne, famille ou groupe d'affinité doit prendre connaissance du devis des frais collectifs (électricité, téléphone, carburants, entretien, etc.) afin d'y participer selon la part qui leur correspond, selon le nombre de personnes.

Relations économiques internes. Étant donnée la pression externe de l'économie capitaliste généralisée et les peurs engendrées par cette dernière, à l'heure du partage, nous nous trouvons soumis à un constant va et vient d'exigences et de concessions entre l'économie personnelle et collective ; entre les besoins monétaires exigés par la société pour satisfaire nos multiples besoins personnels, mais aussi collectifs, et les activités internes du collectif, plus en accord avec nos conceptions éthiques d'entr'aide et de partage équitable, sans transactions monétaires. Pour atténuer cette inévitable contradiction inhérente à la société actuelle, et éviter la circulation et accumulation d'argent, autrement dit l'implantation interne du capitalisme, nous établissons à l'intérieur de l'éco-village, le SILO (Sistema de Intercambio LOcal, en français SEL) dans le but de réguler les échanges économiques internes, entre les personnes elles-mêmes et entre ces dernières et le collectif. Rien n'empêche que par la suite ce SILO puisse s'étendre à l'extérieur du village. Et bien qu'il ne s'agisse pas de comptabiliser toutes les activités, plus il y aura d'auto-contrôle sur les activités de caractère communautaire, plus nous aurons d'éléments pour gérer le temps que chaque personne dédie aux activités collectives. Ce temps peut être dédié à l'éducation, la gestion, l'agriculture, la mécanique ou toutes autres activités utiles. Comment ça marche ?

Entre les personnes. Il s'agit d'un troc amélioré de services et de produits. Et qui dit troc, dit comptabilité. Il n'a pas caractère obligatoire. Certaines personne n'en voudront pas et fonctionneront sur des critères de don et de spontanéité, du moins avec des partenaires privilégiés, et peut être, avec d'autres préféreront le troc. Si tout le monde y trouve son compte, pourquoi pas ? Tout dépendra du degré d'affinité, d'affectivité et complicité qui s'établira entre les personnes. Les membres du SILO réunissent leurs offres et leurs demandes de services sur une liste (avec leur adresse et nE de téléphone pour ceux et celles de l'extérieur). La liste est diffusée à tous les membres pour que puissent se réaliser les échanges. Quand une personne est intéressée par un service ou un produit, elle se met d'accord sur le nombre de grains (heures de travail évaluées sur un même standard, que ce soit une heure de dentiste ou une heure de ménage) par lequel s'évalue la transaction avec la personne qui offre ce service. Pour ce qui est des échanges dans lesquels entrent des produits obtenus sur le marché (machines, matières premières, etc.) nous décidons que un grain équivaut à une peseta et que une heure de travail, quelle qu'elle soit, vaut 500 pts. Quand tu rends un service ou donnes un produit à un autre membre, il te remplit un talon SILO avec le montant de grains convenus. Le service central du SILO en garde une copie avec l'unique devoir d'actualiser constamment les quotes-parts des membres et les porter à leur connaissance périodiquement. De cette façon, tu n'as pas à échanger directement des services ou des produits. Si tu es en négatif sur ton compte, ça ne fait rien. On ne paie pas d'intérêts pour des découverts. Néanmoins si ce dernier est excessif, on te demandera de gagner quelques grains et on t'interdira d'en dépenser plus. Pour le fonctionnement de ce système, seuls sont retenus les frais de cahiers, carnets de souche et autres matériels de comptabilité.

Entre les personnes et le collectif. Les principes et les règles sont les mêmes. Les personnes qui travaillent pour le collectif accumulent des grains, verts par exemple, pour les différencier des autres. Ces grains verts ont la même valeur que les autres mais ne peuvent s'échanger qu'entre les habitants de l'éco-village. Au cas où des personnes ne pourraient pas dépenser ces grains verts ou qu'il existe de grandes différences persistantes entre les différents comptes voisins, il faudrait donner un rappel à l'ensemble des habitants parce que cela révélerait un déséquilibre, par rapport aux tâches communes, à corriger entre voisins. Il est évident que ces grains verts peuvent être l'objet de dons entre ami(e)s ou membres d'une même famille.

Les structures sociales

Nous distinguons deux bases autour desquelles se regroupent les habitants de LA.

La première est celle du groupe d'affinité constitué en général par la famille. Comme nous l'avons déjà vu, ce groupement a son développement propre en ce qui concerne l'économie. Il dispose d'une terre, cédée par l'association pour son jardin et l'installation de sa maison.

Le deuxième groupement qui englobe l'ensemble de ces groupes d'affinité et des personnes, constitue la commune (municipio). La commune est chargée de pourvoir aux besoins de base des habitants pour ce qui est de l'énergie, de l'eau et autres services d'infrastructure. Elle dispose de 18 ha. de terres en majorité dédiées à l'arboriculture, un atelier de mécanique, un tracteur, un réservoir d'eau (alberca) de 350.000 litres alimenté par une acequia (rigole), ainsi qu'une maison commune où se trouve le siège de l'association et où peuvent se réaliser tous types d'activités culturelles ou ludiques.

Les structures politiques

La plus haute expression de celle-ci en est l'Assemblée Générale de tous les habitants formant la Municipalité.

Elle se réunit régulièrement mais aussi exceptionnellement en cas d'urgence, à la demande d'un ou plusieurs habitants.

Les décisions se prennent si possible à l'unanimité ou, en cas d'impossibilité, avec une majorité de 60%. En fait, il s'agit bien d'une pratique de démocratie directe avec mandat défini de caractère révocable pour des activités bien déterminées, dans ou en dehors du hameau. Ces activités de délégation étant considérées comme n'importe quelle activité collective.

C'est cette assemblée qui décide des orientations clés du village et détermine en dernier ressort du budget communal, prioritairement en fonction des besoins communaux mais aussi en fonction des activités culturelles à développer avec l'association ALAIDES.

C'est cette structure qui se réserve aussi le droit ultime d'exclure la personne qui ne respecte pas les conditions d'admission exprimées dans ce texte et mutuellement accordées.

Los Arenalejos



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