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ANTIMONDIALISATION

Convergence
des luttes
anti-capitalistes.

Au 20 au 22 avril 2001 la ville de Québec sera occupée par le Sommet des Amériques où se rencontreront 34 chefs d'États et leurs alliés financiers dans un tourbillon de cocktails, de réceptions et d'opérations policières. Outre les habituelles questions de sécurité et les envolées lyriques au sujet de la démocratie, le véritable objectif de ce sommet est d'instaurer une Zone de Libre Échange des Amériques (ZLÉA) d'ici l'année 2005.

La ZLÉA est calquée sur l'ALENA (l'Accord de Libre Échange Nord-Américain) et ses négociations poussent la logique capitaliste toujours plus loin en soumettant la santé, l'éducation, l'environnement ou les normes du travail à la logique des accords commerciaux. Négocié en vase clos, puis imposé unilatéralement, ce processus de matraquage économique est un pas de plus dans l'affaiblissement, voire la suppression de tous les acquis sociaux issus des luttes populaires. Autant de nouvelles formes de domination qui renforcent le pouvoir du fric et des flics sur nos vies.

Les manifestations organisées à Seattle contre l'OMC ont fait connaître au monde entier l'existence d'un mouvement de résistance anti-capitaliste au Canada et aux États-Unis. Le même état d'esprit a prévalu à Washington en avril dernier, lors de la rencontre du FMI et de la Banque Mondiale, et à Windsor au mois de juin, à l'occasion du sommet de l'Organisation des États américains (qui fait partie intégrante du processus de la ZLÉA). Chaque fois, plusieurs milliers de personnes ont pris la rue pour marquer leur refus face aux mesures anti-sociales prises par nos gouvernants au nom de la mondialisation des marchés.

Ce mouvement ne surgit pas de nulle part : il est le résultat de plusieurs années de luttes quotidiennes, individuelles et collectives, contre les privatisations sauvages, la brutalité policière, la pauvreté, le colonialisme et les injustices de toutes sortes.

À Québec, au mois d'avril 2001, la Convergence des luttes anti-capitalistes participera à une vaste mobilisation populaire contre la ZLÉA. En plus d'organiser un carnaval contre le capitalisme (actions directes, manifs, ateliers, concerts, théâtre de rue et bien plus encore), nous prendrons part à la tenue d'une rencontre nord-américaine de l'Action Mondiale des Peuples contre le libre-échange (Peoples' Global Action en anglais) en compagnie de plusieurs autres groupes. Nous espérons voir converger dans la Vieille Capitale toutes celles et ceux qui souhaitent construire un monde débarrassé de l'oppression sous toutes ses formes.

Nous croyons qu'il est possible de manifester ce refus de l'impérialisme et du sys-tème capitaliste de manière créative et radicale, tout en ayant l'ouverture d'esprit nécessaire pour développer une opposition diversifiée et pluraliste. La mobilisation contre le troisième Sommet des Amériques s'inscrit dans une lutte à long terme engagée par des millions d'hommes et de femmes, au Nord comme au Sud contre la mondialisation capitaliste. Pour sa part, la CLAC entend participer activement à la mondialisation de la solidarité entre les peuples à travers notre résistance commune face à un même système d'exploitation.

Principes de base
de la Convergence
des luttes
anti-capitalistes

1. La CLAC est anti-capitaliste. Elle rejette les fondements d'un système économique et social reposant sur la propriété privée des moyens de production et d'échange, véhicule d'une logique selon laquelle les êtres humains ne sont considérés qu'en fonction de leur potentiel capitalisable, où l'environnement est représenté en termes de ressources naturelles propices à l'exploitation et la culture transformée en biens de consommation comptabilisés selon des critères de rentabilité, de compétitivité et d'efficience.

2. Par le fait même, la CLAC s'oppose à l'idéologie néolibérale selon laquelle les lois du marché global et les activités économiques des entreprises et investisseurs doivent être exemptes de toutes mesures politiques et sociales susceptibles de nuire à leur "bon" fonctionnement.

3. La CLAC dénonce l'impérialisme, s'oppose au patriarcat, et condamne la mise en œuvre de toute forme d'exploitation et d'oppression. Elle y substitue une vision des relations mondiales basée sur le respect des différences et l'autonomie des groupes, des individus et des peuples, dans l'optique de l'élargissement des réseaux de résistance au règne corporatiste.

4. Respectueuse de la diversité des tactiques, la CLAC vise à encourager le déploiement de la créativité sous toutes ses formes à travers des initiatives allant de l'éducation populaire à l'action directe.

5. La CLAC est autonome, décentralisée et non-hiérarchique. Elle encourage la participation de ceux et celles en accord avec ses principes de base et favorise l'implication de tous et de toutes dans les différents comités, en fonction de leurs affinités respectives.

6. Dans le cadre du Sommet des Amériques de 2001 et des négociations sur la ZLÉA, la CLAC adopte une attitude de confrontation et refuse les alternatives réformistes ainsi que le lobbying qu'elle juge sans possibilité d'impact majeur sur tous ces types de processus antidémocratiques. Elle cherche à empêcher la tenue même du Sommet et à faire des négociations sur la ZLÉA un non-événement.

clac@tao.ca
CLAC, 2035 Saint-Laurent, 2e étage, Montréal (Québec), Canaduh, H2X 2T3.


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