libertaire anarchiste

Pour
l'anarchie

Éclos à la jouissance de notre condition, révélés à nous-mêmes et affermis en solitude, affranchis tout à la fois des idoles et de l'angoisse de leur disparition, nous sommes toujours capables de penser et de dire qui nous sommes, anarchistes !

Que notre décision soit du côté du faible, et toujours opposée à qui l'a rendu tel, que notre bras retienne qui veut mener le monde, peu compte que ce soit pour un bien ou un mal, car à nos yeux le monde n'est pas à gouverner. Le monde est à vivre. Vivre n'est pas vaincre. Vivre c'est aimer. Jamais l'anarchie ne vaincra. Que vive l'anarchie qui ne tient pas dans un livre, mais qui entre toute entière dans un seul être humain, car l'anarchie, c'est l'anarchiste, qui vomit la doctrine et combat le pouvoir.

L'anarchiste tente une réponse au qui suis-je ?, risque l'aventure de l'altérité. L'anarchiste n'adhère pas à un programme politique, mais à un mode de vie. En prenant le risque et le plaisir de l'ouverture de sa solitude existentielle à autrui, l'anarchiste est autre, absolument. Il propose non pas le meilleur des mondes, mais une pensée engagée, axée sur l'idée d'humanité, une pensée consciente de la responsabilitité éthique de l'être humain en tant qu'acteur de la vita activa. Il vise une existence dont la pensée et l'action ne font qu'un. Il veut, par son action, manifester la vie humaine comme vie responsable, élevée au-dessus de l'agitation de la vie pour la vie.

Qui suis-je ? La pensée engagée qui se confronte à cette question, sort de l'indécision qui paralyse l'audace, inhibe l'engagement social. Pour lever l'inertie du scepticisme général, la pensée anarchiste propose une prestation à haut risque, à savoir placer l'être humain face à ses facultés les plus extrêmes qui sont la mort et la vie. Il en va de la vision de la condition humaine.

L'être humain est mortel et sa vie lui fut offerte. On ne sait comment, mais il y a eu don. Don d'existence. L'être humain est mortel en tant qu'il est né, c'est-à-dire en tant qu'il s'est ancré dans la conscience. Cette conscience le rend différent des choses. Contrairement à elles, il n'a pas été produit, il ne peut donc être déjeté. En ce sens, la naissance est garante de la dimension éthique de l'être humain, chaque naissance dit à la fois et diversité et unicité, et humanité.

L'être humain, qui n'a pas été produit, n'est pas davantage un outil de production. On ne peut réduire l'être humain à l'une de ses facultés. L'être humain, qui n'est ni une chose, ni un outil, déborde sa propre dimension physique. On ne peut donc ni le saisir, ni le détruire. Pourtant la femme et l'homme sont avec les déchets alentour des grandes villes, balancés aux catastrophes comme des bidons de rien, on les nie d'un seul mot, on les écrase d'une seule main. On ne nous apprend rien sur le meilleur des mondes.

Dans sa dimension sociale, l'anarchiste fait l'expérience de l'altérité en faisant celle de la faiblesse. Il touche aux coins de gale, fait sienne la vie friable de ceux que l'on néglige, à qui l'on fait violence. L'anarchiste qui ne méconnaît ni la finitude, ni la naissance, mais hostile à toute pensée subjective qui présuppose une maîtrise de la vérité, garde l'être humain au cur de son esprit, et pose les plus faibles au milieu de sa vie.

Nous ne sommes pas des communistes, ni des individualistes. Ni camarades, ni citoyens. Nous sommes les anarchistes. Ne soumettons pas aux deux tyrans humains, d'abord à la doctrine qui est folie du monde, ensuite à la paresse qui est mort de l'intelligence, la souveraineté de notre décision. Que notre décision soit du côté du faible, et toujours opposée à qui l'a rendu tel, que notre bras retienne qui veut mener le monde, peu compte que ce soit pour un bien ou un mal, car à nos yeux le monde n'est pas à gouverner. Le monde est à aimer. Aimer n'est pas régir. Jamais l'anarchie ne règnera. Vive l'anarchie !
 

Philippe Rahmy (Suisse)




 
 

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