Roger Noel Babar


Reprendre
l'offensive

À Nice le 6 décembre

Aujourd'hui, quelque trois cents personnes possèdent, à elles seules, plus que les revenus de la moitié de la population mondiale. Économiquement, trois cents privilégiés pèsent plus lourds que plus de trois milliards d'individus !

Derrière ces "rois de la finance", quelques dizaines de milliers de deuxièmes couteaux de la course au fric ont des revenus mensuels tels, que pour eux, le montant d'un minimex ou d'un RMI s'apparente à un peu moins qu'une cacahuète. Tout en bas de l'échelle sociale, plusieurs milliards de femmes et d'hommes ne disposent, pour survivre, que de moins d'un dollar par jour !

L'enrichissement prodigieux d'une frange toujours plus étroite de la population s'est bien évidemment fait au détriment de la quasi totalité des habitants de la Terre et, l'on a pu voir au cours des dernières décennies, combien était lourd le tribut à payer.

Cette course au profit maximum et immédiat (le fameux return de 15 % par an) a provoqué des effets catastrophiques dont nous sommes les témoins...

- Pillage et marchandisation de la vie et des matières premières de la planète sans considération pour les générations futures (air, eau, énergie, ogm, vaches follesY), explosion de toutes les formes de pollution (urbaines, marées noire ou chimiqueY).

- Liquidation des avancées arrachées par les luttes sociales des générations précédentes en matière de conditions de travail : limitation des droits de grève et d'organisation syndicale, baisse généralisée des salaires, précarité pour ceux qui ne vivent que de leur travail, augmentation spectaculaire de la pauvreté, généralisation dans les pays industrialisés des "revenus de survie" (RMI, minimexY), émergence d'une véritable couche sociale de "sans" : sans-travail, sans-logement, sans-ressource, sans-papiersY

- Privatisation et organisation d'un système à deux vitesses (l'apartheid social) pour les services à la collectivité soumis aux lois du marché : la santé (indigence des salaires des personnels et des infrastructures publics, diminution sensible de l'espérance de vie dans les pays les plus pauvresY), les retraites (suppression progressive de la solidarité par répartition, création de fonds de pension liés à la rentabilité des entreprises), les transports, l'éducation, la culture...

- Renforcement des politiques étatiques de contrôle social sur les classes dangereuses (justice expéditive, criminalisation des oppositions, fichage, écoutes, vidéo-surveillanceY) et du règlement autoritaire des conflits internationaux par des guerres localisées menées sous la coupe de la dernière super-puissance, les USA.

Cette mise en coupe réglée de la planète et de ses habitants n'aurait pu être menée à bien, à une telle échelle, sans la mise en place d'un double dispositif complexe

- la création, à moyen terme, de nouveaux blocs étatiques continentaux (ALENA, Union Européenne...)

- la gestion du processus, au quotidien, par des organisations technocratiques internationales (FMI, Banque Mondiale, OMCY).

Au niveau médiatique, cette nouvelle course sauvage au maximum de profit immédiat a été nommée mondialisation. Mais, sous ce masque new-look se cache en fait la réalité d'un système économique bien plus ancien : le capitalisme !

C'est dans ce contexte qu'au début mois de décembre, à Nice, le Conseil des chefs d'État de l'Union Européenne doit entériner la signature d'une "Charte européenne des droits sociaux fondamentaux". Charte de la régression sociale aurait sans doute été un titre plus approprié...

Face à cela, certains syndicalistes (CES) et/ou militants anti-mondialisation, nostalgiques des mirages d'un État-providence, iront à Nice, pour quémander du super-État européen qu'il distribue quelques miettes supplémentaires ou pour solliciter, dans l'ordre et en délégation, du cannibalisme capitaliste qu'il limite ses appétits planétaires.

Pour leur part, les libertaires iront à Nice le 6 décembre, mais pas pour demander de nouvelles réformes qui n'auraient, comme seule ambition, que de mettre un peu de rose ou de vert dans les choix de la World Compagny capitaliste. Les libertaires iront à Nice pour s'opposer radicalement à son existence même.

Les libertaires seront là, non pour obtenir quelques virgules de plus ou de moins dans cette charte anti-sociale, mais pour la refuser purement et simplement, en s'opposant, par l'action directe non-violente, à la tenue même de cette réunion.

Les libertaires iront à Nice parce qu'ils/ elles veulent construire un monde basé sur l'égalité économique et sociale, sur la solidarité, la fraternité et l'internationalisme.

Tou(te)s à Nice, les 6-7-8 décembre !

Manifestons le 6 décembre à 14h.

Bloquons le Sommet le 7 décembre à l'aube. 

Roger Noel Babar


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