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Verwilghen
et les Dossiers X

Marc Verwilghen a été le Président zélé de la Commission parlementaire d'enquêtes sur les enfants disparus d'octobre 1996 à février 1998. Il a tenté, sans succès, de connaître les raisons de la mise à l'écart des enquêteurs des Dossiers X (note d'AL : pour plus d'infos sur les témoins X dont Régina Louf voir les précédents AL) et il a clairement exprimé la nécessité de faire la lumière à ce sujet : Notre deuxième rapport dit clairement qu'en ce qui concerne l'affaire X1 et le dossier de la champignonnière, une enquête complémentaire à l'enquête devrait être effectuée, s'il le faut une nouvelle commission d'enquête parlementaire. Si ces passages n'y avaient pas figuré, je n'aurais pas approuvé notre deuxième rapport. Ce sont des affaires qu'il faut fouiller jusqu'à la mœlle. Dans les dossiers des tueurs du Brabant, on n'a pas répondu à de nombreuses questions essentielles. C'est néfaste. Et c'est ce qu'on fait avec les dossiers X. (D. Illegems et R. Sauviller, Marc Verwilghen. Paroles d'homme, La Longue Vue, 1999, p.110).

L'hostilité croissante de l'establishment et des médias à l'égard de Marc Verwilghen ne l'a pas empêché de devenir l'homme le plus populaire du pays, en raison de son engagement pour la cause des enfants disparus. Élu avec 400.000 voix de préférence, Marc Verwilghen a obtenu en juin 1999 le poste de ministre de la Justice. Une campagne de déstabilisation sans précédent s'est aussitôt déclenchée contre lui.

En dépit de cet acharnement médiatique et politique, la popularité de Marc Verwilghen n'a pas baissé après un an. Ces tentatives de lynchage ont peut-être rendu plus évidente la singularité et le courage de l'ancien président de la Commission Dutroux.

Aussitôt en place, le ministre de la Justice a demandé aux cinq parquets généraux de Bruxelles, Anvers, Gand, Mons et Liège un rapport sur les Dossiers X, à cause de l'importance capitale de ces dossiers.

Le rapport des Procureurs généraux, remis au ministre le 23 décembre 1999 ne faisait pas la synthèse des dossiers traités et n'était pas actualisé. C'est pourquoi le ministre a décidé de demander au Collège des Procureurs Généraux de désigner un magistrat ou un expert externe pour clarifier et actualiser l'ensemble des Dossiers X. Cette mise au point était d'autant plus nécessaire que les gendarmes écartés de l'enquête sur ces dossiers, ont été complètement blanchis par la justice en janvier 2000.

Après que le juge d'instruction Pignolet et la gendarmerie aient démontré l'absence de faute chez les enquêteurs écartés, le sénateur Frans Lozie (écolo) a demandé l'institution d'une commission parlementaire d'enquête sur la mise à l'écart des enquêteurs de Neufchâteau, afin d'établir les véritables raisons de l'arrêt des enquêtes sur les dossiers X.

Le député Vincent Decroly (écolo) a également adressé au Ministre une question à ce sujet : En juin dernier, lors d'une réunion du Collège des procureurs généraux, le problème de la vérification des déclarations des témoins X avait été posé et il avait été question de désigner un expert indépendant pour y procéder. Où en est-on à ce sujet ? Cet expert a-t-il été nommé ? Si non, pour quelle raison ? (7/11/2000).

Dans le style lisse caractéristique des réponses parlementaires, Verwilghen évite de reconnaître que les Procureurs généraux ont bloqué les investigations sur les Dossiers X et qu'ils refusent toute explication à ce sujet, par une sorte de putsch judiciaire.

Le ministre Verwilghen se contente de signaler au député Decroly que le procureur de Neufchâteau, M. Bourlet a réclamé les résultats de l'enquête sur les enquêteurs De Baets et Bille (définitivement blanchis en janvier 2000) et que ce dossier est parvenu à Neufchâteau neuf mois plus tard, en septembre. Suite à quoi le ministre semble refiler la patate chaude au procureur Bourlet : Cette affaire est à l'instruction à Neufchâteau et selon moi il faut laisser à M. le procureur Bourlet le soin de prendre ses responsabilités et de mener l'action publique qui est la sienne... Et puisque Neufchâteau est encore intéressé par le volet Bruxelles [nda : meurtre de Christine Van Hees à la champignonnière en 1984] il faut laisser l'initiative à M. Bourlet (interpellation Herzet, Decroly, 7/11/2000).

Cette passivité relative du ministre Verwilghen va de pair avec un redoublement des attaques contre lui. Dans un reportage récent de la télévision flamande (TV1), un magistrat désigné comme abuseur par le Témoin X2 (en compagnie de l'ex-magistrat Claude Leroy [voir Charles Toumpsin, J'ai été victime de protections]) n'hésitait pas à mener la charge contre la gestion de la Justice par Marc Verwilghen.

L'absence de réaction du ministre à ces attaques finira certainement par altérer sa popularité. S'agit-il d'un simple repli stratégique ou d'une capitulation ? L'issue du combat pour la vérité se mesurera aux points et prendra sans doute encore de nombreuses années.

 Association Pour la vérité
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