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L'État-casseur !

Lorsque l'État-casseur
et anti-démocratique
met le feu au sommet de Nice.

Que s'est-il passé à Nice ? À en croire les déclarations officielles de nos dirigeants et les récits publiés par les grands média - toujours prompts à relayer les positions des puissants de ce monde - la ville de Nice a été livrée, dès la fin de la manifestation du mercredi 6 décembre jusqu'au soir du jeudi 7, à des bandes armées, venues pour casser, incendier et piller.

Chirac et Jospin ont évidemment condamné d'une seule voix ces actes radicalement contraires aux traditions démocratiques de tous nos pays, ces comportements qui desservent la démocratie, sont indignes de la personne humaine et desservent aussi les thèses de ceux qui préfèrent recourir à la violence plutôt que d'utiliser, dans le respect des autres, leur liberté d'expression et de manifestation.

Jospin a expliqué lors d'une conférence de presse que nous avions assisté à Nice à deux types de démonstrations très profondément différentes. D'une part, les syndicalistes et associatifs, pacifiques et respectueux de la démocratie, sont venus dire qu'ils souhaitaient que l'Europe soit plus attentive et plus volontariste dans le domaine social. D'autre part, depuis le jeudi matin, des petits groupes violents sont venus pour s'efforcer d'interrompre le sommet, ce qui était à l'évidence au-dessus de leurs forces (source AFP).

Les pouvoirs politiques et médiatiques nous ont depuis longtemps habitués à cette conception caricaturale et réductrice de la réalité : d'un côté les bons (ceux qui reconnaissent la légitimité du système et en défendent la logique jusque dans leurs revendications), de l'autre, les mauvais (ceux qui contestent le système de façon radicale et veulent construire une autre société). Les bons sont démocrates et pacifiques, comprenez ils ne menacent pas l'ordre des choses et le bon déroulement de nos affaires. Les mauvais, sont anti-démocra-tiques, violents, indignes de la personne humaine, selon les propres termes de Chirac, comprenez ils ne reconnaissent pas notre pouvoir, nos institutions et refusent d'être de bons citoyens dociles.

Dans cette vision binaire et mensongère, les institutions sont les protectrices de la démocratie et de la liberté d'expression, les opposants du système ne peuvent donc être que des casseurs et des nuisibles qu'ils faut combattre par tous les moyens, à commencer par les moyens médiatiques en déformant leurs aspirations et criminalisant leurs actions pour légitimer la répression.

Ces belles leçons de démocratie, de dignité humaine et de respect de la liberté d'expression, émanant de nos élites bien-pensantes donnent la nausée. Comment des institutions faussement démocratiques, cultivant un profond mépris des aspirations humaines en rupture avec le système, peuvent-elles se poser en modèle de tolérance et d'ouverture ? Comment des pouvoirs qui ne réservent que la matraque, les gaz lacrymogènes et la cellule d'un poste de Police à ceux qui mettent en question leurs monopoles décisionnels, leur domination et leurs privilèges, peuvent-ils se poser en apôtres de la non-violence ? D'où est venue la violence ? D'où sont venus le mépris de la personne humaine et de sa liberté d'expression ?

Une brève mise en perspective des événements apportent certainement une autre réponse à ces questions que celle des média, relais complaisants des sphères dirigeantes.

Le début des violences

Dés le début de la mobilisation, les besoins élémentaires des participant-e-s au contre-sommet ont été traités par le mépris. La préfecture et la municipalité ont refusé de libérer, jusqu'au dernier moment, des lieux d'hébergement collectifs, des espaces d'expression et de débat pour les manifestant-e-s. Puis les militant-e-s qui avaient décidé de revendiquer des trains gratuits pour se rendre à Nice ont dû faire face à une répression disproportionnée des forces de l'ordre. À Paris les manifestant-e-s se sont retrouvé-e-s encerclé-e-s dans la gare près de 24 h par les CRS. À Bordeaux, à Dijon, au Havre, les manifestant-e-s ont pu goûter la matraque, avant même d'avoir pu atteindre Nice, certain-e-s d' entre eux et d'entre elles finissant la nuit à l'hôpital ou au commissariat.

La tentative de criminalisation des opérations Trains gratuits pour Nice n'est qu'une manière comme une autre de priver d'expression une partie du mouvement contestataire en l'empêchant de se déplacer et de faire entendre sa voix. Alors que 6,5 millions de francs (pris directement dans la poche des contribuables) ont été dépensés pour assurer le déplacement et l'hébergement parfois luxueux des invités officiels du sommet européen (sans parler des cadeaux et repas raffinés qui leur ont été offerts au frais de la princesse), on refuse aux chômeurs, précaires, et bas revenus de venir assurer leur propre représentation à Nice, en les contraignant à payer entre 500 et 800 francs pour le voyage. Que les élites européennes (politiciens, technocrates et lobbies financiers) se voient offrir la gratuité de l'avion privé, de la voiture avec chauffeur ou de l'hélicoptère pour venir décider de l'avenir de millions d'Éuropéens à Nice, personne n'y trouve à redire.

Que des femmes et des hommes, issu-e-s des classes les plus basses de ces populations européennes, revendiquent eux aussi le droit à la parole et donc le doit de voyager pour aller l'exprimer, ils deviennent aussitôt de honteux resquilleurs et des délinquants. À noter que ces resquilleurs et délinquants ont été brutalisés sous le regard complaisant et même parfois, comme à Dijon ou à Marseille, les commentaires satisfaits des groupes syndicaux de la CGT et de la CFDT, heureux de voir les chiens de garde de l'État remettre à sa place la racaille. La solidarité prolétarienne n'est visiblement plus à l'ordre du jour des syndicats qui préfèrent sans doute se soucier davantage des profits non négligeables que leur offre leur parfaite intégration au système étatiste...

Mais la tolérance et l'ouverture démocratique du pouvoir français ne devait pas s'arrêter là. Non content d'avoir refoulé violemment les sans-billets, l'État prit la décision de fermer la frontière italienne pour empêcher un convoi d'un millier d'Italiens parfaitement en règle de venir manifester à Nice. Comme disait La Fontaine lorsqu'on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage.

Ainsi, le convoi transportant des militants de Ya Basta, Tutti Bianchi, Rifondazione Communista, totalement légal, fut présenté à la presse comme une horde de dangereux casseurs venue d'Italie et encerclée pour des raisons légitimes de sécurité. Une manifestation pour la libre circulation devant le Consulat français de Vintimille fut immédiatement dispersée par la police et deux personnes ont été blessées. De même, quelques centaines de manifestants qui étaient allés occuper la gare de Nice pour exiger l'ouverture de la frontière aux militants italiens, furent délogés sans ménagement par les CRS. Finalement les Italiens furent refoulés vers Gênes et Rome. Il faut noter que la fermeture de la frontière par les autorités françaises marqua le début des affrontements entre forces de police et manifestants.

Avant même que le sommet ne débute, le pouvoir français avait déjà, par sa violence, ses provocations et ses mesures arbitraires, largement contribué à créer une situation de tension, de ressentiment et d'humiliation, dans le plus grand respect, cela va de soi, de la dignité humaine et de la liberté d'expression selon la phraséologie démagogique de notre chef de l' État.

Quelle démocratie ?

Alors que le sommet de Nice débutait, le jeudi 6 décembre, par l'adoption d'une Charte des droits fondamentaux (sans aucune valeur juridique contraignante) signée à la sauvette par les chefs d'États européens, des affrontements se déroulaient tout autour de l'Acropolis, palais des congrès transformé pour l'occasion en bunker et protégé par 15.000 gardiens du temple (Brigades Anti-Criminalité, GIGN, policiers anti-émeutes et gardes mobiles, flics en civil, etc.).

Pourquoi des affrontements ? Parce que, malheureusement, lorsque la démocratie n'est plus qu'un système de domination, de spoliation et de manipulation en douceur, il faut s'attendre à ce que le besoin d'une autre société s'exprime par les passages qui lui restent : la désobéissance civile, la contestation active et concrète d'institutions qui ne représentent qu'elles-mêmes et ceux qui en tirent profits et privilèges divers.

Que cette désobéissance et cette contestation soient violentes ou non-violentes ne change rien pour le pouvoir qui les percevra toujours comme des violences répréhensibles. Pour l'État, toute insoumission, toute remise en question de sa légitimité est violence et justifie une violence en retour. Dès lors que vous allez au-delà du simple refus de principe pour mettre en acte votre refus et, par exemple, tenter de bloquer le fonctionnement d'une institution. Même si vous le faite pacifiquement, sans haine et sans chercher à blesser qui que ce soit, attendez-vous à subir le sort des casseurs. Pour l'État, renverser des barrières métalliques, bloquer la circulation, tenter de passer un barrage de CRS, sont déjà des actes inadmissibles qui doivent être réprimés. Il en va de la crédibilité du pouvoir et de sa survie.

Si les manifestants du mercredi 6 décembre étaient, en grande majorité (et dans la partie syndicale du cortège en tout cas), venus réclamer une amélioration de la Charte des droits fondamentaux et sa proclamation comme loi contraignante, ceux qui étaient restés le jeudi étaient nombreux à contester plus fondamentalement la légitimité même du texte et des institutions devant la proclamer.

Parmi eux, les libertaires entendaient dénoncer l'imposture d'une Charte sensée régir la vie de milliers de gens, mais élaborée sans eux et malgré eux par des autorités autoproclamées. Ne nous y trompons pas, si les États ont associé de façon purement formelle quelques représentants associatifs à la rédaction de la Charte, il ne s'agit que d'un os à ronger citoyenniste, concédé aux ONG's et autres associations de la "société civile" pour leur donner une illusion de participation démocratique.

Les libertaires étaient venus clamer leur refus de cette illusion : les institutions européennes ne sont pas démocratiques.

Le Parlement européen, seule instance européenne élue, n'a qu'une fonction consultative sans réelle influence sur les décisions. Le véritable pouvoir est détenu par la Commission européenne. Cet ensemble de fonctionnaires, associés à différents cabinets d'experts, économistes et industriels, liés à des lobbies économiques et financiers, élabore (à l'abri de toute vigilance et de tout contrôle populaires) les orientations de l'Union européenne. En dernier lieu, les décisions reviennent au Conseil de l'UE. Ce Conseil entérine généralement les choix politiques préconisés par la Commission. Au cours de ce processus, la population européenne n'est jamais associée au pouvoir de décision, jamais consultée sur les orientations et n'a évidemment aucun droit de regard. Si la Commission européenne travaille dans l'opacité la plus totale, les débats du Conseil de l'Union ne brillent pas davantage par leur transparence. En effet, à Nice comme ailleurs, les négociations n'ont aucun témoin. Les média et les ONG's, n'ont aucun droit de regard sur les débats des chefs d'États et représentants des pays européens, qui se déroulent à huis-clos.

Comme durant la Guerre du Golfe, les journalistes accrédités sont tenus à l'écart dans une salle de presse, située à l'extérieur de l'Acropolis, où un porte-parole vient leur apporter une information pré-sélectionnée. Les médias n'ont ainsi aucun moyen de savoir ce qui se passe exactement à l'intérieur de la salle des débats.

Les ONG's sont également exclues du centre. À Nice, l'Observatoire de la mondialisation et d'autres associations qui avaient fait la demande pour assister aux négociations se sont heurtées à un refus catégorique. Que penser d'une démocratie qui se fait sans les peuples, sans même leur donner le droit de savoir en quels termes l'on décide de leur sort ? Est-ce que ce sont les manifestants qui sont une menace pour la démocratie et la dignité humaine ou les pouvoirs qui accaparent, par la force et le mensonge, les mécanismes de débat et de choix, dans l'opacité la plus totale ?

Les libertaires refusent de participer à une telle mascarade, ils refusent que les institutions étatiques et les lobbies financiers confisquent à leur profit un droit élémentaire entres tous : le droit de décider soi-même de sa propre vie, le droit de décider de la société dans laquelle l'on veut vivre, de décider de ses valeurs et de ses orientations.

Les libertaires ne reconnaissent aucune autorité à cette pseudo démocratie. Pour eux la démocratie ne peut être que la prise en main directe et naturelle (non politicienne, non électoraliste et représentative) des processus de réflexion et de choix par les intéressés eux-mêmes. La revendication du droit de construire une autre société, de choisir son propre destin, de ne pas subir la domination d'institutions sans valeurs est, évidemment, inacceptable pour le pouvoir.

À Nice, comme ailleurs, les gaz et les matraques étaient là pour le rappeler. Une fois de plus, l'État-casseur, casseur d'espérance, casseur de liberté, casseur de vie, s'est manifesté dans l'impunité la plus totale.

Ce jeudi 7 décembre, au petit matin, environ 3.000 CRS faisaient face aux quelques 4.000 manifestants venus cerner le Palais des congrès. Ces contestataires radicaux (essentiellement les anarchistes de la Fédération Anarchiste et anarcho-syndica-listes de la CNT française ou de la CGT espagnole, des militants de No Pasaran, d'Alternative libertaire, de la LCR et d'autres groupes d'extrême gauche français, italiens ou anglais, des autonomistes catalans, sardes, basques... mais aussi des militants des associations anti-mondialisation comme ATTAC, des syndicalistes de SUD, des militants d'AC ! et des Marches européennes des chômeurs/euses et précaires) ont tenté l'encerclement du centre Acropolis. Un petit millier d'entre eux ont convergé de l'ouest, à partir de la gare centrale. Le gros des troupes (prêt de 3.000 personnes) s'était donné rendez-vous sur une place du quartier Saint-Roch proche du gymnase Leyrit, à l'est du lieu où se déroulait le sommet. Lorsque les manifestants des deux cortèges ont tenté de s'installer devant plusieurs barrages tenus par les forces de l'ordre pour perturber le début des débats (dans l'esprit du blocage de l'OMC à Seattle et de celui de la Banque Mondiale et du FMI à Prague), ils ont été immédiatement repoussés à coups de gaz lacrymogènes et chargés s'ils persistaient à vouloir s'approcher des barrières. Dans d'autres lieux de Nice, quelques tentatives de manifestation et de blocage de grandes artères de la ville ont eu la même réponse systématique en retour : charges et lacrymo.

Quelques leçons
de la mobilisation niçoise...

La volonté ferme du pouvoir d'empêcher la réédition d'un Seattle à Nice et le mépris affiché pour la contestation radicale ont provoqué la transformation de la manifestation de blocage en combats de rues. Les déclarations du Préfet des Alpes Maritimes étaient d'ailleurs sans ambiguïté : il était hors de question de laisser s'exprimer une résistance active à l'occasion du sommet.

Il apparaît assez clairement que la réaction disproportionnée des forces de polices avait pour objectif d'effrayer et de démobiliser les manifestant-e-s qui s'étaient fixé-e-s comme objectif d'occuper la ville par des actions démonstratives afin d'affirmer leur refus des dogmes du capitalisme ultra libéral, de la domination financière et d' une Europe sécuritaire et xénophobe.

Le résultat ne se fit pas attendre. En milieu de matinée la manifestation en tant que telle était quasiment dispersée et des affrontements entre la police et des petits groupes d'autonomes commençaient. Les quelques centaines de manifestants non démobilisés se sont éparpillés dans les rues adjacentes de l'Acropolis, dans le quartier Est et le quartier Sud du Port de Nice où ils ont brisé plusieurs vitrines (une agence immobilière, une compagnie d'assurances, trois concessionnaires automobiles) et ont incendié une agence de la BNP située rue Barla. À noter qu'aucun petit commerçant n'a eu de vitrine cassée et qu'il n'y a pas eu de pillage (seul le braquage d'une boulangerie a été répertorié sans qu'il soit possible d'établir un lien quelconque avec les manifestants).

Pendant ce temps, quelques centaines de militants qui s'étaient repliés au gymnase Leyrit se sont rendus à la caserne de gendarmerie, située à 200 mètres, pour obtenir la libération d'un camarade italien qui avait été interpellé. Là aussi, la réaction policière fut immédiate et, en plus des gaz, un canon à eau fut appelé en renfort. Après cet épisode, et les arrestations qui suivirent, une grande partie des manifestants décida de quitter Nice et de rentrer le soir même.

Au-delà du débat sur les modes d'action consistant à s'attaquer directement à des symboles du capitalisme, comme la BNP (débat qui est loin d'être clos) et au-delà des excès et débordements stériles qui se produisent inévitablement lors de ce type de manifestation, il est clair que l'attitude méprisante et humiliante du pouvoir, dès le début de la mobilisation et avant même que les manifestations ne commencent à Nice, a très largement contribué à créer un climat explosif.

Le fait de présenter de façon systématique à la population, avec l'appui des média, les mobilisations radicales comme des actions destructrices sans dessein et sans ambition autre que la casse ne peut que faire le lit des confrontations violentes. D'un côté, le pouvoir doit comprendre qu'il ne se débarrassera pas, par le recours simpliste à la brutalité policière et à la démagogie sécuritaire, du mouvement d'opposition radical. D'un autre côté, les libertaires (qui sont la principale cible de la campagne de désinformation et de criminalisation) doivent s'efforcer, au-delà des actions ponctuelles et restreintes comme celle de Nice, de lutter contre cette campagne en allant toujours plus au contact de la population, afin d'expliquer leur démarche et leur projet de société, afin de se faire mieux connaître et peut-être un jour reconnaître comme une authentique force de proposition constructive.

Avant d'être un crieur de slogans et un tagger de banque, le militant libertaire est un chercheur, en lui-même et dans sa pratique quotidienne, l'explorateur d'une autre société. Plus que jamais, la créativité militante doit tout mettre en œuvre pour éviter l'enfermement du mouvement libertaire dans le ghetto où les pouvoirs cherchent à l'enfermer pour le couper de la population et le neutraliser.

Trop souvent, les militant-e-s se parlent à eux-mêmes, fonctionnent dans une logique interne, hermétique pour le non-militant. Ils se satisfont d'actions qui ont un sens pour eux-mêmes sans trop se soucier de savoir si ces actions ont un sens pour l'homme de la rue. Ils ne cherchent pas assez à se faire comprendre de la population, à gagner sa sympathie, voire son soutien. Qu'a-t-il été fait pour expliquer aux habitants de Nice les enjeux d'une mobilisation contestataire d'envergure et, au sein de cette mobilisation globale, les enjeux d'une désobéissance d'esprit libertaire ? Qu'a-t-il été fait pour préparer les gens à ce qui allait se produire, et éventuellement chercher à les associer aux manifestations, à les impliquer, même à un faible niveau.

Le jeudi, un grand nombre de Niçois étaient cloîtrés chez eux, victimes de leur peur, de leurs préjugés et de la propagande officielle qui visait à susciter une atmosphère menaçante (en faisant fermer certaines écoles, par exemple). Quels moyens nous donnons-nous (et nous donnerons-nous dans l'avenir) de faire reculer ces préjugés et les effets de cette propagande, de préparer un terrain favorable à l'accueil de nos actions ? Il ne s'agit pas de faire des reproches à qui que ce soit (et surtout pas à celles et à ceux qui se sont dévoué-e-s selon leurs possibilités à l'organisation du contre-sommet) mais d'être lucide sur le fait que ce ne sont pas quelques graffitis et autocollants qui apporteront du sens à des actes trop souvent perçus (à tort ou à raison selon les cas) comme des défoulements inquiétants ou le signe d'un refus sans dimension créatrice discernable.

Que le mouvement radical soit minoritaire est normal, qu'il soit isolé est par contre dangereux. Soyons lucides sur le fait qu'une grande partie de la stratégie du pouvoir est contenue dans cet isolement. La dénonciation des manœuvres écœurantes de l'État ne suffira pas à nous sortir de cette ornière.

Le mouvement libertaire doit aussi se remettre en question de façon permanente pour progresser dans ses pratiques, ses analyses et faire ses preuves.
 

Thierry Morales
thierry.morales@free.fr



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