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TRACT
Leur domination
a assez duré !

    Les technologies actuelles redéfinissent complètement les marchés. Il y a 6 milliards d’humains sur terre, dont 5 milliards ne pourront jamais être utilisés. Il ne sert à rien de vouloir les aider.
Ian Angell (extrait de l’article Un étudiant stupide devient un diplômé stupide dans L’Écho du 05/07/97).

    Voilà donc l’une des convictions majeures de l’analyste Ian Angell, promu par la revue The Independent on Sunday "prophète du XXIème siècle"...

    Un tel propos, abject et cynique, n’aurait que peu d’importance s’il ne traduisait fidèlement les processus à l’œuvre jour après jour dans notre société...

    N’y relègue-t-on pas massivement les "trop qualifiés" dans des fonctions peu gratifiantes, les "trop peu qualifiés" (ou concurrentiels) dans des emplois précaires (intérimaires en particulier), les "inqualifiables" dans les registres du CPAS le plus proche et les "indésirables" sur le territoire dans des camps de concentration !?

    Bref, l’être humain, devenu marchandise, gêne de tous côtés: on juge son coût économique et social excessif...

    Le système politique représentatif consacre lui aussi l’"inutilité" du candidat-citoyen, uniquement invité à la confirmer d’élection en élection.

    Mais ne nous leurrons pas: ces logiques pré-dominent et se renforcent sans cesse parce que certains décident qu’il en soit ainsi ou, plus radicalement, empêchent la population de décider qu’il en soit autrement. Une multitude d’abuseurs publics, des sociologues médiatiques aux obscurs contrôleurs de l’Onem, nous enjoint à rester sous tutelle et à interpeller "nos" gouvernants, dans le respect des "cadres légaux", en vue d’obtenir d’eux des réformes...

    Mais, en fin de compte, par quelle aberration payons-nous des individus pour qu’ils nous disent que nous devons nous serrer la ceinture, travailler dans des conditions dégradées ou être exclus du droit au chômage ?

    Tant que nos moyens de subsistance dépendront du bon vouloir d’autrui, qu’ils s’agisse d’"employeurs" privés ou d’institutions prétendument "publiques", nous aurons beau pousser de hauts cris lors de licenciements massifs, de délocalisations soudaines, de privatisations larvées et de manipulations d’index: eux seuls, patrons ou État, continueront en définitive à régler notre sort suivant leurs intérêts propres.

    Pour en sortir, ni incendier les centres de coordination des multinationales, ni se soumettre aux structures et à l’idéologie d’un parti n’offrira de perspective valable.

    Espérer une riposte ferme et généralisée des appareils syndicaux ? Sans doute aurait-elle pu se produire voici un siècle, lorsque patrons et gouvernement n’étaient pas leurs "partenaires"...

    La résistance la plus efficace ne passe-t-elle pas dès lors par le regroupement libre de tous ceux qui en ont marre d’être considéré comme du bétail (fiscal, professionnel, électoral...) ?

    À partir de cet espoir, des travailleurs, des chômeurs, des retraités, des étudiants... développent depuis un an environ un projet apparemment fou mais indispensable: le lancement en Belgique d’une organisation syndicale indépendante des formations politiques, une organisation syndicale que font vivre localement ses affiliés eux-mêmes, selon des principes d’autogestion et d’intervention directe sur le terrain des luttes (entreprises, bureaux du chômage...).

    À travers la Coordination Autonome des Travailleurs, ils tentent de prouver qu’un syndicalisme sans concession, anti-capitaliste et égalitaire, caractérisé par le refus des délégations de pouvoir, ouvre de nouvelles perspectives et peut amener dans notre pays des bouleversements proprement révolutionnaires, comme ce fut le cas en Espagne.

Coordination Autonome
des Travailleurs

Décembre 1997


 
 

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