CNT

L’annualisation
du temps de travail

Afin d’augmenter les bénéfices des entreprises et d’instaurer la flexibilité tant recherchée par le patronat, la loi de réduction à 35 heures hebdomadaire du temps de travail introduit la mise en forme légale de la modulation des horaires de travail basée sur l’année avec ses répercussions hebdomadaires et journalières.

Le salarié travaille en moyenne 1.600 heures par an. Cette quantité d’heures ne sera plus établie sur les huit heures par jour et les cinq jours par semaine, mais sera déterminée en fonction des besoins de la production et du service. Travail le dimanche, les jours fériés, travail de nuit... quatre jours par semaine... trois semaines par mois. Tout un éventail de formules selon les bran-ches d’activité qui vont remettre en cause les acquis sociaux du système fordiste : les deux jours de congés consécutifs avec le dimanche, la double compensation du travail dominical, les indemnités de chômage technique, les congés maladie... Le paiement des heures supplémentaires, par exemple, sera limité car on pourra travailler jusqu’à 48 heures dans la semaine sans majoration. De cette façon, on vide de leur substance, en terme de droit social, les conventions collectives, le code du travail, le salaire minimum lui-même. Dans les entreprises où ont déjà été signés des accords de réduction du temps de travail assortis d’une annualisation, la production a été maintenue, voire augmentée, il y a donc eu intensification du travail. Quant au salaire, il baisse soit directement soit progressivement par un gel qu’on appelle pudiquement "accord de modération". Pour nous donc, l’annualisation du temps de travail, c’est travailler moins longtemps mais plus durement et en étant moins payés. De fait, annualisé, le salarié doit être disponible toute l’année pour ne travailler qu’aux moments où il est le plus "rentable". Cela induit la gestion puis l’asphyxie par le patron de la vie privée du salarié (vie de famille, relations humaines, sociales, syndicales, dans et hors des entreprises, par exemple dans le voisinage...) et conduit inéluctablement au déchirement de tout le tissus social par l’exacerbation des conflits individuels. L’implosion sociale est-elle certaine ?

Confédération Nationale du Travail

33 rue des Vignoles, 75020 Paris

Le sommaire du n°205

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