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CENTRE SOCIAL A BRUXELLES

Stratégies
de résistance

 Parallèlement à la mise en place de nos projets à long terme, il s’agit d’éviter, dans l’immédiat, un délogement brutal par les forces de l’ordre. Dans notre stratégie d’action, nous avons avant tout décidé de jouer la carte de la confrontation avec la sphère politique, plutôt que de faire pression sur le propriétaire. Ceci, parce que quelle que soit la réaction du propriétaire, c’est à la commune que revient la responsabilité de nous laisser tranquilles ou de nous jeter dehors. Dans le cas de l’immeuble de la Porte de Hal, notre adversaire direct est donc Charles Picqué, bourgmestre de la commune de Saint-Gilles et... chef de la police communale. Du côté propriétaire, la situation est plutôt à notre avantage car les informations dont nous disposons indiquent que celui-ci (domicilié actuellement à Hong Kong) n’est pas en odeur de sainteté à Bruxelles.

 Les atouts dont nous disposons dans cette confrontation sont :

 • Le soutien des habitants du quartier, à développer via des contacts individuels, des journées portes ouvertes et des initiatives telles que la saynète de théâtre-action sur le marché du parvis de Saint-Gilles. De ce côté, les choses évoluent bien, et des liens commencent à se tisser, tels ce groupe de jeunes du quartier venus faire du rap free-style ou ces deux gosses qui prennent l'initiative de déblayer une pièce pour y installer une bibliothèque.

 • Le soutien d’associations et d’individus mobilisés par une campagne de communiqués via fax et courriers électroniques. Quelques associations et bon nombre d’individus ont réagi positivement, en exprimant leur sympathie et leur crainte d’une expulsion violente par fax auprès de la commune.

 • L'information la plus large par communiqués, conférences de presse et diffusion des lettres adressées à la commune. Au niveau presse, nous avons profité, au début de l'occupation, du calme informatif du week-end de Pâques, ce qui a permis à notre action de monter comme une bulle d’air dans la vase médiatique.

 De ces trois leviers de pression, le plus difficile à manœuvrer est, sans conteste, celui des médias. C'est un pari, car il nous faut rester maîtres de notre message et notre image, malgré sa digestion journalistique. À ce sujet, rien n'est gagné : pour preuve, certains reportages et articles qui donnent de nous une image de camp boy-scout, en fiesta permanente, dans une épave urbaine. Non, nous ne sommes pas de gentils zozos sympathiques : notre projet est culturel, social mais aussi... politique ! C'est un projet de résistance et de rupture avec la logique libérale qui cannibalise nos vies.

 Cette stratégie devrait nous permettre d’établir un véritable rapport de force avec les autorités, qui en cette saison pré-électorale sont toujours sensibles à ce qui pourrait abîmer leur image sociale dans les sondages...

Claudio

 

 

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