chômeur, pas chien !

Excluons
les exclueurs !

  Rares sont ceux qui choisissent librement leur métier, aujourd'hui. Les employés de l'ONEm ne font pas exception à la règle : ils acceptent ce qu'on leur fait faire ou c'est le C4, et ils sont payés pour savoir que c'est la galère.
 Plus crapuleusement, dans certaines régions, peut-être partout, le signalement des inspecteurs comporte une case "rendement" : si un cur tendre est en dessous de la moyenne, il se voit pénalisé financièrement (pas d'augmentation barémique).
 Évidemment, l'idéal, ce serait que grâce à une éducation civique un peu costaud, les travailleurs, où qu'ils soient affectés, n'acceptent jamais de consignes contraires à leur conscience. Mais si c'était le cas, nous assisterions à la paralysie générale de l'économie... Tous ceux qui ont ou ont eu un emploi savent qu'ils ont accepté des trucs destructeurs, insensés, nuisibles. Même les médecins. Même les curés.
 Seulement, il y en a qui protestent. Qui sabotent, qui s'efforcent de contourner les règles quand elles deviennent par trop inhumaines, qui s'absentent, qui dénoncent, qui foutent la merde. Ce serait vraiment un hasard extraordinaire que parmi les inspecteurs lancés aux trousses des chômeurs, il n'y en ait pas l'un(e) ou l'autre qui tente de résister... Force nous est de constater cependant que bon nombre d'entre eux, non seulement appliquent les consignes sans états d'âme, mais le font avec une cruauté étrange au premier abord. Mais qui s'explique très bien, si on réfléchit : quand on fait un métier de merde, pour pouvoir se regarder tous les jours dans la glace, faut se trouver des justifications. Dans les professions où des hommes sont chargés d'en terroriser d'autres, les bourreaux doivent trouver de bonnes raisons à ce qu'ils font : apprendre à mépriser, voire à haïr leurs victimes. L'organisation de la traque des Juifs par les Nazis fournissait à ses agents des mobiles susceptibles d'excuser leur comportement ignoble : les Juifs étaient décrits comme des monstres assoiffés de sang, contaminant la partie saine de la population et l'entraînant à sa perte.
 Les mêmes procédés sont d'application dans notre démocratie parlementaire à l'encontre des chômeurs : on les présente comme fraudeurs, tricheurs, feignants, parasites de l'organisme social qu'ils vident de son sang - le pognon -, avant de les exposer à la hargne policière des agents de l'ONEm lâchés contre eux.
 Dans une société de compétition à outrance comme la nôtre, ou l'autre est le concurrent, l'ennemi potentiel, le bouffeur d'espace, le pollueur, le délateur, pas besoin de mettre une gomme infernale pour obtenir que des gens deviennent rapidement des salauds finis. Et opérationnels. Aussi, faut-il dès maintenant entreprendre d'aider les inspecteurs et autres flics sociaux à faire l'expérience de ce qu'ils infligent incognito, forts de leur pouvoir et de leur statut. Les chômeurs n'ont plus de vie privée : de quel droit les inspecteurs en conservent-ils une ? Ils vont apprendre ce que "montrer du doigt" veut dire. Ils vont faire l'expérience de l'humiliation et de la honte. Peut-être alors, leurs yeux se décilleront-ils, peut-être exigeront-ils que leur hiérarchie et le pouvoir politique qui les asservit respectent leur propre humanité et qu'on cesse de les considérer comme des instruments d'une politique de terreur sans âme et sans conscience.
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Exiger le respect  de ses droits :
un combat pour la démocratie
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 Chaque chômeur, chaque chômeuse peut participer au sauvetage de la démocratie : chaque fois que vous êtes victimes des abus de l'Onem, écrivez au directeur régional de l'Office, à Miet Smet, ministre de l'emploi et du travail (si !), aux médiateurs fédéraux. Si vous ne savez pas comment vous y prendre, venez nous trouver. Nous ou n'importe quelle autre association de chômeurs, active dans votre voisinage. La première chose à exiger, lors d'une visite domiciliaire ou d'une audition, c'est de connaître l'identité de l'agent à qui vous avez à faire. Et de la noter soigneusement : il ne peut plus se produire que tant d'entre vous ne demandent pas la preuve qu'ils ont bel et bien à faire à un fonctionnaire assermenté. N'importe quel malfrat ou détraqué peut forcer votre porte et vous faire vivre l'enfer sous prétexte de contrôle soi-disant autorisé. On peut se demander comment, dans les circonstances actuelles, un pouvoir d'intrusion et d'investigation quasi sans limite est donné à des gens dont l'aspect extérieur ne révèle en rien leur fonction.
 Lisez soigneusement le procès verbal de la visite, relisez-le, mettez le temps qu'il faut, veillez à ce qu'aucune déclaration consignée ne soit contraire à ce que vous avez voulu dire. Si c'était le cas, exigez la correction. En cas de visite domiciliaire pour vérification de composition de famille - illégale par définition - refusez toute déclaration, toute investigation qui ne concernerait pas les documents et les factures attestant de votre occupation des lieux. Ne signez rien. Et dites-vous bien que tout leur cinéma d'intimidation ne veut rien dire : ils ne pourront pas vous faire plus d'ennuis si vous faites respecter vos droits que si vous vous montrez complaisants et soumis. Parlez-en autour de vous, vous découvrirez des dizaines d'exemples de cette réalité : ils veulent entrer pour vous mettre dedans de n'importe quelle manière. C'est leur rendement qui est en question. Ne vous résignez pas devant l'injustice d'une sanction : vous avez un droit de recours au Tribunal du travail et ce recours est suspensif au moins pour les sommes à rembourser parce que considérées comme indûment perçues.
 Si vous êtes en possession d'informations concernant des abus et l'identité de leurs auteurs, communiquez-les nous, nous les ferons valoir auprès des autorités.
 Aujourd'hui, le civisme, c'est ne plus se laisser faire.
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Chômeur, pas chien !
 

 

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