salariat travail chômage exclusion sociale / AL 208

Les deux faces
du salariat

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Sauf autisme idéologique, on peut comprendre les motivations de ceux qui s'acharnent à constituer une force d'opposition politique aux orientations actuelles. Ils sont la plupart du temps poussés par un besoin de résultats directement perceptibles. Les soupçonner automatiquement de corruption mafieuse ou de perversions secrètes est une forme d'hystérie religieuse que je ne veux pas partager. Difficile cependant de ne pas constater qu'à partir du moment où des individus se regroupent au sein d'une organisation visant le pouvoir - même un tout petit morceau -, ils cessent d'être en phase avec ceux qu'ils prétendent représenter et immanquablement finissent par les instrumentaliser : dans leur tête, électeurs, militants de base, syndiqués se réduisent rapidement au combustible de leur course...
 Bien entendu, du côté "libertaire", oser déclarer qu'on peut comprendre les partisans de solutions intégrées au système ne manque jamais de susciter salves d'injures, exécration exclamative et crachats long feu.
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Une rencontre (?)
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 Le 20 mai, le débat organisé par le Club Achille Chavée à La Louvière, a donné une représentation exemplaire de ce qui perd ainsi la gauche depuis qu'elle devrait gagner.
 Marie Tricoux (de l'association Le Cri, rassemblant des minimexés), Claude Semal, J.C. Pirnay, des Binamé's, D'Orazzio, Brillmaker (avocat à la Ligue des Droits de l'Homme), Robert Tangre (coordinateur Nous ne sommes pas des poires) et moi pour Chômeur, pas chien !, étions supposés répondre aux questions du public sur nos positions respectives concernant le chômage. Je ne veux évoquer ici que ce qui constitue la ligne de fracture entre des organisations dont l'objectif prioritaire est la défense des chômeurs et des minimexés. Dans les (très) grandes lignes, deux points de vue émergent : les partisans d'une stratégie de plein-emploi d'abord (par la diminution du temps de travail avec embauche compensatoire) et ceux que n'intéresse pas en priorité l'aménagement d'un système qu'ils condamnent en bloc et qui tentent de mettre la pression sur les "responsables" pour qu'ils soient obligés de respecter les termes de leur prétendu contrat démocratique, en gros, rendre effective la reconnaissance, pour chacun, du droit, travail ou pas, à une vie digne, et la garantie que seront respectées ses libertés  constitutionnelles.  Il  va  de  soi u'aucune de ces deux orientations majeures ...........
ne rencontre un accueil sympathique chez les larbins du boursicotage international.
 Différentes, certes, ces deux approches semblent commandées par une même indignation devant la manière dont la société de classes s'arrange pour créer deux espèces différentes au sein de la communauté humaine : les possédants et les dépossédés. Considérées de loin, elles paraissent même capables d'actionner opportunément des leviers complémentaires.
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Zorro est arrivé hé hé...
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 Las, c'est sans prendre en considération qu'une culture, fondée sur la concurrence à outrance, nous imprègne tous à ce point que la moindre divergence entre les regroupements libère l'expression d'un mépris haineux et que les concordances sont perçues comme un odieux plagiat.
 En ce qui les concerne, les membres de Chômeur, pas chien ! sont tombés d'accord pour développer leur réflexion à partir de ce que les chômeurs et les travailleurs, rencontrés au fil des actions, vivent, ressentent et expriment. Ce vécu-là n'entre pas facilement dans les différents prêts-à-porter idéologiques et d'abord, contrairement à ce que chante le poète, chômer, ça vaut parfois mieux que de bosser.
 Ceux qui connaissent mon engagement sont témoins que je ne ménage pas ma plume, ma peine et ma salive pour défendre, là où il est attaqué et où je suis un possible témoin, le combat de la délégation syndicale de Clabecq. Ce faisant, je n'ai jamais sous-estimé le fait que l'idéologie qui sous-tend leur action ne rejoint pas mon analyse. Personnellement convaincue que dans le domaine social, comme dans tous les autres, les interprétations les plus pénétrantes de la réalité ne sont que des interprétations, frappées - que ça nous plaise ou non - du sceau de la relativité, qu'en outre, cette réalité est changeante, mobile, flexible et précaire (1), je m'efforce d'essayer en toute circonstance d'appeler un chat un chat. Entendre interpeller, à longueur d'assemblée du Mouvement pour le Renouveau Syndical (MRS), les "camarades travailleurs", alors que dans la salle, il y a aussi des camarades chômeurs, parfois eux-mêmes camarades fils de camarades chômeurs, des pré-pensionnés, des pensionnés, sans oublier les camarades glandeurs associatifs et leurs dames, ne laisse pas de m'étonner. Dans la vie, quand on rencontre quelqu'un, c'est pas d'abord à ça qu'on pense. Comme le dit François, tout bêchant et philosophant pire qu'Onfray, Travailleurs, chômeurs ne sont que les deux faces du salariat et le salariat, c'est la sélection organisée par les kapos du capital dans les rangs des non-possédants. Bien vu : on ne va pas, nous, du peuple des mi-serfs mi-boudins, reprendre les terme de "leur" classification. Nous sommes d'abord des "gens". Il est grand temps que le vaste monde cesse d'être l'infâme pétaudière où nous n'avons nulle part le droit de prendre place, sauf pour produire du profit. Lors de l'interview à quatre mains (réalisée par Coco Barella et moi), j'avais posé la question à D'Orazzio. À Tubize, dans son élément, ça n'avait pas eu l'air de le bouleverser. Souriant, il avait expliqué que pour lui, chômeur, pensionné, étudiant, c'était du pareil au même, en quelque sorte les différentes facettes d'un même être : le travailleur, compris comme victime et adversaire du patronat. Finalement, ce n'était que la traduction ouvrière des spéculations ontologiques de François.
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L'humour ne suffit pas...
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 Parfois, quand il caracole devant une assemblée, D'Orazzio se laisse aller à un humour si ravageur qu'on se croirait presque dans les pages de Charlie-hebdo. On est alors invinciblement gagné par la conviction que même différent, on sera accueilli. En réalité, les choses sont plus complexes : nous pensons chacun selon ce que notre vie nous a appris. Ce sont là les limites habituelles de la tolérance.
 Or donc, lorsque j'ai résumé le consensus quelque peu échevelé autour duquel se regroupent les copains de Chômeur, pas chien !, D'Orazzio n'a pas aimé du tout. Convaincue, selon sa propre formule, que ce qui réunit les différents mouvements de contestation sociale à gauche est infiniment plus important que nos divergences, j'avais parlé en confiance : il est urgent de nous débarrasser des salades que tout le système essaie de nous faire avaler ; avant d'être chômeurs, travailleurs ou minimexés, nous sommes des êtres humains, membres de fait d'une communauté. Nous avons le droit d'y vivre parce que nous sommes là. Et pas de vivre n'importe comment, puisque les richesses existent, réelles et ostentatoires. Le salariat n'est pas un honneur, mais une corvée abrutissante. La notion d'exclusion, d'un usage courant (et que, par facilité, nous utilisons nous-mêmes fréquemment), est porteuse de malentendus : aujourd'hui, nous sommes enchaînés à un système où l'enrichissement et le pouvoir de quelques uns se nourrissent de l'appauvrissement des autres. Les travailleurs exploités et mis à la torture par leurs conditions de travail, les chômeurs jetés sans vergogne dans une situation économique insoutenable et soumis à une traque terroriste, les malades pauvres, les pensionnés, tous sont un élément de la machine (2), et s'ils veulent s'extraire de ses rouages, vivre en dehors, trente-six exemples attesteront qu'elle les poursuit et les en empêche : l'exclusion, la vraie, est interdite. Vous êtes dedans, à la pogne du pouvoir et de ses cognes. Si c'est à une mauvaise place, tant pis pour vous, vous boirez le calice jusqu'à la lie et resterez à leur disposition.
 La cruauté structurelle de la société de classes, et particulièrement du système capitaliste, se nourrit de l'indifférence générale à l'homme-outil, à l'homme-marchandise et pour finir à l'Autre, toujours susceptible d'être instrumentalisé.
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Marx, le Pape et Dracula
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Qu'avais-je dit là ! Un torrent furieux a pétrifié l'assistance. C'était le travail acharné et le combat éclairé de la classe ouvrière qui ont permis que nous vivions mieux ! Quand on est chômeur, fini de rire, on n'a plus rien, on n'est plus rien, plus d'avenir, plus le droit de bouger le petit doigt... Et on viendrait prétendre que les chômeurs ne sont pas exclus ! Inimaginable... Les chômeurs ne résisteront à l'offensive que si les travailleurs mènent le combat, voilà la vérité ! La colère de D'Orazzio était à la mesure du malentendu.
 Sans être plus marxiste que le Pape, chacun sait pourtant en son for intérieur que l'objectif du capitalisme n'est pas la production de richesses pour tous, ni l'amélioration des conditions de vie collectives, mais la réalisation de toujours plus de profits. Les biens de consommation et le standing de vie sont des effets secondaires, conjoncturels, aléatoires et temporaires. Si le capitalisme y gagne un intérêt quelconque - comme c'est le cas aujourd'hui (3) -, tous les acquis peuvent être balayés en quelques instants : la preuve...
 Non seulement, le capitalisme nous vampirise, mais, vampirisés, nous devenons vampires à notre tour. Je ne veux pas croire que les ouvriers de la FN se soient jamais battus pour produire plus d'armes. Mais des centaines de milliers d'êtres humains sont morts de leur productivité. Je ne veux pas croire que les travailleurs de la construction en bâtiments pénitentiaires s'accrochent pour qu'il y ait toujours plus de camps de concentration, et pourtant Vottem... Que les sacrifiés de la filière nucléaire s'en prennent plein les gonades pour surproduire de l'énergie... ou que les ouvriers du secteur automobile se déshydratent pour que la peste automobile ruine définitivement la biosphère... Si les ouvriers, et avec eux les syndicats qu'ils ont organisés, se sont battus à l'intérieur du système pour arracher des pans de vie au pouvoir, le combat des travailleurs n'a jamais délibérément et volontairement visé l'accroissement de la production de richesses (4). En Europe, la reprise d'après-guerre, conjuguée à une prudente retenue patronale dictée par la peur du modèle soviétique, les ont puissamment servis. Et l'amélioration de leurs conditions de vie ici a été consentie par leurs exploiteurs d'autant plus volontiers que ces vertueux salauds se payaient de leurs débours en volant le Tiers Monde. L'un dans l'autre, il faut le dire, nous avons collectivement bien résisté à l'insoutenable émotion devant les images de famine à l'heure du souper : ni boycott, ni grèves de solidarité, ni mouvements de foules contre l'esclavage économique de nos ex-colonies n'ont ébranlé les gouvernements des années de "prospérité". Là où nous sommes, avec ce que nous savons faire, nous nous démenons tous pitoyablement pour en sortir, sans trop nous poser de questions sur l'amont et l'aval de notre activité. Et en vérité, quelle que soit la position qui nous est dévolue sur le grand échiquier de la société de classes, on se retrouve toujours à la fois instruments dans les mains des joueurs et complices de leur saloperie.
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Le déchirement militant
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 Pour souffrir moins, vivre mieux cette vie maintenant et ici, on ruse, on bluffe, on menace au nom de la justice et puis, chemin faisant, on se rend compte que la justice est impossible dans le système actuel. C'est avec lui qu'il faut en finir pour s'extraire de ce grouillement de crabes promis à la casserole. Nous sommes écartelés entre les échauffourées de l'écrasement quotidien et les exigences évidentes d'un projet de société qui nous l'épargnerait.
 Face à la colère blessée de D'Orazzio, apparemment incapable de supporter l'idée que les travailleurs, même dans leurs combats les plus ardents, sont les otages de l'injustice et qu'en plus, aujourd'hui, ils ont de moins en moins de poids, faut pas croire que les libertaires présents aient volé à mon secours. Pour faire bonne mesure, dans un crescendo étourdissant, Jean-Christophe Pirnay a engueulé tout le monde : il a écumé avec une énergie égale contre les raclures communistes et Chômeur, pas chien !, qui commettait le sacrilège de proposer des minima sociaux conformes aux exigences de la dignité humaine.
 Dommage qu'il n'ait consenti à s'exprimer qu'en hurlant ou en injuriant, car dans le lot de violences indistinctes qu'il a lâchées dans le micro, il y avait cette réflexion à propos de laquelle nous devrions tous nous gratter la tête : les années bénies de plein-emploi, de travail ouvrier acharné pour produire des richesses, de développement prodigieux de la productivité, ont avant tout servi à asseoir le pouvoir des détenteurs de capitaux, à sélectionner les requins parmi la poiscaille, à draguer tant d'argent dans les coffres des banques qu'aujourd'hui, elles disposent d'un pouvoir absolu sur les destinées mondiales. Les "droits" cédés aux travailleurs, ce n'était qu'une stratégie de circonstances. Aujourd'hui, les fruits de leur travail et de leur productivité permettent à nos "gestionnaires" de reléguer les "acquis sociaux" au rayon des accessoires démodés.
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Dedans-dehors, inclus-exclu
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 L'affirmation que les chômeurs ne sont pas exclus du système, mais qu'ils en font partie à cent pour cent, est peut-être ce qui a le plus ulcéré D'Orazzio : avec une allocation de 17.000 francs par mois, il sent se serrer le lasso que nous traînons tous autour du cou et ne pouvait entendre pareil propos sans douleur. Mais en postulant que les chômeurs ne sont pas exclus, je n'ai pas une seconde voulu dire qu'ils connaissent des conditions de vie mirobolantes, mais qu'ils restent enfermés dans l'invisible goulag de l'exploitation et du pillage qu'est la société de classes. Le temps qui leur est rendu par la technologie leur est immédiatement confisqué par l'Administration : pas d'évasion possible du pénitencier industriel. Le système s'acharne méthodiquement à leur faire connaître une existence dégradée au point qu'il leur soit impossible d'identifier le temps libéré à un quelconque progrès. Les pauvres doivent le rester et n'ont pas le droit d'être libres. Hors du salariat, ils sont redevables de tous leurs instants de veille à l'Office commis à leur surveillance. Privés de travail, ils deviennent simplement toujours plus pauvres, pauvres comme des centaines de millions, des milliards d'autres. Ils consomment moins, ne se soignent plus, n'arrivent plus à payer d'études à leurs enfants. Ils s'enfoncent dans les profondeurs asphyxiantes du système. Rappelons cependant ici que, dans les 23 millions de ménages "pauvres", recensés dans l'Union européenne, 35% sont représentés par des travailleurs, suivis par des retraités (31%) et, enfin, des sans emplois : 13% (source : Corinne Barella, 57 millions d'euro-pauvres, Le Matin, 13.06.98). Les maîtres-épiciers ont déjà réussi à réduire les postes de travail les plus interchangeables en un servage abject.
 Des hommes qui vivent réellement dehors et respirent librement, il y en a. Ils évoluent avec légèreté dans un ciel de confort vaporeux et de déplacements instantanés. Vous ne les rencontrerez pas dans les bus, les trams ou les trains, ni dans les rues crasseuses de nos villes, ni dans les parcs caca des quartiers populaires, ni même sur les autoroutes en voie de restauration perpétuelle. Ils se déplacent à tire d'aile d'un bout à l'autre de la planète, sans contrôle et sans autorisations. Ils sont au-dessus des lois : ce sont eux qui les dictent. Ceux-là sont les seuls à avoir la chance d'être exclus de l'enfer social contemporain. Nous devinons à peine leur glorieuse existence.
 Il y a une cocasserie pathétique à observer les groupes de francs-tireurs de l'ombre, communautés agricoles, squatteurs, écoles alternatives, qui tentent de rompre leurs chaînes et de gagner, à leur manière, c'est-à-dire sans asservir personne, le superbe isolement des "élites". Mais voilà, pour eux, parce qu'ils en paient le prix personnellement, c'est un combat de tous les instants, exaltant sans doute, épuisant aussi : pour le mener au jour le jour, sans argent et sans pouvoir, il faut être jeune, en bonne santé, de préférence sans enfants. Tolérés parce qu'inoffensifs, tant qu'ils n'occupent que des espaces microscopiques et qu'ils se débattent sans contaminer l'ensemble du réservoir humain, le pouvoir les laissera gigoter dans la marge. Imaginons un instant que les millions de "demandeurs d'emploi" basculent dans cette voie, - On ne paie plus, on prend et on s'occupe de nos oignons - ce sera la guerre. Robocop d'un côté et baby-bon-droit de l'autre. Les anars ne peuvent rester indifférents à cette réalité.
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Principe de plaisir,
principe de Peter
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 Quand Jean-Christophe étouffe d'une rage sacrée parce que Chômeur, pas chien ! tente de chiffrer le montant d'une allocation sociale qui assurerait à chacun la possibilité de vivre dans la dignité, il est à craindre qu'il soit à des années lumière de l'humble condition mortelle : la dignité, n'est-ce pas, n'a pas de prix, il ne sied pas qu'on la quantifie. Il se garde néanmoins de répondre à Marie Tricoux lorsqu'elle déclare en toute simplicité qu'elle ignore à partir de quelle somme on peut vivre dignement, mais croit pouvoir affirmer qu'avec 27.500 francs belges par mois et trois enfants à élever, elle n'est pas en état de le faire. Si elle se mettait à voler, Marie irait en taule. La question est de savoir si Jean-Christophe se chargerait de ses enfants.
 En filigrane, faut-il comprendre que ceux qui s'entassent en ville, sans le sou, et sans passion artistique, les écervelées qui se font planter des mômes par dieu sait qui mais ne sait pas qui paie, les sans qualifications, sans compétences particulières, sans parents compréhensifs, sans femme salariée - ou mec - au grand cur, sans passé, sans avenir, ceux qui ne savent pas par quel tour de prestidigitation on se tire la bouffe, le loyer, les soins, les transports, le chauffage, l'énergie et le reste d'une manche à 12.000 francs (ou 20.000) par mois, ceux-là, on veut pas savoir, qu'ils crèvent, la dignité n'a pas de prix ? L'utopie est jolie, mais peut prendre rapidement un tour impitoyable.
 À tout prendre, l'impuissance du MRS à se dégager d'une interprétation biblique de la société, Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front, est moins blessante que l'indifférence de certains anars à la détresse affolée qui nous saisit tous quand les bouchers de l'Ordre nous mettent le couteau sur la gorge. Elle me rappelle un peu trop les candeurs aristocratiques du 18ème : Ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la galette !
 Parce que finalement, en toile de fond, ce qui émerge, ne serait-ce pas que pour les petits débrouillards, qui ont de l'argent ou des relations ou des positions de repli assurées, il y a encore moyen de vivre au bord de la misère et de l'ignorer : il suffit de se détourner et de rester entre soi. Et de lâcher, comme le fit Pirnay, que j'interpellais vainement dans le hall d'entrée, sur les choix de Marie : Ça ne m'intéresse pas.
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Chiquet Mawet - Alternative Libertaire
.1) ... et que notre rapport critique à cette réalité contribue à accroître sa plasticité...
2) Le nombre de chômeurs agit sur les conditions d'embauche et de travail de ceux qui décrochent un emploi, leur statut de sous-citoyen banalise la dégradation des acquis démocratiques et prépare les formes nouvelles d'un fascisme dont la seule anomalie sera d'être mondial.
3) Maintenant que les capitaux s'investissent préférentiellement dans la spéculation.
4) Sauf, parfois, dans des moments de crise paroxystique, où un danger extérieur réussit à ressouder momentanément la communauté déchirée en classes : effort de guerre, reconstruction après, cataclysme naturel...
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