libertaire fédération anarchiste

La Fédération
Anarchiste Francophone
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Pour
l'anarchisme !

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Des générations d'hommes et de femmes
ont tenté, tant bien que mal,
d'émanciper leurs sociétés des jougs
de l'oppression et de l'exploitation.
L'égalité est vite devenue une idée-force
qui a guidé leurs pas et leurs actions.

 Au cours de l'histoire s'est constitué, entre autres, le mouvement anarchiste sur des principes et des pratiques visant à la suppression de l'État et des classes économiques et sociales. L'originalité du mouvement anarchiste est d'avoir immédiatement saisi et dénoncé la non neutralité des institutions étatiques dans le combat engagé entre les forces de l'émancipation et celles de l'injustice ; d'avoir compris que l'État était loin d'être un simple outil utilisable à bon ou mauvais escient ; qu'il portait en lui les germes et la cause des divisions et des inégalités ; que le pouvoir n'a d'autre objet que... le pouvoir ; qu'il n'est pas un moyen mais une fin en soi.
 Les anarchistes ont posé en parallèle l'abolition de l'exploitation économique et la suppression de la domination politique, considérant avec justesse qu'on ne s'empare jamais du pouvoir pour y renoncer, et qu'il faut donc renoncer au pouvoir.
 L'anarchisme s'est vu rapidement confronté aux autres propositions d'organisation sociale parce qu'il a tout de suite affirmé la capacité des hommes à gérer directement leur travail, et celle des sociétés à s'auto-administrer, sans avoir recours aux spécialistes autoproclamés des gouvernements qui assoient leur domination au nom de Dieu, d'Allah, du Roi, du Parti, de la Patrie ou de la Démocratie.
 Ce que certains appellent faiblesse chez l'anarchisme est en réalité sa force. Loin d'être une idéologie figée, il s'est toujours adapté à l'évolution des sociétés et des rapports sociaux, rappelant toujours, sous tous les régimes, la nécessité d'un changement social en profondeur. Prônant une révolution sociale organique, il fut et reste l'ennemi irréductible de tous les systèmes où persiste l'aliénation politique, économique et religieuse.
 Ses moyens : la préparation aujourd'hui des bases et des pratiques qui devront régir les rapports dans la société de demain. L'entraide au lieu de la charité, la solidarité à la place de l'exclusion, l'autogestion pour en finir avec l'exploitation, le libre fédéralisme contre le totalitarisme des États.
 Partisans d'un nouvel ordre libertaire et égalitaire, les anarchistes ne rêvent pas pour autant d'imposer un paradis terrestre.
 Aucune organisation sociale ne peut être parfaite, aucun système ne peut être achevé. S'opposer à une perpétuelle évolution nécessiterait d'employer les méthodes aveugles et totalitaires des régimes qui, à travers le monde, tiennent les peuples en esclavage, au nom de Dieu, du Parti ou de l'économie de marché (parfois même les trois à la fois !).
 L'anarchisme n'est pas une fin de l'histoire, mais un mode de résolution du problème social autant qu'une recherche pratique permanente d'harmonie entre responsabilité et liberté, entre individu et société.
 C'est pour cela que nous avons choisi de nous organiser et de militer à la Fédération Anarchiste.
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La Fédération Anarchiste
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 La Fédération Anarchiste est un regroupement de militants politiques organisé sur le principe du libre fédéralisme (c'est à dire la libre association) qui garantit aux groupes et aux individus qui la composent la plus grande autonomie afin de permettre le pluralisme des idées et des actions, dans le cadre d'un pacte associatif que nous appelons nos principes de base (disponibles sur demande). C'est notre outil de lutte, qui doit être fonctionnel et rationnel car nous rejetons en effet tout fétichisme d'organisation.
 Pas de hiérarchie donc, pas de chefs chez nous ! C'est à tou(te)s les militant(e)s qu'il appartient de faire progresser leur organisation. Nous ne reconnaissons pas la division dirigeant/exécutant, la participation effective des militant(e)s aux structures collectives de l'organisation est un principe d'éthique et de solidarité. Ces structures fédérales sont : Le Monde libertaire hebdomadaire, Radio libertaire, seulement en région parisienne pour le moment, et la librairie Publico à Paris également. En dehors de ces œuvres fédérales les groupes ont aussi des locaux, souvent des librairies, éditent des revues, menant ainsi leur propres activités au niveau local.
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Le fonctionnement
de la Fédération
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 Le congrès se tient chaque année, c'est lui qui décide des campagnes à mener, des prises de positions publiques et des axes d'action pour l'année à venir. C'est lui qui nomme tous les secrétaires et autres responsables fédéraux. Le mode de décision en vigueur est celui de l'unanimité, ce qui implique des débats menés jusqu'à leur terme pour déboucher sur un consensus. Un comité de coordination, le Comité de relations, réunit chaque mois tous les responsables mandatés par le congrès dans le but de faire connaître les informations, les suggestions, les propositions pouvant émaner d'un groupe ou d'un individu, sans autre droit, pour ceux et celles qui le composent, que celui de n'importe quel autre militant de présenter propositions, suggestions, infor-mations. Au moins trois fois dans l'année qui s'écoule entre deux congrès, la réunion est formellement élargie aux délégués des groupes, elle devient alors un Comité de relations élargi, ceci dans le but d'échanger des points de vue, d'entamer des débats, de coordonner des activités qui concernent l'ensemble de l'organisation. C'est aussi une occasion pour s'assurer du bon respect des mandats donnés par le congrès aux responsables fédéraux.
 Un certain nombre de secrétariats ont pour rôle d'assurer le bon fonctionnement de la fédération et de ses œuvres. Les secrétaires n'ont pas de pouvoir politique, ils ou elles sont mandatés pour l'exécution de mandats précis et en sont responsables individuellement devant le congrès, instance souveraine de la fédération.
 Un secrétaire général est chargé d'assurer la tenue régulière du comité de coordination (Comité de relations) entre les secrétaires aux Relations intérieures, aux Relations extérieures, aux Relations internationales, à la Trésorerie fédérale ainsi que ceux qui ont la charge de la radio, des archives et éditions de la FA ; les administrateurs et les membres du Comité de rédaction du Monde libertaire en sont aussi partie prenante.
 Le Monde libertaire et la librairie fédérale sont gérés par des administrateurs également nommés par le congrès, un comité de rédaction est chargé de l'élaboration du journal, il est lui aussi composé de membres mandatés par le congrès. Un bulletin intérieur sert de lien "horizontal" et d'outil de débat interne.
 La FA n'a aucune prétention à être une avant garde éclairée, cette vision de la politique étant contraire à nos principes. Notre organisation ne prétend pas se mettre à la tête des luttes sociales, ses militants se battent pour l'autodétermination, l'auto-organisation des luttes par ceux qui les mènent, ils luttent aussi contre toute les formes de récupération politiciennes. La FA est un ensemble de militants se regroupant pour développer des activités spécifiquement anarchistes, de la manière la plus efficace et la plus constructive possible. La participation aux luttes sociales est nécessaire car sans elles il n'y aura pas d'émancipation possible.
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Les buts de la Fédération
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 Nous sommes pour une révolution radicale et globale, à la fois économique et sociale ; pour détruire la société fondée sur la propriété privée ou étatique des moyens de production et de consommation ; pour la suppression de toutes les formes d'exploitation, de hiérarchie, d'autorité. Cette phase de destruction est nécessaire et c'est sans doute pour cela que certains ne voient ou ne veulent voir les anarchistes que comme des partisans fanatiques du désordre. Qu'ils regardent, autour d'eux et qu'ils nous expliquent comment faire pire ! Les anarchistes sont, au contraire, partisans d'une société organisée d'une manière beaucoup plus rationnelle et logique que la jungle capitaliste ou les dictatures marxistes léninistes. Il s'agit, dans le cadre d'une société libertaire, non pas de gouverner les hommes mais d'administrer les choses au profit de la collectivité toute entière.
 Nous voulons construire une société libre sans classes ni États, sans patries ni frontières, dont les buts sont les suivants...
 • L'émancipation des individus, leur libération en tant qu'êtres autonomes, libres de leurs choix, lucides, critiques et responsables ;
 • L'égalité sociale, économique et politique de tous les individus (quel que soit l'âge, le sexe, la couleur, ... ) dont les conséquences sont la fin des classes sociales, des divisions entre les "normaux" et les "déviants".
 • La liberté de création, seule garantie réelle contre l'uniformisation, telle qu'on peut l'observer dans la Chine maoïste ou dans nos sociétés de consommation de masse infantilisante.
 • La justice, qui découle de l'égalité et de la liberté, ces trois principes étant incompatibles avec l'existence d'institutions répressives tant judiciaires que policières ou militaires ; une organisation sociale plus juste doit supprimer la plus grande partie de la délinquance, les crimes restants devant être traités par la prévention et la conciliation.
 • L'éducation libertaire et permanente, permettant cet épanouissement le plus complet possible de l'individu et non son adaptation soumise au système productiviste d'aujourd'hui ; la condition en est l'égalité, dès la naissance, des moyens de développement, c'est à dire d'éducation et d'instruction, dans tous les domaines de la science, de l'industrie et des arts.
 • L'organisation sociale sur les bases de la libre fédération des producteurs et des consommateurs (fédéralisme libertaire, gestion directe) ; la démocratie directe, non pas électorale et parlementaire mais communale et fédéraliste : pas de mandats en blanc, la coordination des affaires sociales par des délégués élus pour des mandats précis et révocables à tout moment.
 • Une économie tournée vers la satisfaction des besoins et non vers le profit, c'est la consommation qui doit orienter la production et non l'inverse.
 • La possession collective ou individuelle des moyens de production et de distribution en excluant toute possibilité pour certains de vivre en exploitant le travail des autres.
 • L'abolition du salariat, de toutes les institutions étatiques ou autres qui permettent et maintiennent l'exploitation de l'homme par l'homme ; le salariat est le processus par lequel les détenteurs des moyens de production et de consommation indemnisent ceux qui n'ont que leur force de travail à louer, l'abolir c'est casser ce rapport exploiteurs/exploités.
 • Le partage égalitaire des tâches d'intérêt général, l'absence des divisions entre manuels et intellectuels ou entre éboueurs et "jeunes cadres dynamiques".
 • L'écologie non seulement pour préserver notre environnement, mais aussi pour promouvoir un développement de l'humanité basé sur la qualité de la vie.
 • La libre union des individus ou des populations selon leurs convenances ou leurs affinités.
 • La liberté d'expression, c'est-à-dire le droit absolu pour tout individu d'exprimer ses opinions, par oral, par écrit ou à travers tout autre média.
 • La libre circulation des individus, l'abolition des frontières, avec l'instauration d'une nouvelle citoyenneté : le fait de s'installer, de vivre dans une commune donnant droit à l'entière participation aux prises de décisions concernant l'ensemble de la vie politique, sociale, économique et culturelle.
 Voilà en quelques lignes un aperçu de ce que veulent construire les militants et militantes de la Fédération Anarchiste.
 Rendre possible l'édification d'un ordre social basé sur l'entraide, la solidarité, fondé sur le respect absolu de l'intégrité physique et morale de l'individu, voilà l'idéal qui nous anime et que nous souhaitons partager avec le plus grand nombre pour un monde meilleur.
 

 

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