COLLECTIF SANS TICKET

Les capitaux circulent,
tous les humains pas !

L'article 13 de la Déclaration des Droits de l'Homme
stipule que toute personne a le droit de circuler librement.

Nous pouvons en effet nous déplacer tous azimuts, fréquenter assidûment les aéroports, les hôtels, les grands complexes urbains, aux frais de la firme qui nous emploie (et/ou des contribuables). Nous virevoltons à un rythme soutenu de TGV en réceptions, de vols 1ère classes en piscines chauffées.

Nous... Quoi donc ? ! Cette approche de la libre circulation ne vous convient pas ? Elle ne cadre pas avec votre quotidien ? Elle fait pourtant autorité de nos jours... D'ailleurs, entre le sort des business class et la situation des autres "privilégiés" (les travailleurs) ou des "unités de stock superflu" (les exclus), peu de différences : les uns ont la liberté du marché, les autres la liberté de marcher...

Beaucoup ont tendance à oublier que ce n'est pas avant tout une prétendue nécessité "fonctionnelle" qui motive les déplacements humains, mais aussi et surtout une recherche de rencontre, d'étonnements, d'épanouissement, au sein d'une société largement ouverte, non cloisonnée. Une société dans laquelle les allées et venues ne soient pas soumises au passe-droit, au péage, au titre social, politique ou culturel sinon la qualité que confère à chacun l'humanité. Ces aspirations légitimes et immédiates, le rouleau compresseur de la compétition (dont dérive une aberrante rentabilité sociale), les broie jour après jour.

À l'heure des privations galopantes, deux tentations menacent la plupart d'entre nous : celle de baisser les bras face aux règles du jeu dominantes (Je paie ou je reste chez moi) et celle de caresser un droit à la mobilité dont la mise en œuvre devient chaque jour plus illusoire. Se laisser enfermer dans cette alternative, ce serait passer à côté des possibilités qui s'offrent à nous ici et maintenant : ouvrir une brèche dans la sélection économique des passagers, manifester par la pratique notre désir de transports solidaires, accessibles à tous, indépendants des "enveloppes budgétaires" du moment ou des rêves de grandeur ministériels.

Face à cette situation, et pour tenter d'y remédier pratiquement, un collectif s'est mis place, le Collectif Sans Ticket.

Le CST naît de la nécessité pour certains collectifs de chômeurs, précaires et autres "sans trop de tunes" du pays de se rencontrer, de discuter de leur pratiques respectives et de d'organiser ensemble une résistance face aux projets de lois iniques concoctées par nos dirigeants. Un week-end, Octobre Bouge, un lieu, Liège, pour jeter les bases du Carrefour des Luttes. C'est dans ce cadre que s'est lancée, le 26-10-98, une campagnede droit à la mobilité pour tous. C'est-à-dire : 1. La possibilité de voyager en groupe gratuitement lors de manifestations et autres événements. 2. La possibilité de voyager individuellement à des conditions accessibles aux plus précarisés de notre société. 3. L'ouverture d'un débat public sur la mobilité en général, celle de tous les sans comme des autres.

Notre "arme" : la carte de droit aux transport

Le CST fonctionne avec une structure souple et décentralisée et est activé dans des moments précis : 1. Quand on circule sur les réseaux de transports en commun. 2. Quand on s'organise ensemble pour faire pression sur les autorités compétentes pour tenter de faire sauter les amendes

Le CST n'est pas un collectif s'occupant de la gestion des fraudes individuelles. Il tente dans le meilleur des cas que l'on s'organise collectivement afin que les amendes soient classées sans suite.

Les différentes sociétés de transport, à l'exception de la SNCB, étant régionales, il est important que les utilisateurs de la carte se regroupent à ce niveau régional pour collecter les amendes et organiser la pression sur les sociétés. D'où la notion évoquée plus haut de décentralisation.

Notion qui n'empêche, par ailleurs, pas un travail en commun lors des moments de pression, de se prêter main-forte les uns les autres. Nous insistons donc sur la nécessité de s'organiser pratiquement pour mettre en place le réseau souple qui définit le Collectif sans Ticket, via des réunions, un réseau téléphonique, une feuille d'info, etc... comme bon vous semble.

Deux éléments importants concernant
cette organisation et l'utilisation de la carte

Primo, le CST ne garantit en rien la réussite de la levée des amendes. Ce qui signifie que la personne utilisant cette carte (et posant par là même un acte de désobéissance civile) demeure entièrement responsable de l'amende qui lui sera infligée et des conséquences qu'entraîne le non-paiement de celle-ci. L'amende est en effet nominale. Vous portez donc individuellement le risque et la revendication en acte que vous posez.

Secundo, il ne faut pas rentrer dans le jeu du pouvoir : la tactique couramment utilisée par celui-ci consistant à attendre que les différents groupes de lutte se défassent avec le temps pour relancer les poursuites à l'encontre des personnes incriminées, il s'agira de le devancer. C'est-à-dire d'aller collectivement, au moment jugé opportun, réclamer la levée des amendes.

Entonnons gentiment ce petit air : Le transport c'est moins cher, surtout quand c'est gratuit !

Bon voyage !

Collectif sans Ticket
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Chômeurs pas Chiens
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Centre Social


 
 


 

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