L'espérance
des collectifs

L'événement a eu lieu à Liège :
la première rencontre inter-collectifs.
L'esquisse d'un nouveau réseau autonome des dissidents et des alternatifs ?

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Il faut dire que Liège se prête admirablement à cette manière d'aventure : la ville secrète - pas la Ville des édiles et du fric, qui ne ressemble plus à rien -, celle du populo, celle de l'Histoire, des libertés et du Perron. Le quartier Nord est un enchevêtrement de rues et de ruelles où dans l'alignement approximatif des façades se camouflent de magiques terriers gothiques, anciens entrepôts, corps de gardes ou chapelles désaffectées, tout ça abandonné à la pluie, croulant débordant, envasé dans les crottes de chien, les boîtes de bière, les papiers gras, jusqu'à ce qu'un groupe de rouleurs de clopes se l'approprie et y bricole une île où vivre à pied sec.
 De coups de force en invasions mi-sponsorisées, les îlots se multiplient. Aujourd'hui, c'est un archipel qui est en train d'émerger là, à deux pas de la Meuse écumante que les dernières inondations maquillent si heureusement qu'on se croirait revenu à la pureté néolithique.
Le réseau liégeois
 Ce petit exercice de rédaction pour aider ceux qui n'ont pas encore approché le territoire où croisent les membres de Chômeur, pas chien ! et des autres innombrables collectifs liégeois, assoces-comme-dirait-Thierry, squats et autres Barricades.
 Les partenaires effectifs de Chômeur, pas chien ! se sont surtout retrouvés dans l'équipe de L'Étoile du Nord, qui tente de mettre à flot un espace culturel alternatif dans une ancienne usine - superbe - et Le Centre social bruxellois, bien connu et chéri de tous, touchez-y pas, flics et fachos, sinon on sort nos scuds. Et ils feront mal - on a appris des choses !  Comme dit Mager - tout le monde devrait connaître Mager -, les cinq journées de rencontre prévues pour Octobre bouge (du 23 au 27) tenaient du pari d'ivrogne. Pari tenu. Félicitations aux ivrognes.
 Le programme avait tout d'une festivité versaillaise : deux jours de débats pour les grands, tous les soirs aubades, mangeaille, ripaille et divertissements, une journée d'action hard (transports gratuits pour qui de droit) dans les bus par l'équipe d'intervention théâtrale de Chômeur,
pas chien ! avec accueil en fanfare des participants venus - sans payer - de tous les coins de la Belgique et même de Flandre et même de France, à la gare des Guillemins. Ceux qui ont vécu le moment en frétillent encore d'aise.
 Vue de l'extérieur, la chose est extrêmement plaisante, mais vécue par le cur du noyau du groupe d'activistes au sein de Chômeur, pas chien, elle a été extrêmement éprouvante. Trop ambitieux, pendant sa préparation l'événement a fait fuir les gens qui se sentaient limite. Les autres, en gros les Acteurs de l'Ombre, membres de Chômeur, pas chien !, sont aujourd'hui sur les rotules et nourrissent quelque ressentiment contre les velléitaires qui consomment sans payer de leur personne.
 On les comprend, mais il faut dire qu'étrangement, pour des individus qui remettent en question leur rapport au travail, cette manière de se tuer au boulot finit par dépasser l'efficacité destructrice d'un emploi salarié standard.
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Naissance du Carrefour des luttes : conception et contraception
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 La naissance du projet avait posé des orientations proprement cyclopéennes : il s'agissait de faire se rencontrer autour de la question du travail et du temps libéré des représentants de tous les cercles en marge et/ou en lutte contre le système, chômeurs, minimexés, étrangers, artistes et même syndicalistes, dans des débats ouverts.
 Dans la pratique, les collectifs réellement intéressés par un échange
ont poussé l'embarcation vers des débats internes sous-tendus par l'objectif de, peut-être, si nous tombions d'accord, si ce n'était pas abuser, si ça ne pouvait en aucun cas être pris pour un viol des consciences, constituer une espèce de réseau, non, réseau ressemble à filet, filet à prison et, bon, il n'en est évidemment pas question... de peut-être donc, si personne ne s'y opposait, dessiner un espace de rencontre, un ca... un carre... allons, oserai-je, un carrefour des luttes.
 Dites-vous bien que l'utilisation du mot "luttes" est ici une espèce de coup d'État : il est inévitable qu'il suscite quelque part huées et sifflets. Il s'en trouvera pour vous dire qu'en ce qui les concerne, ils ne sont en lutte avec personne, parce que pour être en lutte, il faut un adversaire et ils ne reconnaissent tout simplement pas son existence, qu'il crève, ils se débrouilleront sans lui. En gros.
 Prévus dans l'espace appelé Zouk Galerie, une autre cathédrale de la ruine récupérée juste au bord de l'écroulement terminal, dans une espèce de long baraquement édifié à la va-vite au sol, glacial ou surchauffé selon les caprices du canon à chaleur, les débats devaient, selon nous, rassembler de vingt cinq à trente représentants des associations invitées. Le nombre de personnes présentes a fluctué entre 50 et 60.
 Deux journées pleines, les mecs, de dix à 18 heures (1), ont passé là comme par enchantement, dans un cheminement prudent des uns vers les autres, par des pistes ouvertes le plus délicatement possible, chuchotement, arrêt le cur battant, où ai-je mis le pied, bon, on continue.
 Il y en a pour s'effarer que les palabres aient traîné pendant des heures pour s'emballer à deux heures de la fin et déboucher finalement sur un programme de travail et de rencontres qui noue véritablement les liens d'une nouvelle famille. C'est une erreur de discernement : ce temps apparemment perdu ne l'était pas. Il nous a permis de nous assurer d'une chose : nous avions tous envie de nous retrouver, nous n'avions pas envie de nous perdre, nous avons des choses à faire ensemble.
 Dans la lenteur de la progression, les silences, la prudence, cette manière maniaque d'insister sur les nuances, les spécificités de chacun, sur le souci d'autonomie, sur le fait que les membres des collectifs présents parlaient en leur nom, l'il des anciens a pu déchiffrer l'angoisse héritée du naufrage de 68 dont les débris, criminellement récupérés et dévoyés par le système, polluent nos horizons.
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LES ACTEURS
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1) Les lutteurs
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 En gros, deux fronts : les lutteurs et les explorateurs.
 Comme leur nom l'indique, les lutteurs font du rentre-dedans. Dedans : ils restent au cur du système contesté et l'attaquent de mille manières, sur lesquelles il est rare qu'ils soient d'accord entre eux.
 Un, les plus coolos, ceux qui jouent la carte de la stratégie "légaliste", et tablent sur le handicap que représentent les oripeaux démocratiques dont se parent mandataires et gestionnaires autorisés du marché, sur la conviction même avec laquelle certains d'entre eux jouent leur personnage de politicien, magistrat ou syndicaliste. Il s'agit alors d'enfoncer des coins pour empêcher le couvercle d'être rabattu sur nos petits doigts en prière.
 En face, ceux qui ne croient pas une minute à la bonne volonté des représentants du pouvoir ou de ses larbins et sont convaincus qu'ils ne reculeront que devant un rapport de forces qui les met en difficulté institutionnellement ou électoralement. Tout alors se joue dans la nature du rapport de forces : minorités musclées et agissantes ou minorités exemplaires entraînant l'adhésion, plus ou moins silencieuse selon les événements, de fractions de plus en plus larges de la population. Ce qui suppose, on l'aura compris, le complaisant relais des médias. Lesquels sont aussi libres que n'importe quelle marchandise.
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2) Les explorateurs
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 À côté, les explorateurs. Ceux qui s'évadent, sortent dehors, quittent leur terrier natal et s'en vont - qu'ils croient - créer d'autres modes de vie dans d'autres lieux, sous d'autres ciels (de lit). Gain inestimable : ils vivent. Ils vivent selon leurs désirs, selon la conscience qu'ils ont du monde et de leur humanité. Ce sont les squats urbains, les fermes communautaires, les espaces culturels alternatifs, tout cela se construisant souvent sur les principes du communisme intégral et de l'autogestion. En existant et en tenant, ils apportent la preuve à ceux qui veulent bien ouvrir les yeux que c'est possible, que les êtres humains ne sont pas naturellement destinés à croupir dans un chenil dont le règlement exige qu'ils se déchirent entre eux pour attraper l'os que leur jette le maître, qu'ils peuvent se respecter, s'épauler, partager, se protéger mutuellement et même s'aimer.
 Évidemment, nous ne sommes plus à l'époque de Christophe Colomb. Il n'existe plus de terres vierges vers où tourner la proue du Santa Maria. Aussi téméraires qu'ils soient, les explorateurs en sont réduits à investir ce que l'ogre leur laisse. Qu'ils volent, qu'ils squattent, qu'ils achètent les espaces de vie ou les biens qui leur sont nécessaires, ils ne peuvent se permettre d'oublier qu'au delà de leurs murs fragiles, le monstre veille. Même les copains de la Ferme du Hayon, les plus véritablement autonomes, ne sont pas totalement à l'abri : il leur faut trouver des combines contraignantes pour faire face. Si, par exemple, l'un d'entre eux tombe sérieusement malade, rien à faire, jusqu'à présent, il faut en passer par les voies autorisées du système, être assuré, mutuellisé, sécurisé socialement, sinon, c'est la galère. Et si, ce que tout le monde espère, leur démarche tient la route, si elle fait des petits ou des émules, cette question deviendra de plus en plus pesante : au sein des collectifs, des gens vieilliront, se fragiliseront, d'autres naîtront... tout un coûteux programme. La durée est une dimension absolument délaissée depuis 68 : tout se fait dans l'instant, comme si rien n'était promis à l'avenir. Sans cette tension vers demain, pourtant, pas d'alternative réelle.
 Je classerai également parmi les "explorateurs", ceux qui de prime abord se foutent d'être ou non représentatifs, efficaces, influents, mais qui, confrontés au pouvoir tel qu'il est dans sa réalité économique et sous ses masques politique et institutionnel, sont saisis d'une incrcible nausée et ne peuvent littéralement plus avaler une bouchée de la pâtée quotidienne. Parmi eux, un nombre grandissant d'individus prennent la décision de vivre en se réapproppriant tout ce qui leur est quotidiennement volé, non seulement sur le plan matériel, mais moral et politique. Avant de la prôner, ils vivent la désobéissance civile, ne respectant que les lois respectables et déniant aux autres le droit de s'appliquer à leur existence.
 Il est clair qu'aussi périlleuse et difficile soit cette démarche, elle est chargée d'une force extraordinaire. Sa légitimité et son courage décoiffent et estomaquent les plus blasés, elle pourrait être un agent de contagion canon. Dans la mesure où elle peut se faire connaître, évidemment. On le voit clairement à travers les actions de squattage ou l'action transports gratuits, dont les animateurs affichent ouvertement leur volonté de rendre un contenu au droit de chacun à la mobilité. Le titre de transport édité par le Collectif sans tickets n'est pas un faux : il renseigne une identité exacte et le statut de la personne, énonce le principe de droit repris dans la Déclaration des droits de l'Homme et colle sous le nez des contrôleurs une évidence. Les chauffeurs, vrais prolos du transport, ne s'y trompent pas. Les contrôleurs et la police du chemin de fer, c'est une autre culture : en général, ils n'aiment pas.
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LE JEU
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 Après quelques heures de débat, fallait pas être grand clerc pour comprendre que si chaque prise de parole était si circonspecte, c'est que l'enjeu était ressenti comme capital. Il était double : ne rien foutre en l'air, ne pas renoncer à son identité, à son authenticité, à sa liberté.
 Le mardi 27 a vu s'émanciper enfin la volonté d'établir des passerelles, de faire converger, ô, ponctuellement, occasionnellement, mais gentiment quand même, les démarches évoquées.
 Il est probable que la reconnaissance mutuelle de la valeur des actions menées a joué. Il est vraisemblable que les risques auxquels s'exposent certains aient touché, que l'action transports gratuits du 26 ait réjoui... ce qui est certain, c'est que "toutes les approches ont [...] été reconnues, à un moment donné, dans leur utilité pour un combat commun", qu'a été admis "le droit fondamental à l'expérimentation, et donc le droit à l'erreur, tout comme le droit de réserve (je peux me solidariser avec toi, mais ne me demande pas de faire la même chose que toi)", que tous ont pu vérifier un manifeste lien de parenté dans la volonté commune de démocratie directe (et donc de conserver aux collectifs et aux associations une dimension humaine), de responsabilités partagées, d'autonomie, de liberté d'initiative et de créativité, dans l'unanime refus des dogmes.
 Tous ont ressenti le désir de solidarité, et d'abord dans la nécessité de protéger les groupes ciblés par la répression.
 À ce moment de la discussion, les complémentarités, déjà embryonnaires, devenaient évidentes : les méchants cocos de la revendication, contraints de médiatiser leurs combats, pourront faire retentir de plus en plus fort et plus loin les voix des explorateurs d'utopies, et ceux-ci pourront proposer aux premiers leur hospitalité et leur aide.
 Ensemble, les uns et les autres ont plus de chances de parvenir à construire une autre culture, disposant de moyens propres de communication, d'expression et de création.
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Demain...
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 Nous ne pouvions nous quitter sans serments. Sans perspectives communes. On l'a pas fait. Cinq groupes de travail ont été mis sur pied, chargés de préparer nos futures rencontres, ouvertes à ceux que ça intéresse.
 Le premier planchera sur les moyens de construire et mettre en place les outils d'une communication libre, dans le sens ambitieux d'une médiatisation que nous maintiendrions sous notre contrôle collectif.
 Le deuxième est chargé d'évaluer les moyens de protection à mettre en uvre pour les plus exposés parmi nous, tant sur le plan "humain", où la solidarité doit jouer à fond, que sur le plan juridique.
 Le troisième cherchera à travers les différentes expériences de nouvelles ouvertures sur la relation au travail et sur comment échapper au saucissonnage citoyen qui est notre lot commun.
 Le quatrième approfondira comment soutenir et protéger les utopies en construction et enfin, le cinquième se penchera sur les possibilités d'une culture alternative.
 De manière réjouissante, la mise en place de ces groupes a été l'occasion d'un brassage très large : tout d'un coup, les préventions sont tombées, on allait en confiance dans la piscine des grands et plus personne ne surveillait l'éclat de vos sourires.
 À partir de là, un calendrier des rencontres a pu être établi à une vitesse étonnante.
Rendez-vous
 Les 6 et 7 mars 1999, deux journées de débat (en atelier et en "plénière"), plus fiesta et moments culturels, sans exclure l'une ou l'autre action... bref, un mini Octobre bouge, Octobre bouge bis à Barricades, 21 rue Pierreuse à 4000 Liège (04/222.06.22).
 Le 1er mai 1999 : proposition à ceux que ça intéresse de participer de manière créative et artistique à la fête du premier mai organisée par Barricades sur le thème de la Fête de l'Utopie.
 À la mi-juillet, Octobre bouge ter : plusieurs jours du même type (débat, fête, concerts, spectacles, expo, action commune et bouffe partagée) à la Ferme du Hayon à 6769 Sommethone (063/57.90.80).
 À créer et réaliser ensemble, ici aussi !
 Le Carrefour des luttes, une première en Belgique, était ainsi ouvert. Il le restera si tous ceux qui l'ont voulu d'une manière à la fois touchante et pragmatique restent fidèles à leurs engagements.
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Le truc qui gêne
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 Ce serait plus gai d'en finir sur cette note fleur bleue. Mais ce ne serait pas honnête.
 Il faut bien reconnaître que personne n'a eu le culot de poser carrément la question de fond sur ce qui avait éveillé en chacun de nous le désir de résister.
 À celle-là, la réponse automatique qu'on se prend le plus fréquemment dans la tronche, c'est Parce qu'on se fait chier dans cette société de merde ! Or, elle ne rencontre qu'apparemment et très partiellement la question. Nous sommes des milliards à nous faire chier dans cette société de merde, nous ne sommes hélas pas des milliards à résister, sinon, ce serait bientôt les vacances.
 La vérité est que pour trouver l'énergie de résister, il faut absolument croire qu'autre chose est possible. Et d'abord le concevoir. Ça s'appelle une alternative globale (ndlr : voir AL 210 et 211) et le mot sème l'épouvante dans les rangs des contestataires nouveaux.
 Poursuivre un tel objectif ne risque-t-il pas de nous conduire vers une logique totalisante, modélisante, idéologique, alors même que notre force réside avant tout, semble-t-il, dans notre pratique, notre diversité et notre capacité à nous ré-expérimenter chaque jour, sans Vérité, ni dogmes, ni principes absolus, ni universalité, ni pureté... Mais, d'autre part, n'avons-nous pas tous besoin aujourd'hui de nouvelles utopies ? Nos expériences, même soumises constamment à la critique, auront-elles un jour un poids, un impact, si elles ne nous conduisent pas à être capables de faire valoir, au delà du profit qu'en tirent ceux qui les mènent et les vivent, en quoi elles sont autant de micro-expériences, de microcosmes exemplatifs d'une autre société possible ? (1).
 Ben oui, tout est là : nous ne pourrons pas éternellement faire l'économie de ce débat, même si on comprend à quel point il est porteur de dissensions, de malentendus et d'angoisse justifiée. L'Histoire n'est pas une leçon d'optimisme et la récente donnerait plutôt envie de se flinguer, tant elle exprime d'impuissance à réaliser l'humanité que nous sommes pourtant capables de rêver, mais apparemment incapables de ressentir plus longtemps que quelques instants d'émotion.
 C'est vrai, la formulation d'une alternative globale et sa proposition au public créent presqu'inévitablement une discrimination en rupture totale avec notre désir d'égalité : il y a ceux qui savent, qui ont pensé, qui croient tenir le bon bout et les autres. De deux choses l'une : ou ces derniers n'en n'ont rien à foutre, ou ils marchent. Plus exactement, ils suivent... Bon, d'accord, c'est pas ça qu'on veut : idéalement, ce serait le pied si tout d'un coup, six milliards d'êtres pensants se tapaient le front : Mais bon sang, mais c'est bien sûr !
 Mais non, conasse ! (je vous entends d'ici), où vas-tu chercher que dans l'unanimitas, véritas ? Liberté, créativité, autonomie...
 Ça va, j'arrête, m'engueulez pas, je suis sur les genoux.
 Je ne sais pas si je suis une libertaire méritante et même si j'en suis une tout court, mais ce dont je suis certaine, c'est que si le pauvre Bakounine revenait parmi nous, il n'ouvrirait pas la bouche trois secondes sans se faire méchamment moucher.
 À bientôt, mes chéris.
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Chiquet Mawet
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1) Les 24 et 27 octobre, de dix à dix-huit heures.
2) Extrait du rapport interne sur Octobre bouge, destiné aux participants et plus largement à tous ceux qui sont intéressés.
 
 


 

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