COLLECTIF CONTRE LES EXPULSIONS

Blandine Kaniki

Blandine Kaniki est
une réfugiée congolaise âgée de 20 ans.

Elle est arrivée en Belgique avec son fils de 5 ans Christian le 18 octobre. Sa demande d'asile ayant été rejetée, elle est détenue au centre de rapatriement 127 bis. Elle était enceinte de plusieurs mois il y a encore quelques jours.

Le 31 octobre, comme d'autres détenus, elle a été victime d'une intervention violente de la gendarmerie dans le centre. Ce jour-là, un nigérian devait être expulsé vers Lagos. Comme il tentait de se défendre, le personnel de l' Office a utilisé la violence (Le Soir 1.11.98). Les autres détenus se sont alors interposés pour défendre leur compagnon d'infortune. Ils ont été rassemblés dans le réfectoire du centre et chargés par la gendarmerie appelée en renfort. Le matraquage collectif a été très violent. Dans la mêlée, Blandine Kaniki a reçu des coups, a été jetée par terre et traînée sur le sol tirée par les cheveux, son fils accroché à elle. En réponse aux protestations de son avocat, l'Office des Étrangers lui affirma qu'une enquête serait ouverte et que personne ne serait expulsé avant d'avoir les conclusions. En réalité, plusieurs détenus furent expulsés dès les jours suivant. Blandine Kaniki a été emmenée à l'aéroport le 6 novembre pour être renvoyée vers Kinshasa. Elle a refusé de monter à bord de l'avion.

Suite aux violences subies, Blandine Kaniki s'est plainte de douleurs au ventre et s'est retrouvée dans l'incapacité de manger. Elle a alerté à plusieurs reprises le médecin du centre 127 bis, qui semble n'avoir jamais pris l'affaire au sérieux. Le 24 novembre, la jeune femme congolaise a fait une fausse couche. Il a fallu l'intervention des autres détenus pour obtenir son évacuation vers l'hôpital, où elle a été admise vers 21 heures. Trop tard cependant pour sauver l'enfant qui est décédé en chemin. Cette fausse couche était prévisible. Quelques jours avant l'expulsion, elle avait eu des saignements à plusieurs reprises. À l'hôpital, ce n'est que le jeudi que des soins spécifiques et adéquats lui ont été administrés. Directement après, elle a été ramenée de force au centre 127 bis, où elle a pu retrouver son enfant laissé seul durant ces deux jours d'hospitalisation. Elle y est toujours détenue et ne bénéficie d'aucun soin particulier. Elle risque l'expulsion à tout moment !

Le décès de l'enfant était prévisible. Blandine Kaniki s'est plainte de douleurs au ventre durant plusieurs semaines et a perdu du sang plusieurs jours avant la fausse couche. De plus, son incapacité de manger sous peine de tout remettre n'était-elle pas le signe que des soins particuliers lui étaient nécessaires ? De plus, pourquoi a-t-il fallu deux jours pour qu'elle soit traitée correctement ?

Les violences commises contre Blandine Kaniki, la tentative d'expulsion ainsi que les conditions de détention nous paraissent clairement être la cause de la perte de son enfant. Nous pourrions ajouter le manque de soins médicaux. Elle envisage d'ailleurs de porter plainte. La responsabilité de l'Office des Étrangers et de la gendarmerie, donc du ministre de l'Intérieur, est claire. Néanmoins, malgré la gravité des faits, l'Office des Étrangers souhaite étouffer l'affaire et échapper une fois de plus à ses responsabilités.

Depuis le meurtre de Sémira Adamu, malgré des promesses d'humanisation de la loi, la situation s'est encore durcie pour les réfugiés. La seule mesure concrète qui a été prise est le renforcement de la gendarmerie. Admirons les conséquences. Obnubilées par leur volonté d'expulser massivement, les autorités belges adoptent quotidiennement un comportement froid, violent et finalement meurtrier. Ceux qui mènent cette politique ont du sang sur les mains mais ne semblent guère s'en soucier. Sans doute vont-ils faire passer cela pour un banal accident, imprévisible mais qu'il ne faut pas généraliser. Cette hypocrisie, que nous entendons depuis le 22 septembre, a assez duré. D'autres violences ont été commises dans les centres depuis lors et la violence va reprendre lors des expulsions. Il s'agit de la chronique d'une mort annoncée, qui se répétera tant que la Belgique pratiquera cette politique d'expulsions massives.

Pour sortir Blandine Kaniki du drame dans lequel ils l'ont plongée, pour que cesse cette tragédie, le Collectif contre les expulsions exige du gouvernement belge ? qu'il libère immédiatement Blandine Kaniki, lui accorde un statut de réfugié et qu'il prenne en charge l'ensemble des soins qu'elle nécessite ? l'ouverture d'une enquête indépendante pour déterminer l'ensemble des responsabilités de ce drame ? l'arrêt immédiat des expulsions et la suppression des centres fermés ? un changement radical de politique, à commencer par la régularisation immédiate et collective de tous les sans papiers.

Si Blandine Kaniki n'est pas libérée immédiatement, le Collectif contre les expulsions entamera les actions qu'il jugera nécessaires ! [Ndlr: début décembre, Blandine Kaniki a déposé plainte avec constitution de partie civile à charge de l'Office des Étrangers pour coups et blessures, abus d'autorité et de non assistance à personne en danger. Le texte de sa plainte est disponible au Collectif].

Collectif contre les expulsions


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