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Agir avec les sans-papiers

Un toit pour toi, l'ami !

Sous ce jeu de mots
se dissimule le projet mené
par une série de membres
ou de proches de La Zone à Liège.

Pour le réussir, nous avons besoin de (beaucoup) d'aide. Nous avons trouvé un appart disponible, mais il faut l'aménager (peinture et travaux divers), le meubler (tout ou presque est le bienvenu) et puis après il faudra... mais lisez plutôt la suite pour en savoir plus. En espérant que vous serez nombreux à nous contacter pour vous lancer, vous aussi, dans l'aventure ! Nous considérons que le problème actuel des candidats réfugiés et des demandeurs d'asile concerne tous les résidents de ce petit coin de la planète Terre appelé Belgique. Savoir que l'on traite les demandeurs d'asile et candidats réfugiés comme des tricheurs ou criminels en puissance, les savoir parqués et refoulés comme des animaux, savoir qu'ils sont privés de droit à l'enseignement, à la santé, au travail, à des moyens d'existence, les savoir soumis à l'arbitraire bureaucratique et policier et ne pas réagir au-delà de la simple protestation nous était de plus en plus insupportable. Constater que les lois actuelles ont également pour effet pervers de fournir une filière supplémentaire à la criminalité maffieuse (trafic et traite des êtres humains) signifie à nos yeux l'échec d'une politique. Voir s'installer de façon lente mais continue une fracture sociale entre de soi-disants ayant droits et de soit-disants sans droits et constater que cela ne se limite pas aux seuls sans- papiers mais aussi à de plus en plus de catégories de sans ou d'exclus dans l'ensemble de notre société nous inquiète au plus haut point. De plus, la dérive identitaire (La Belgique ne peut accueillir toute la misère du monde) qui est sous-jacente à la politique d'asile du gouvernement belge régénère sans arrêt une xénophobie ambiante qui alimente non seulement le racisme le plus vulgaire mais aussi le séparatisme le plus extrême. Pour nous, les sans ne se résument pas à des données statistiques et penser qu'il existe des personnes qui sont niées dans leur humanité et déclarées "illégales" n'est pas acceptable et encore moins négociable. Cet ensemble non limitatif de raisons nous pousse aujourd'hui à passer à l'acte, tout en étant conscients que cela nous amènera à la désobéissance civile. En effet, dans ce conflit entre la morale et la légalité ou entre valeurs et lois humaines, nous serons contraints à nous mettre hors-la-loi puisque la solidarité avec des personnes en séjour illégal est criminalisée par la loi du 15/12/80 - article 77 - (et modifié par J. Vandelanotte). Mais nous pensons que cette éthique peut être partagée avec un nombre de plus en plus important de personnes à la recherche d'une nouvelle citoyenneté.

Un projet concrêt

Nous vous proposons de participer au soutien, à l'ouverture ou/et à l'animation de ce projet dans le cadre de vos envies, moyens et disponibilité Nous allons ouvrir un lieu d'accueil pour accueillir un(e) clandestin(e) (ou une famille) avec qui nous mènerons les actions nécessaires à sa régularisation. Et ainsi de suite jusqu'à... Ce lieu sera co-loué par une série de personnes, parrainé par diverses personnalités du monde politique, culturel ou associatif et mis à la disposition de notre collectif. L'adresse de ce lieu sera rendue publique afin de susciter le développement d'autres initiatives de ce type en d'autres lieux mais aussi pour permettre une solidarité de proximité avec le quartier. Le collectif d'animation présentera une structure favorisant la cohabitation de différentes formes de soutien et d'action, des groupes pour ! aider aux démarches administratives, à la régularisation (qui comprendrait notamment un avocat...) ! assurer l'aide quotidienne (récolte alimentaire, argents, vêtements, etc...) ! assurer la tranquillité des lieux.

Élargir le projet

Nous savons que le projet que nous présentons aux demandeurs d'asile et candidats réfugiés est un acte de résistance qui pourra mettre en danger la sécurité (relative) de ceux qui décideront de sortir de l'ombre. Il faut en être conscient et ne pas s'engager à la légère. Nous voulons aider concrètement, dans la durée et non pas faire preuve de pitié. Nous proposons notre solidarité agissante par laquelle peut se créer un rapport d'échange réel. Nous aimerions que cette réaction contribue à renforcer et à créer des liens de solidarité et de réflexion qui permettent à différentes solidarités de se retrouver côte à côte. Nous pensons qu'il est très important que cet engagement ne se limite pas aux seuls "militants" mais qu'il exprime une solidarité de proximité avec différentes formes de soutien et de participation. Ces personnes, venues d'ailleurs, ont un visage, une histoire, une humanité. Nous voulons apprendre d'elles leur vision du monde, leur mode de vie et ce qu'elles veulent réaliser. Nous cherchons à expérimenter la construction d'un tissu social qui apporte, par le concret, des débuts de réponse à l'exclusion. Nous proposons, pour entamer cette démarche, de partir d'objectifs qui apparaissent réalisables et contrôlables par le collectif. Nous avons donc besoin de beaucoup de choses aussi diverses que concrètes et nous parions sur votre soutien concrètement. Nous trouvons ce petit projet ambitieux et nous pensons qu'il pourra réussir, malgré la passivité d'un trop grand nombre et la logique sécuritaire de l'État, s'il reçoit un soutien significatif. Liège a toujours été une terre d'accueil et de résistance ; l'aide à autrui n'y a jamais été un vain mot, et cela même à travers les périodes les plus noires de notre passé. L'ouverture du centre fermé de Vottem ne doit pas rester la seule image représentative de notre région en matière de droit d'asile. Si, actuellement, nous sommes dans l'impossibilité d'obtenir sa fermeture, cela ne signifie pas qu'il n'y ait rien d'autre à faire.

Résister à l'injustice est une façon de vivre au quotidien et pas seulement dans des moments "ex-trêmes" !

Un toit pour toi, l'ami !
La Zone, 27 rue Méan, 4020 Liège



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