Alternative Libertaire


Appel en faveur
des détenues
d'Action Directe

Dans un appel rendu public le 1er février par Libération, seize personnalités demandent à la ministre française de la Justice une normalisation des conditions de détention de Joëlle Aubron et Nathalie Ménigon. Toutes deux ont appartenu à Action directe, qui au nom de la lutte anti-impérialiste, a revendiqué des hold-up, des attentats et des assassinats. Celui du général René Audran, abattu en janvier 1985, et de Georges Besse, le patron de Renault, tué en novembre 1986. En février 1987, Rouillan, Cipriani, Aubron et Ménigon sont arrêtés. C'est la fin d'Action Directe. Tous quatre ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité, assortis d'une période de sûreté de 18 ans.

Aujourd'hui, incarcérées à Fleury-Mérogis, Aubron et Ménigon vivent sans bénéficier du régime carcéral réservé aux longues peines. Il y a un an et demi, Ménigon a été victime d'un grave accident cérébro-vasculaire et a sombré dans la dépression. Il ne s'agit pas de prendre parti sur les faits, mais après tant d'années, une telle rigueur nous a semblé vraiment insupportable, raconte Henri Malberg, élu PCF de Paris. C'est pourquoi nous avons décidé de rédiger cet appel. Pour nous, il s'agit d'un acte d'humanité élémentaire.

Voici le texte de cet appel

Depuis douze ans, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, Jean-Marc Rouillan et Georges Cipriani sont incarcérés pour "association de malfaiteurs" et "assassinats". Ils étaient membres du groupe "Action Directe". Condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de 18 ans, ils ne sortiront pas avant de longues années. Et, comme tous les condamnés à d'aussi longues peines, ils doivent bénéficier d'un régime qui humanise la vie carcérale. Or, les conditions exceptionnelles de détention des deux femmes, leur isolement, les visites qui leur sont accordées avec parcimonie, la censure exercée sur leur courrier, rendent insupportable leur vie en prison. Pourtant, rien, ni dans leur comportement, ni dans le danger social qu'elles représentent désormais ne peut le justifier. D'autant que Nathalie Ménigon et Georges Cipriani sont gravement malades. La force d'une démocratie réside en sa capacité de traiter avec humanité ceux qu'elle considère comme ayant attenté à ses valeurs. Solennellement, nous demandons qu'un traitement conforme à la dignité de la personne soit appliquée à Nathalie Ménigon et à Joëlle Aubron.

Signataires : Daniel Bensaïd (philosophe), Nicole Borvo (PCF), Corcuff (sociologue), Dan Franck (écrivain), Jean-François Fontana (SUD-Éducation), Henri Leclerc (président de la Ligue des droits de l'homme), Henri Malberg (PCF), Laurent Schwartz (mathématicien), Catherine Vieu-Charier (PCF), Pierre Vidal-Naquet (historien), Anne Crenier, Pierre Gouzenne, Raphaël Grandfils, Frédéric Paris, Gilles Sainati et Ulrich Schalchi (Syndicat de la Magistrature).

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