alternative libertaire 215

LU DANS LA PRESSE ASSOCIATIVE

1999,
année électorale
(mais pas érotique)

Alors que les sectes fantasment sur la fin du monde, que "Air" Jordan prend sa retraite à 30 ans avec un pécule de plusieurs milliards de dollars, que les Bourses bandent avec l'Euro, que l'Irak se prend des "frappes chirurgicales" sur la tronche, que... que... que... nous devons sacrifier aux vux de nouvel an !

Soit. N'ayant pas la vocation de remettre à l'au-delà, ni à l'année prochaine à Marienbad, mes revendications pour un monde meilleur (faudra quand même que l'on renouvelle cette formule !), je passe outre les bonnes intentions et les vux d'Albert pour affirmer ce qui suit.

Donc, nous allons aux élections. Législatives, régionales et européennes. On pourrait déjà se demander si l'accumulation d'élections diverses le même jour n'est pas de nature à piéger l'électeur. En effet, face au nombre de bulletins à remplir et au nombre de listes qui s'y trouvent, et qui sont souvent différentes, la tentation de mettre son petit point rouge sur les listes traditionnelles, car connues, ne peut qu'être majoritaire.

Cela étant, les prétentions de nouvelles petites listes, style PNPB, Vivant, et autres ID2, ne tiennent pas la route face aux enjeux de cette fin de millénaire. Car le verrouillage du processus parlementaire d'un part, de la maîtrise des mécanismes économiques d'autre part, favorisent largement les partis traditionnels, y compris Écolo.

Et les listes de gauche ? Entre le Parti Communiste qui se cherche un nouveau souffle, le PTB qui se retire au profit de la liste de D'Orazio et le POS qui n'en fini pas d'existencialiser ferme, l'espace est plus que réduit. Incidemment, une question qui est rarement posée est celle de l'utilité de participer aux foires électorales ! En effet, les quelques rares % obtenus par les petits partis de gauche n'offrent aucune possibilité de levier parlementaire pour développer des alternatives. Toutes les victoires de ces vingt dernières années n'ont été obtenues que par la lutte au quotidien et dans la rue ! Enfin, je reste persuadé que si les élections pouvaient vraiment changer les choses, elles seraient interdites !

Reste alors... les partis fascistes !

99, année électorale (démocratique ?)

Bien que le parlement ait adopté la loi sur la dotation des partis racistes, la présence de listes fascistes sera, une fois de plus, l'élément de risque dans ces élections. L'offensive du Vlaams Blok sur Bruxelles, l'alliance Front National-Agir, la multiplication des actions de REF contre les réfugiés, la propagande du Front Nouveau, montrent que les fascistes ne désarment pas. Pire, les partis traditionnels eux-mêmes leur donnent des facilités ! Car malgré la loi sur la dotation financière, la classe politique poursuit son programme de criminalisation des citoyens et des associations ainsi que le renforcement des appareils répressifs, sans compter sur le cynisme, le mépris et le racisme affichés dans le dossier des Sans-papiers.

Il s'agit bien là d'une volonté politique de ne pas résoudre les inégalités sociales, de ne pas remettre en cause les fondements du sacro-saint marché et de poursuivre les violations des Droits humains. Il s'agit là également du terreau sur lequel pousse le fascisme !

Du décret Suykerbuyck au projet de loi légalisant les perquisitions chez les chômeurs, de l'article 324 bis à la police unique de fait, des facilités offertes aux fraudeurs fiscaux à la chasse aux journalistes d'investigation, des affaires étouffées aux "petits avions d'affaire" pour expulser les réfugiés, les thèmes ne manquent pas pour réjouir les fascistes.

Dès lors, le combat doit se mener sur tous les fronts. De la lutte antifasciste à la contestation systématique des mesures antidémocratiques et à la dénonciation des processus économiques qui produisent la misère.

C'est dans cette perspective que se situe le Cercle Carlo Levi à Liège.

99, année (anti)électorale

Comme vous le savez, le Carlo offre son infrastructure à divers collectifs de lutte : Chômeur, pas chien !, Front Antifasciste, Groupe de refus de l'article 342/324 bis, etc. Sans compter notre présence dans toute une série de manifestations (1er Mai, 8 Mai, manifestations contre les centres fermés, etc.). Par conséquent, cette année sera propice au renforcement de ces luttes. Car, pour nous, l'enjeu ne se situe pas dans l'urne mais bien dans les luttes réelles, dans la prise en charge de ces luttes par les citoyens eux-mêmes, dans la constitution d'un réseau de collectifs couvrant tous les terrains possibles, dans la mise en place d'un contre-pouvoir capable de créer un rapport de force tendant à renverser l'idéologie dominante.

Nous n'avons pas la prétention de remplacer les partis défaillants, ni de prendre la "tête" d'un mouvement "d'avant-garde". Simplement d'être un lieu parmi de nombreux autres où les citoyens peuvent réhabiliter la politique au sens étymologique du terme, d'être un nud de rencontres et d'expériences, d'être un espace de liberté autant que faire se peut. Si des expériences naissent chez nous avant de s'envoler vers d'autres espaces, tant mieux ! Si quelques groupes ou collectifs se réunissent quelques mois avant de rejoindre d'autres terrains, pourquoi pas ?

Il s'agit, avant tout, de produire sans cesse de la contestation, de concrétiser nos réflexions, de confronter les luttes et d'en tirer le meilleur afin de contribuer modestement mais réellement au mouvement des citoyens qui ne peut que s'amplifier. Car c'est une nécessité !

99, année électorale (et anti-étatique)

Un des aspects de ces luttes et de ces réflexions est la meilleure connaissance possible de l'adversaire. Ou des adversaires... L'État par exemple. Qui est-il vraiment, à quoi et à qui sert-il ? Quelle est son évolution face à la "crise" ? Quel est son rôle dans la mondialisation ? Autant de questions soulevées au jour le jour qui méritent que l'on s'y attarde.

En effet, le désengagement de l'État dans la gestion économique, le transfert des compétences vers l'Europe, le renforcement des mesures de type répressif en matière sociale, la systématisation des moyens de contrôle (carte de sécurité sociale, perquisitions des chômeurs, contrats de sécurité, etc.) indiquent déjà une évolution de l'État vers un rôle précis : celui d'appareil répressif au profit du Capital.

Mais comment et pourquoi ? C'est la question que s'est posée le Groupe de refus de l'article 3421-24 bis, le samedi 27 février dernier en organisant une après-midi de réflexion sur l'État et l'appareil répressif...

! La place de l'État belge dans l'Europe, sa nature et le développement de l'appareil répressif sera l'axe central de cette réflexion.

! La réforme de la Justice : confusion des pouvoirs, justice à plusieurs vitesses, dite de classe, disqualification de l'indépendance des juges, contrôle des enquêtes hors des parquets, autant de réalités qu'il importe de comprendre.

! La réforme des polices : proactivité, techniques spéciales d'enquêtes, manipulations de la gendarmerie, centralisation de l'information, uniformisation des techniques de communication et d'informatique, fichage des opposants et missions "sociales" des services secrets. 1984 ?

! La politique envers les étrangers : centres fermés, expulsions, avions d'affaire pour déportés, double peine, racisme institutionnalisé : un exemple de discrimination et de criminalisation des citoyens.

Cette journée donnera lieu à la publication des actes des débats. Il importe, pour le Groupe de refus comme pour le Carlo, de poser une analyse critique du rôle de l'État afin de mieux le combattre ; mais aussi de donner les armes de la mise en perspective pour tous ceux qui luttent dans les différents Collectifs.

Georges
extrait du Bulletin du

Cercle Carlo Lévi

48 rue St-Léonard, 4000 Liège
.


 

Libertaire Anarchiste Anarchisme Franc-Maconnerie

franc-maconnerie anarchisme http://pagesperso-orange.fr/libertaire/campion.html


franc-maconnerie anarchisme