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les Collectifs
contre les expulsions

À la mort de Sémira, le gouvernement et son ministre de l'Intérieur promettaient des mesures d'humanisation de loi sur les étrangers, de transparence de ses procédures, de souplesse dans les décisions sur les demandes d'asile et de régularisation, de respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine.

Ce chur de plus jamais ça s'est révélé n'être dans les faits que de confortables déclarations d'intention.

En quatre mois, le dispositif sécuritaire a été considérablement durci : renforcement des effectifs de gendarmerie à l'aéroport, maltraitances et tabassages dans les centres fermés, arrestation et incarcération de sans papiers, poursuite des expulsions, travaux drastiques de sécurité supplémentaire au centre fermé de Steenokkerzeel (pour 20 millions de francs), répression accrue envers ceux qui s'opposent à cette politique et à ces pratiques...

Aujourd'hui, un mur de fer est élevé autour du centre fermé de Steenokkerzeel, la Commission d'évaluation des expulsions recommande l'affrètement d'avions privés pour ceux qui s'opposent à leur déportation. Incitation à la lâcheté, tranquille. Ce que nous ne pouvons faire humainement nous ne le ferons plus devant vous. La terreur s'opérera en huis-clos, invisible donc inexistante.

L'humiliation et la violence des centres fermés, des expulsions, de la clandestinité forcée, commises sous nos yeux ou non, au limites de nos villes ou au fond de nos jardins, nous empêchera de vivre innocemment, impunément, si nous ne saisissons pas toute occasion d'agir pour protéger ceux qui sont menacés, toute occasion pour résister.

C'est dans ce sens que le Collectif contre les expulsions agit, en révolte contre une loi qui porte atteinte à la dignité humaine.

On nous accuse de violence : nous sommes surveillés, mis sur écoute, perquisitionnés, arrêtés avant même d'arriver sur le lieu prévu pour une manifestation, inculpés de destruction de matériel, de rébellion armée (!), nous faisons l'objet d'un courrier où le ministre de la justice enjoint au Procureur Général de Liège, Mme Thily, d'agir envers certains "activistes" du Collectif (la magistrature ne serait-elle plus indépendante?), accusés d'avoir provoqué la mort de Sémira Adamu...

Cette violence qu'on nous impute, c'est celle que le ministère de l'intérieur, l'Office des étrangers et leurs exécutants - gendarmes, fonctionnaires, gardiens des centres fermés...- avec la complicité de la Sabena, font subir quotidiennement aux personnes qu'elles traquent, enferment, expulsent et à ceux qui luttent à leurs côtés pour le respect de leurs droits.

Cette violence, nous la récusons et ne l'avons jamais utilisée.

Nous avons choisi de ne pas être du camp de la force et du mépris.

Nous avons choisi d'être du côté de la puissance, de la solidarité comme acte fondamental de liberté et de dignité.

Ceux qui disent que nos actions provoquent la révolte des détenus et des expulsés et qui nous en imputent les conséquences font preuve envers eux du plus parfait mépris. Peut-être même s'étonnent-ils sincèrement : ces victimes terrorisées, ces simples numéros de la sûreté publique, ces ordres de quitter le territoire sont donc des êtres agissant et pensant, capables, aussi, de se révolter contre l'inacceptable !

Nous n'avons rien provoqué. Nous avons simplement établi une relation humaine, sans dolorisme, ni pitié, une relation égalitaire.

En cela, nous sommes "illégaux", oui. Parce que quand la loi tue Sémira sous un coussin, tue le bébé que porte Blandine sous les coups de gendarmes, enferme Hiéna - 60 ans - pendant six mois avant qu'épuisée, elle ne se résigne et monte dans l'avion, tabasse Frank qui refuse sa déportation, refuse à Charlotte violée par les militaires de son pays le droit d'asile, donne à des enfants les barbelés comme première image du monde, permet à des enseignants au chômage de croire qu'ils font un boulot normal en étant gardiens de camps de détention pour étrangers, construit une société sur l'exclusion et la mise sous silence des plus faibles au nom du "bien public", cette loi est ignoble.

Oui, nous lui désobéissons. Mais nous n'utilisons pas ses moyens : ils nous dégoûtent.

Les solutions totalitaires peuvent fort bien survivre à la chute des régimes totalitaires sous la forme de tentations fortes qui surgiront chaque fois qu'il semblera impossible de soulager la misère politique, sociale et économique d'une manière qui soit digne de l'homme (Hannah Arendt).
 

Collectif contre les expulsions
 



Pour en savoir +

Centre Social de Bruxelles


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