alternative libertaire 215

Fédération Anarchiste

Services publics

Libertaire, Égalitaire, Fraternitaire !

Transports, santé, logement, éducation, culture, système bancaire... Malgré le bourrage de crâne libéral, la notion de service public (parce qu'elle est porteuse d'égalité sociale), est au cur des luttes qui secouent la France, de novembre-décembre 1995 aux lycéens de 1998. Les discussions (théoriques) ne nous intéressent que si elles trouvent une concrétisation dans des pratiques libertaires, et justement pour la très grande majorité des citoyens, le service aux publics c'est l'égalité économique et l'entraide sociale au quotidien.

Qu'est-ce qu'un service public ? La différence - pour nous - entre la notion d'État et de service public est fondamentale. Entreprises nationalisées, administrations d'État, entreprises privées, etc., ce n'est pas la qualité du "propriétaire" qui nous importe (capitaux privés ou d'État), mais bien la fonction d'utilité sociale pour la population qui est déterminante (dans le cadre d'une société libertaire ou non). Ainsi, si nous combattons la privatisation ou l'introduction du capitalisme dans le secteur public, nous ne menons pas pour autant une campagne pour la re-nationalisation de ces services. Nous prônons la socialisation des moyens de production, donc du secteur public. Par privatisation, nous n'entendons pas uniquement changement de propriétaire. Un service peut toujours être détenu par l'État (ou une collectivité locale) et se donner comme objectif de fonctionner selon les critères d'une entreprise privée : faire des profits, c'est-à-dire mettre en avant la rentabilité financière sous couvert de modernisation. Ce n'est plus un cas d'école, mais la réalité. Dans une civilisation qui se dit évoluée, les services aux publics sont un droit inaliénable, donc : non marchand, d'accès libre, universel, ils garantissent l'égalité des citoyen(ne)s et sont facteurs d'entraide sociale. Ils touchent toutes les activités indispensables à la vie en société : l'éducation, le logement, la santé, les transports, l'accès aux communications. De nouveaux champs sont aussi en train d'apparaître : la gestion de la ville (au sens large), des ressources naturelles, la distribution alimentaire, de l'énergie, etc.

L'égalité c'est la gratuité. À la question, quelle serait la revendication immédiate qui permettrait de donner (voire de re-donner) un sens libertaire au service public ? La réponse est rapide et claire : la gratuité. Les anarchistes le disent depuis le début, il n'y a pas de liberté pour les individus sans égalité. Il n'y a pas non plus d'égalité des droits sans égalité sociale. Or, dans le cadre du système capitaliste, la gratuité est la seule garantie d'égalité sociale. Seulement tout a un coût. Le rôle du service public est donc de socialiser ces coûts au bénéfice de ceux qui ne peuvent payer. À nous d'imposer aux bénéficiaires du capitalisme (les entreprises) qu'ils payent pour tous les usagers.

Question de vocabulaire. Le service public, c'est les transports pour tous, le service aux publics, c'est les transports gratuits pour tous, le service d'utilité sociale, c'est les transports gratuits et au service des usagers, pas des patrons. Derrière les mots, il n'y a pas que des querelles sémantiques. À la libération, le capitalisme avait besoin pour se reconstruire de s'appuyer sur un socle économique fort capable de tirer l'activité des entreprises et de favoriser la reconstruction. Par ailleurs, la pression populaires et les risques d'explosion sociale ont forcé le capitalisme et l'État à lâcher du lest. Aujourd'hui, le rapport de force s'est inversé. Les socialistes "démocrates", autoritaires, marxistes et autres sectes du capitalisme d'État se lamentent sur la disparition progressive de l'État, c'est une erreur. L'État se recentre, il lègue au capitalisme toutes ses activités lucratives qui concurrencent leurs entreprises et se renforce sur toute son activité régalienne (police, armée, justice, réglementation, législatif, etc.). Ce qui est vrai pour les pays dit "riches", l'est encore plus pour les pays dits "sous-développés" où ce sont les services publics qui disparaissent, mais ni l'armée, ni la police. Ce qui est remis en cause c'est le service public, parce qu'il est garant d'une certaine égalité sociale. L'État se chargeant de mettre en place une politique humanitaire afin de gommer les injustices les plus visibles et les plus inacceptables par la population. Pour sauver le service aux publics, il faut le débarrasser des politiciens (de l'État) et de la logique de rentabilité financière, donc du capitalisme. Sous prétexte de modernisation, les dirigeants des services publics tentent des opérations marketings vers les clients-usagers. Ils parlent d'écoute du client mais ne prennent en compte que les consommateurs rentables. Le fait de transformer les usagers en clients n'est pas une simple clause de style, elle permet d'imposer la rentabilité financière, elle favorise nettement les entreprises, fait payer le citoyen et impose aux salariés une remise en cause des conditions de travail.

Notre projet est de mettre le citoyen au centre des préoccupations du secteur public afin de définir son action en fonction de nos besoins et non de ceux du capitalisme ou de l'État.

Fédération Anarchiste

145 rue Amelot, 75011 Paris



 

Libertaire Anarchiste Anarchisme Franc-Maconnerie

franc-maconnerie anarchisme http://pagesperso-orange.fr/libertaire/campion.html


franc-maconnerie anarchisme