alternative libertaire 216

Soyons concrets

Réponses à deux questions simples.

1. Est-il normal d'accorder 30.000fb par mois
à un chômeur chef de ménage et 66.600fb
à un exploitant agricole nanti ?

2. À qui profite la politique drastique
de refus de régularisation des sans-papiers ?

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Chômeur, t'es pas tout seul !

Sus à ce pelé, ce galeux, ce parasite qui profite honteusement du travail des honnêtes gens qui, eux, ont le courage d'aller tous les matins au boulot, au lieu de fainéanter dans leur lit douillet.

Grâce aux services répressifs de l'ONEM, la Société viendra bien à bout de tous ces profiteurs du régime...

Ce discours est bien souvent tenu par bon nombre d'agriculteurs, qui dans la logique divine gagnent leur pain à la sueur de leur front. Les chiffres qui suivent pourront peut-être ramener ces biens pensants à plus de solidarité.

Prenons pour exemple un cultivateur qui n'élève aucune bête, est propriétaire et exploite 80 hectares de terres.

Cultures                                                  Bénéfice brut

Froment                      24 Ha                  600.000 fb

Escourgeon                   6 Ha                   120.000 fb

Betterave                   14 Ha                    1.500.000 fb

Lin                               15 Ha                    550.000 fb

Maïs                            13 Ha                    260.000 fb

Pomme de terre          5 Ha                    750.000 fb

Terres gelées             3 Ha                    3.780.000 fb

Ce gagne-petit qui a suivi les conseils du ministère de l'Agriculture a fait grimper le rendement de son froment de 5 tonnes à l'hectare à 8 tonnes. Ceci à grand renfort d'engrais, et de produits phytopharmaceutiques qui non seulement empoisonnent leur production, mais également les nappes aquifères. Eu égard à la notion d'offre et de demande propre au régime capitaliste, le prix de vente du kilo de froment a baissé, pour passer de 7 à 4 francs.

Au lieu d'avoir 5 tonnes de bon blé qui était vendu 35.000 fb par hectare, voici notre héros qui commercialise son blé infect à 32.000 fb l'hectare. Comme il y a surproduction, on lui demande alors de laisser quelques hectares sans culture, c'est à dire de les laisser en jachère. Dans notre cas, 3 hectares seront gelés.

En compensation, la Politique Agricole Commune lui accorde une prime (rassurez-vous, ce n'est pas une indemnité) annuelle de 800.000 fb.

Il est aberrant de constater que notre civilisation qui accorde 30.000 fb par mois à un chef de ménage sans emploi, pour lui permettre d'essayer de survivre, en accorde 66.600 fb à un exploitant agricole nanti, qui a toujours profité du système au maximum.

Notre exemple s'est limité à ce que l'on appelle une exploitation familiale. Cette prime s'applique également au céréalier qui possède 1.000 hectares. Imaginez le chiffre... Ces sommes sont versées sans la moindre publicité, qui pourrait humilier les bénéficiaires en les ramenant au rang d'allocataires sociaux.

Chômeur, pas veau !
 
 

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Hold-up quotidien
de la Mafia pakistanaise du pétrole

Si le pouvoir fait toujours preuve de xénophobie à l'égard des hommes et des femmes qui viennent demander asile, sans pouvoir promettre un avantage en contrepartie, on constate que dès qu'il s'agit d'exploiter, de profiter, d'utiliser, les grands décideurs sont moins circonspects, et ouvrent plus facilement les frontières aux gangsters qu'à Sémira.

Début 1991 Hasan SYED décide d'exploiter des stations services dans le Hainaut.

On le retrouve ainsi à Soignies, Mons, Fayt-lez-Manage, Marcinelle, Jumet, Mont sur Marchienne, Gilly, Blaregnies, Tertre, Lens, Châtelet, Courcelles, Baudour, Quaregnon, Boussu, Thulin, Havay.

Pendant ce temps des stations identiques apparaissent à Bruxelles, exploitées par le groupe KHAN.

Les gérants des points de vente sont des travailleurs pakistanais auxquels on a fait miroiter un bel avenir dans un pays de cocagne. Dès leur arrivée en Belgique ils épousent fictivement des femmes de nationalité belge, et obtiennent leur naturalisation, au bout de six mois. Ils peuvent s'inscrire auprès des services du Registre de Commerce sous le couvert d'une activité choisie au hasard (bien souvent exploitant forestier). Cette immatriculation leur permet alors d'obtenir un numéro de TVA.

Ils sont prêts à fonctionner, inconscients de leur statut réel et de leurs obligations vis-à-vis du fisc, et des lois sociales.

En décembre 1992, le juge Van Espen ordonne la pose de scellés sur les stations pakistanaises.

Quinze jours plus tard, sans la moindre poursuite d'enquête, l'interdiction de vendre des carburants est levée.

Les diverses Inspections Sociales commencent alors une série d'enquêtes, afin de prouver qu'il s'agit en réalité de faux indépendants, dont le statut permet à leur employeur d'échapper à l'ONSS, et d'éviter de devoir faire face à certaines contraintes administratives, et financières. Il n'est pas difficile d'établir, preuves à l'appui, l'illégalité des agissements des SYED et KHAN.

Des Pro-Justicias seront établis, mais classés sans suite par le Tribunal du Travail.

Les gérants, qui vivent dans des conditions de misère, sont censés percevoir 0,50 fb par litre de carburant vendu, et sont astreints à des horaires dignes du Moyen-âge. On constate que les deux patrons vendent leurs produits 0,40 fb plus cher par litre, qu'ils ne les achètent, ce qui débouche sur une perte brute de 0,10 fb. On comprend déjà mal le but commercial de cette activité.

Dès qu'un employé est trop connu dans sa région, il est envoyé dans une autre station. Certains qui deviennent trop bavards disparaissent définitivement. SYED et KHAN utilisent les services musclés d'hommes de main, afin de faire respecter leur loi.

En 1998, le pot aux roses est découvert. Le groupe SYED KHAN a mis sur pied un gigantesque carrousel à la TVA. Après avoir créé quelques Sociétés dans lesquelles ils apparaissent ou font apparaître des hommes de paille, ils les mettent en stand by, dans toutefois les liquider. Bien que ces Sociétés écrans ne déclarent plus aucune activité, et de ce fait ne versent plus aucune TVA, elles achètent du carburant en Hollande. Étant donné qu'elles possèdent toujours un numéro de TVA activé, le grossiste hollandais le leur vend hors taxes. La marchandise pénètre en Belgique à leurs noms, mais en réalité, va directement dans les cuves exploitées par SYED et KHAN. Ces derniers justifient leurs achats par des factures établies à l'entête des Sociétés écrans. Bien que celles-ci n'aient versé aucune TVA, SYED et KHAN la récupèrent dans les caisses du Ministère des Finances. Le stratagème est tellement grossier (un seul intermédiaire, les noms de SYED et de KHAN figurent dans les Sociétés chargées de l'importation), qu'il éclate au grand jour, sans que les contrevenants ne soient inquiétés.

Eu égard à l'importance de la TVA par rapport au coût réel du carburant, et au chiffre d'affaires on prouve une fraude annuelle de 5.000.000 fb par station.

Mais je vous rassure, l'histoire ne s'arrête pas là. Vous pouvez toujours acheter du carburant aux pompes SYED ou KHAN. Elles continuent de fonctionner. Les travailleurs pakistanais, mais belges par mariage dorment toujours sur d'horribles paillasses, après avoir travaillé douze heures par jour. Quant aux organisateurs, SYED et KHAN, ils braquent toujours quotidiennement les caisses de la collectivité, avec la bénédiction du pouvoir.

Il est évident que de tels agissements qui durent au vu et au su de tout le monde, depuis huit ans ne sont possibles qu'avec des complicités au niveau de la Magistrature et de l'Administration.

Si nous voulons rétablir l'égalité sociale dans notre pays, nous devons veiller à l'application rigoureuse d'un Impôt Direct et Progressif.

Cerise

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