ACTION
DES COLLECTIFS AUTONOMES DE CHÔMEURS

Entartons
la Ministre
qui nous prend
pour des cons !

Ce 8 mars, journée internationale des femmes
était l'occasion pour la Ministre du Chômage,
de l'Exclusion et de l'Inégalité des chances,
Miet Smet de remettre le prix Marie-Claire
de la femme de l'entreprise de l'année.
Et donc aussi pour nous, chômeuses et chômeurs,
de manifester notre colère quant à la politique
d'exclusion que mène son gouvernement...

Lieu de l'action : Hôtel Astoria, rue Royale, Bruxelles peu après 20 heures. Groupe d'intervention : 50 personnes membres actifs et solidaires des Collectif Autonome de Chômeurs (CACH) de Bruxelles et Chômeurs, pas chiens ! de Liège.

Déroulement de l'action

C'est en chantant et en ordre de grandeur, que les cinq contrôleuses zélées de l'ONEm sont venues dire à la Ministre du Chômage, de l'Exclusion et de l'Inégalité des chances qu'elles méritaient elles aussi une récompense pour bons et loyaux services. Entrées par la grande porte jusqu'à la luxueuse salle des fêtes de l'hôtel Astoria de Bruxelles, une salle bondée - que du beau monde endimanché -, les cinq "Miss", chignon strict, vétue sobrement - comme il sied à leur fonction - une brosse à dent : dans le chignon, le nœud pap, ou en pochette, arborant fièrement leur bandeau jaune de Miss : Miss Exclusion, Miss Perquisition, Miss Sanction, Miss Radiation, entonnaient en cœur ce refrain...

Ave Madame la Ministre
Nous sommes vos collaboratrices
Nous sommes les Miss Exclusions
Qui adorons notre mission
Nous avons exclu plus d'chômeurs
Que nos collègues les inspecteurs
Et nous espérons de tout cœur
Une récompense pour notre ardeur
Nous savons que vous estimerez
Nos chiffres d'exclusions élevés
Et que vous remettrez à vos fées
Une médaille bien méritée

La Ministre Miet Smet venait tout juste de remettre le prix Marie-Claire et était alors assise au premier rang dans la salle. Les entarteurs suivaient de près nos cinq "Miss" qui montèrent sur l'estrade devant les lauréates. La première tarte fut portée par une chômeuse en colère et très rapidement une nuée de crème fouettée se répandit sur et autour de la Ministre. Les chômeuses et chômeurs ont alors lancé leur cri de guerre : Qui sème la misère, récolte la colère. La Ministre s'est alors enfuie par la porte de secours toute proche. L'action accomplie, le groupe est sorti calmement, comme il était entré, par la grande porte.

Revendications

Un tract a été distribué au moment de l'action dont voici le contenu...

Chômeuses et chômeurs en colère !!!

Il y a trois sortes de chômeurs, prétend notre ministre, les fraudeurs, les chômeurs en difficulté - les femmes seules avec enfant - et les innocents, ceux qui cherchent vraiment du travail et n'en trouvent pas. Miet Smet, quelle femme tu fais ! Quelle Mme Tatcher tu nous joues, quelle entreprise tu mènes, femme pressée, militante quotidienne de l'inhumanité... Tandis que tu pavoises dans des galas écœurants, que tu distribues des trophées aux gagnantes de ce monde, à celles qui comme toi ont choisi la rentabilité, la compétition, la réussite (a)sociale à tout prix et le fric comme seule valeur, les femmes sont en premières ligne face à la politique d'exclusion que tu mènes : à elles les demi-salaires, les temps partiels, les boulots de domestiques en ALE pour 150 fb de l'heure.

Ainsi vous travaillez activement au maintien et au renforcement des privilèges des dominants. Votre compte en banque se porte à merveille tandis que le nombre de chômeuses et de chômeurs augmente. Vous nous offrez comme seul butin des lois répressives, le viol de nos vies privées, le contrôle de nos temps de vie, des formations bidons qui ressemblent à des lavages de cerveaux, la destruction de la sécurité sociale, des travaux à temps partiel où les femmes restent largement les premières victimes de l'oppression salariale.

La logique du marché et ses dogmes (la précarisation et l'appauvrissement du plus grand nombre et des femmes en premier lieu) voudraient nous faire porter le poids d'une "crise" abstraite alors que si crise il y a, elle dépend directement d'inégalités strictement entretenues dans la répartition des richesses.

Nous nous opposons à cette logique de mise en concurrence et de broyage de toutes les formes de solidarité collective qui met en péril vos privilèges, s'exerce du nord au sud, entre les peuples, entre les travailleurs avec ou sans contrat fixe, contre les chômeurs "armée de réserve" du patronat.

Cette manière de faire s'exprime donc aux différents échelons, de ce que vous appelez mondialisation de l'économie. Elle se répercute comme un écho de la commission européenne à l'office gérant le stock d'unités superflues : il faut adapter des mesures pour inciter les chômeurs à travailler par des contrôles administratifs et par la pression sociale nous dit la première (Commission européenne 25 février99) et il faut créer un climat qui décourage l'usage impropre répond la seconde (rapport annuel de l'ONEm 1997).

Bref, l'ombre de la main répressive de l'ONEm plane sur nous, guettant nos moindre pas en marge. Les sans-emploi sont des individus contrôlés, sous surveillance. Aie le malheur de faire l'amour avec un homme/femme dans ton lit, d'accueillir un ami alors que tu es déclaré isolé, et tu verras comment la main peut frapper !

Aie l'idée de produire un travail matériel ou immatériel, de créer, de penser, un autre monde possible que celui de la culpabilisation et de l'assistanat du chômeur et tu verras la main de l'ONEm, partie intégrante de la pensée unique, te retirer tout ce que tu pouvais espérer devant les yeux vitreux des syndicats qui participent à l'étouffement des cris de leurs affiliés.

C'est contre cet état de chose, contre les exclusions de chômeurs et toutes les autres formes de discriminations économiques,

Pour un droit, celui de la liberté de disposer de son temps, son corps, et de sa pensée. Pensons le chômeur non pas comme un raté, un perdant, un parasite, ou une simple unité statistique mais comme producteur de richesse et de savoir.

C'est pour le droit à la vie, dans des conditions normales et le partage des richesses que nous répondons en ce jour d'anniversaire par l'absurde et la bouffonnerie, mais sachez - le bien, votre politique ne nous fait pas rire.

Corine Barella


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