EN MOUVEMENT CONTRE LES EXPULSIONS

 

Les Femmes en Noir

appellent à manifester
pour une véritable
politique d'accueil
et d'asile !

Qui sont-elles ?

Les Femmes en Noir constituent un réseau international informel où des femmes s'engagent à titre individuel, unies par des idéaux de pacifisme, de féminisme et de multiculturalisme. Elles contestent leur propre gouvernement lorsqu'il mène, soi-disant au nom de la "communauté toute entière", des politiques destructrices et meurtrières.

Rappelons-nous : les Folles de Mai qui ont tourné pendant des mois sur la grand-place de Buenos-Aires pour réclamer des nouvelles de leurs enfants disparus, les Femmes en Noir israéliennes qui ont manifesté pour que cesse l'occupation des territoires et tissé des liens d'amitié avec des femmes palestiniennes, les Femmes en Noir de Belgrade qui, malgré les risques, ont mis en cause leur gouvernement, protestant chaque mercredi contre la guerre, contre le viol dans la guerre, contre le nationalisme et contre la purification ethnique tout en renforçant le réseau de solidarité avec les femmes de Croatie, de Bosnie, de Slovénie, du Kosovo, du Monténégro...

En Belgique, le mouvement des Femmes en Noir est né le 11 novembre 1993, Journée nationale des Femmes, en solidarité avec les Femmes en Noir de Belgrade. Les Femmes en Noir - Belgique ont manifesté pendant plusieurs mois dans plusieurs villes du pays et à Bruxelles, ensemble, le 8 mars 1994 et 1995, Journée Internationale des femmes, contre les violences et la politique européenne en ex-Yougoslavie.

Les Femmes en Noir

sont à nouveau dans la rue

Si vous êtes passé(e) place de la Monnaie un de ces derniers mardis entre 12h.30 et 13h.30, vous n'avez pas pu manquer de voir des Femmes en Noir tenant des calicots et distribuant des tracts expliquant leur action. Jusqu'à la première manifestation en tant que Femmes en Noir, nous avons, comme toutes les personnes indignées par la politique belge à l'égard des personnes demandeuses d'asile, participé aux manifestations de protestation contre leur exclusion et leur expulsion et apporté notre soutien aux mouvements des sans-papiers ; mais, alertées par des femmes du Collectif contre les expulsions de la situation particulièrement critiques des femmes dans les centres fermés, nous nous sommes réunies et avons décidé de mener une action spécifique.

Ainsi, depuis le 22 décembre, des Femmes en Noir manifestent à la fois pour exprimer leur opposition à la politique belge et européenne en matière d'accueil, pour dénoncer la violence et l'hypocrisie des autorités envers les demandeurs d'asile, mais aussi pour souligner l'absence de réflexion et de prise de position, même dans les groupes de pression, concernant les problématiques qui touchent plus particulièrement les femmes demandeuses d'asile.

Pourtant, direz-vous, la violence des (certains) gendarmes envers les femmes, celle qui a provoqué la mort de Semira Adamu, la fausse couche de Blandine Kaniki et aujourd'hui la terreur de Fatimata Mohamed, a été largement médiatisée. Oui, c'est vrai, la violence envers les femmes dans les centres fermés et lors des expulsions a été dénoncée dans tous les médias.

Par contre, la dimension collective de la violence spécifique faite aux femmes dans les pays qu'elles fuient, le caractère politique de cette violence dont le but est de maintenir, quelle qu'en soit la forme, la domination des hommes sur les femmes, n'a pas été reconnue et certainement pas reconnue comme donnant droit au statut de réfugiées politiques ou, même, tout simplement, de réfugiées.

Ainsi il peut encore paraître aberrant actuellement, dans notre pays, que des femmes demandent l'asile politique pour échapper aux mariages forcés, pour empêcher l'excision de leurs filles, pour fuir la misère dans laquelle les plonge la répudiation, pour échapper à la violence conjugale, tous actes encore légitimes dans certains pays.

Sans parler des actes illégitimes...

En plein paradoxe...

Je vais tenter d'exprimer (à vous, mais aussi à moi-même) ma double position en ce qui concerne les personnes demandeuses d'asile.

D'une part, je ne fais pas (trop 1) de hiérarchie quant aux raisons (politiques, économiques, sociales...) qui conduisent les hommes et les femmes qui n'ont commis aucun délit à venir chercher asile chez nous, et d'autre part (ou plutôt en même temps) j'estime qu'il est de mon devoir de dénoncer (parce que je sais qu'elles existent) les raisons spécifiques (toutes de l'ordre de la violence dont, indépendamment des violences légales sus-citées, le viol de guerre, la prostitution forcée, la traite des êtres humains, le travail domestique clandestin...) qui sont (souvent) à l'origine de la demande d'asile des femmes. Or, plutôt que de protéger ces femmes, notre gouvernement les expulse ou, hypocritement, les renvoie à la clandestinité et nous ne savons que trop bien (notre gouvernement aussi !) le sort qui leur y est réservé...
 

Fanny Filosof

Les femmes en noir

c/o Bérangère Claessens
29 rue Blanche - 1050 Bruxelles
Téléphone 02/538.47.73
Télécopie 02/539.10.38


Libertaire Anarchiste Anarchisme Franc-Maconnerie

franc-maconnerie anarchisme http://pagesperso-orange.fr/libertaire/campion.html


franc-maconnerie anarchisme