MESSAGE URBAIN

Les va-nu-pieds

Depuis peu, des affiches signées
Des va-nu-pieds
apparaissent sur les murs bruxellois.
Florilège.

Les fascistes ont perdu la guerre
mais le fascisme a gagné!

Aujourd'hui, L'État démocratique tentaculaire se donne tout les moyens du fascisme, sinon davantage, par un système qui rend chacun de plus en plus dépendant.

L'unification va au-delà de celle effectuée sous la terreur fasciste, mais le fascisme en tant que mouvement spécifique à disparu. La machine démocratique n'a donc pas évité le fascisme car elle n'a plus besoin d'unifier par la terreur son capital: la servitude est devenue volontaire.

Il n'existe pas de choix social réel auquel nous pourrions être conviés: la démocratie n'est pas la dictature mais la prépare et s'y prépare - et ce avec l'aide de tous ses partis.

L'essence de l'anti-fascisme consiste à résister au fascisme en défendant la démocratie c'est-à-dire non plus à lutter contre le capitalisme mais à exercer sur lui une pression suffisante pour qu'il renonce à se faire totalitaire. Il s'agit de laisser à la particratie fantoche une apparence de légitimité. Alors que le socialisme véritable est une organisation de la société gérée par les gens eux-même, le capitalisme démocratique, que nous vivons tous, est une fascisation croissante et sur-intégrée via Nike and Co.

Réduite ainsi à une résistance antifasciste, la critique sociale se voit sommée de rallier la totalité de ce qu'elle attaquait auparavant et d'abandonner ni plus ni moins cette "vieillerie" : la révolution. Que l'antifascisme renonce à elle, c'est évident. Mais il échoue là où son "réalisme" prétend à l'efficacité : prévenir la possible mutation dictatoriale de la société.

La démocratie est une étape de la prise du pouvoir du capital et son extension en parachève la domination en accentuant l'isolement des individus. Remède à la séparation entre homme et communauté, entre activité humaine et société, elle ne pourra jamais résoudre le problème d'une société de plus en plus dissociée de sa propre l'histoire. Forme creuse impuissante à modifier son contenu, elle n'est qu'une partie du problème dont elle se dit la solution. Chaque fois qu'elle palie les contradictions marchandes, c'est en resserrant les mailles du filet étatiques tendu sur les rapports sociaux.

Même au niveau de résignation désespérée où ils se placent, les antifascistes pour être crédibles devraient nous expliquer en quoi une vie démocratique locale est compatible avec la colonisation marchande qui vide nos lieux de rencontre en même temps qu'elle remplit sa galerie ; ou comment un État omniprésent dont on attend tout, protection et assistance, véritable machine à produire du bien social ne fera pas le mal le jour où des contradictions explosives exigeront de remettre de l'ordre.

Le fascisme est adulation du monstre étatique, l'anti-fascisme sa plus subtile apologie.

Combattre pour un État démocratique, c'est inévitablement consolider l'État, et loin de museler le totalitarisme, aiguiser les griffes qu'il projette sur la société.

Des Va-nu-pieds
à l'intérieur des barreaux
Cur de verre...
Âme en béton...

En l'espace de quelques années, les problèmes de l'urbanisme, de l'architecture et de l'aménagement du territoire contemporain ont été balayés. Nos "eurocrates" imaginèrent des formes nouvelles, ils pressentirent les techniques de soumission architecturale qui sont celles d'aujourd'hui et sûrement de demain, et firent par là preuve qu'une nouvelle façon de vivre la ville ne naît surtout pas de l'expérience, de l'esprit inventif de ses auteurs, ni du développement de la technique mais avant tout de l'économie spéculative marchande.

Unique et froide. Nos urbano-spécialistes surent donc nous imposer - dans l'indifférence généralisée et la hausse démographique de plus en plus paniquante - que le choix conscient des hommes ne se limitait à plus aucun autre possible. Ils se montrèrent comme la voie ouverte: la mondialisation et son cortège funèbre de ghettos.

Aujourd'hui, suite à toute cette merde, les villes abritent des tribus de population qui ne se côtoient pas : ceux qui errent, ceux qui travaillent, eux qui commandent.

Les privilégiés sont mieux reliés (par téléphone, fax, PC) à leurs semblables des réseaux mégavilles de la planète qu'à leurs propres compatriotes.

Une lourde menace plane sur les villes ! Au nom du dogme de la mondialisation, ce qu'il reste de nos consciences critiques s'est désengagé laissant agir le marché, qui est précisément incapable de gérer le développement humain.

Or, les villes ont l'excellente vertu d'augmenter les tensions. Et c'est d'elles - que ceux qui y habitent tout en refusant cette logique concentrationnaire - que viennent déjà la dissidence et la révolte.

Le temps du monde fini commence!

Des va-nu-pieds
n'y allant pas par quatre chemins
va-nu-pieds-va@lemel.fr

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