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collectif chômeur, pas chien !

Occupation
de l'ONEM à Liège

Avons-nous fait des dégâts ?
Une certaine presse n'a pas manqué de faire état de "sérieux dommages" que nous aurions occasionnés à la noble administration du chômage. Qu'en est-il exactement ?

Avons-nous "cassé du mobilier" ?
Dans le déplacement rapide des armoires de bureau qui nous ont servi à nous barricader, quelques-unes unes ont pris des bosses et certaines serrures ont lâché. Soit. En tant que collectifs de chômeurs sans pognon, nous voulons bien récupérer ce matériel. Il nous sera utile, croyez-le. Nous ne sommes pas subventionné !

Avons-nous "vidé la cantine" ?
Nous avons bu et mangé sur le compte de l'Onem, c'est exact. 16 heures d'occupation, ça creuse ! Nous nous sommes donc rassasiés. Vu le faste des victuailles que nous avons découvert dans les congélateurs, cela a mis un peu de baume sur la frugalité quotidienne de la plupart d'entre nous. Pour la première fois, l'argent de l'Onem aura servi à nourrir des chômeurs, plutôt qu'à leur enlever le pain de la bouche.

Avons-nous couvert les murs de graffitis ?
Exact. Certains d'entre nous se sont laissés aller à exprimer sur les murs des couloirs et des bureaux leur colère, leur ras-le-bol, leurs rêves bafoués.

Cela va-t-il coûter cher à la collectivité ?
Faux. L'Onem, depuis des semaines était en réfection complète. Vendredi 28/05, les ouvriers devaient venir repeindre le 7ème étage. Les graffitis ne leur donneront pas plus de travail et cela ne coûtera pas plus cher que prévu.

Avons-nous laissé les lieux dans l'état "d'une fête de fin d'année, puissance 3" ? (dixit un employé de l'Onem, La Meuse, 29/5/99)
Il y a longtemps que l'Onem n'a plus organisé de fêtes ou de concerts populaires. En quelques heures, à quelques personnes, la cantine pouvait retrouver son état initial de propreté et de rangement. Si nous n'avions pas craint l'intervention musclée des forces de l'ordre durant la matinée, nous aurions pris le temps de tout nettoyer avant de sortir... Mais la visite nocturne de quelques policiers en "tenue de combat" ne nous donnait guère confiance en l'avenir proche.

Y a-t-il eu des dossiers jetés par les fenêtres ?
Aucun dossier n'a subi un tel sort à l'étage que nous occupions. Quelques "Euromarcheurs", venus nous rejoindre durant plus ou moins une heure dans notre espace occupé, auraient, semble-t-il, embarqué quelques documents en nous quittant. En cela, ils enfreignaient les consignes données pour l'organisation de l'action. Ces quelques pièces ont été récupérées par nos amis qui nous soutenaient "du dehors" et ont immédiatement été ramenées dans les bureaux.

Avons-nous dérobé du matériel et saboté les ordinateurs ?
Faux. Par contre, durant toute la soirée, malgré la présence de plusieurs policiers en civil et en uniforme, ainsi que de responsables de l'Onem, en faction au pied du bâtiment, resté totalement éclairé, celui-ci a été plusieurs fois "visité" à l'aise par des personnes extérieures, visibles sans aucun problème, puisque, du 7ème étage, nous distinguions très nettement dans la nuit tombante toutes leurs allées et venues.

La sous-direction de l'Onem (présente sur les lieux) était-elle dépassée ?
La police avait-elle des consignes de "laisser faire ?" S'agissait-il d'une passivité "provocatrice", visant à pouvoir, après coup, nous mettre ces "vols et dommages" sur le dos et salir, par presse interposée, une action politique dérangeante ?

Avons-nous empêché le personnel de travailler et, par là, "handicapé" certains chômeurs dans leur recherche d'emploi ?
Faux. Le Directeur de l'Onem a donné congé à tout le personnel, alors que seul le 7ème étage (en travaux) était occupé et que n'y travaillait plus aucun service de l'Onem. S'agissait-il de réduire au maximum l'impact de notre action auprès du personnel et des chômeurs amenés à se présenter ce jour-là ? D'empêcher tout contact avec eux ? Ou alors de "libérer" le bâtiment pour permettre une intervention des forces de l'Ordre ? En tout cas, notre action n'empêchait nullement les gens de travailler et de délivrer aux chômeurs les documents dont ils avaient besoin.

Au cynisme de ses propos et aux "non-réponses" à nos demandes, Monsieur le Directeur de l'Onem a ajouté la désinformation et la manipulation de l'opinion publique, via une certaine presse.

Les chômeurs apprécieront.
 

Chômeur, pas Chien ! (Liège)
Collectif Autonome de Chômeurs (Bruxelles)
... et plusieurs autres chômeurs en colère


LE SOMMAIRE DU NUMÉRO 219

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