Alternative Libertaire

À propos de l'Affaire Delphine

Un des aspects intéressants de L'affaire Delphine est l'attitude embarrassée des médias, qui connaissaient depuis longtemps l'existence de la fille naturelle d'Albert II. L'information avait été publiée dès février 1997 par la feuille satirique Père Ubu. Elle n'était pas passée inaperçue des rédactions, mais il y eut des consignes et la presse dite "sérieuse" se tut.

Dans un véritable "remake" du conte d'Andersen Le roi est nu, il a fallu qu'un gamin de 18 ans perce enfin le mur du silence. Accusé de tous les crimes (vouloir la séparation de la Belgique, ne pas être un historien professionnel...), le jeune homme se défend bien : Je n'y peux rien si des journalistes frustrés se servent de moi comme alibi pour écrire enfin ce qu'ils savent depuis longtemps (Mario Danneels, De Morgen, 23/10/99). Il en veut pour preuve que dès l'annonce de la révélation sur la fille naturelle d'Albert, la plupart des journaux avaient un dossier prêt. Comment les journalistes auraient-ils fait pour localiser si rapidement cette inconnue et détailler son curriculum et sa généalogie ? Certains ont même trouvé le site internet de la jeune femme, alors que son nom ne se trouve pas dans le livre de Mario Danneels. Tout cela montre que les rédactions étaient déjà au courant, mais que personne n'osait parler.

Il est glaçant de constater aujourd'hui que les principaux organes de presse francophones semblent avoir décidé de colmater la brèche dans le mur du silence. Ainsi, Le Soir annonce crânement : Après une consultation interne et une consultation de certains de ses confrères de l'audiovisuel, Le Soir a décidé de ne pas dévoiler - et il s'en tiendra à cela - ce qu'il sait désormais, comme d'autres, sur la jeune femme présentée comme la fille du Roi (Le Soir, 22/10/99). La presse dominante semble donc fière de troquer sa fonction de diffusion de l'information contre celle de rétention de l'information. Comment dire plus clairement que la presse subsidiée préfère cracher sur l'info (et par conséquent sur ses lecteurs) que cracher dans la soupe... Dès le 23 octobre on peut constater que la rédaction du Soir, de La Libre Belgique et de la RTBF n'accordent plus un mot à l'affaire.

Pourquoi est-il important que cette information - futile en elle-même - circule librement ?1. Parce que nous sommes des adultes, citoyens d'une démocratie, et non des sujets qu'on endort avec des contes de fées. Si le mariage du Prince Philippe mérite une couverture nationale, n'en va-t-il pas de même pour les aspects moins roses de la vie conjugale du Palais ? 2. Parce que "l'inviolabilité" (impunité) de la personne royale suppose aussi une responsabilité plus grande, dont celle de ne pas tenir un double langage en prônant des vertus que l'on bafoue soi-même. Comme l'écrivait très justement Luc Delfosse (Le Soir 21/10/99 - avant le nouveau blocus) : Il y a sans doute une rupture entre l'autorité morale qu'entend incarner le chef de l'État et son comportement. Songeons à l'insolente leçon de vertu imposée par "l'interruption volontaire de royauté" du roi Baudouin lors du vote de la loi sur l'avortement. Il est d'ailleurs amusant de noter que - selon des sources bien informées - c'est le roi Baudouin qui a prié Sybille de Sélys Longchamps de quitter le pays avec sa fille Delphine, pour ne pas troubler la quiétude du royaume. 3. Parce que cette censure "royale" permet de bloquer des affaires plus graves. Rappelons qu'au début des années 80, un dossier judiciaire a été ouvert (et rapidement refermé) concernant des partouzes en présence de mineurs et de personnes haut placées. On y citait : Vanden Boeynants, le Prince Albert, le général de gendarmerie Beaurir et l'entrepreneur Blaton (Jean Mottard et René Haquin, Les Tueries du Brabant, Éd. Complexe, 1990, page 207). Sur cette affaire également, les journalistes bien informés savent beaucoup de choses, mais ils préfèrent généralement observer la loi du silence... Une exception de poids, l'article de Douglas Deconinck, Des Ballets roses aux témoignages des X, l'enquête impossible (De Morgen, 1/12/98), accessible sur le site d'Alternative Libertaire (http://users.skynet.be/AL/archive/99/213 jan/X1suite.htm).

Marc Reisinger


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