libertaire anarchiste anarchisme

Droit
de réponse

Éloge de la transgression
ou erreur sur l'étymologie ?

En réponse à l'article de Patrick Traube, publié par Le Matin, le 21 octobre 1999, je me permets de faire remarquer à l'auteur qu'il utilise abusivement le mot anarchie. D'après lui, l'absence de règles au sein d'une collectivité est synonyme d'anarchie. L'anarchie c'est la loi de la jungle, c'est à dire la loi du plus fort.

On peut être ouvert à toute opinion, mais on ne peut accepter que le mot anarchie, déjà si souvent décrié ou employé à contre-temps soit utilisé péjorativement par un journal qui se veut progressiste.

L'anarchie ce n'est pas le bordel ! Je tiens à la disposition de Mr Traube les principes de base de la Fédération Anarchiste francophone, recueil dans lequel l'organisation de la Fédération est expliquée. La première page du fascicule est d'ailleurs tout à fait claire : Nous, anarchistes, réunis à la Fédération Anarchiste, sommes conscients de la nécessité de l'organisation spécifique. Nous propageons nos idées et voulons réaliser une révolution radicale et globale, à la fois économique et sociale, afin que soient détruites les sociétés fondées sur la propriété privée ou étatique des moyens de production et de la distribution, toutes les exploitations, l'ignorance et la misère, ainsi que les rapports d'autorité.

Les anarchistes veulent l'éclosion d'une société d'hommes libres et égaux. La Liberté et l'Égalité sont les deux concepts-clés autour desquels s'articulent tous les projets libertaires. Socialistes, ils sont pour la possession collective des moyens de production et de distribution. Libertaires, ils pensent que l'Homme ne peut être libre que dans une société d'hommes vraiment libres, et que la liberté de chacun n'est pas limitée, mais confirmée par la liberté des autres. La liberté, tout comme l'égalité, telle que la conçoivent les libertaires, n'a cependant rien d'abstrait, mais vise une liberté et une égalité concrètes, c'est à dire sociales, fondées sur la reconnaissance égale et réciproque de la liberté de tous.

Il ne faut pas être "psy" pour ouvrir le petit Larousse à la page 38 : Anarchie, du grec, absence de commandement. Système politique et social suivant lequel l'individu doit être émancipé de toute tutelle gouvernementale.

En bref, il s'agit d'une conception politique qui tend à supprimer l'État, à éliminer de la société tout pouvoir disposant d'un droit de contrainte sur l'individu.

Il n'est nulle part fait allusion à une absence de règles. Si les "psys" appellent l'érection de la Loi (règles, organisation) la fonction paternelle, nous ne sommes plus très éloignés de la triste trilogie Travail, Famille, Patrie.

L'organisation, le règlement, la Loi, doivent être déterminés par les citoyens, et les mandats de ceux qui seront chargés de les appliquer doivent être sans cesse remis en cause.

Le paternalisme, qu'il soit stalinien, ou calotin n'engendre effectivement qu'une volonté de transgression des règles qui auront été imposées à la majorité, par une minorité.

Si Mr Traube souhaite améliorer sa culture politique, je me permets de lui suggérer de lire, le livre de Pierre-Joseph Proudhon, De la capacité politique des classes ouvrières.

Cerise

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