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Pierre
Kropotkine

Pierre Kropotkine est issu de l'une des plus vieilles familles de la noblesse russe.

De l'âge de 15 ans, et durant cinq ans, il sera l'hôte de l'école des Pages. Il en sortira sergent, place enviée parce que le sergent devenait le page de chambre personnel de l'empereur. Cette place laissait prévoir une ascension rapide et sûre au sein de la cour. Kropotkine vécut donc au côté d'Alexandre II et put se faire une idée précise de ce qui se passait dans son entourage. Cela ne fit que confirmer ses impressions et le dégoûta à jamais de la vie de courtisan.

En 1860, Pierre Kropotkine édite sa première publication révolutionnaire.
Celle-ci est manuscrite et destinée à trois de ses camarades : A cet âge, que pouvais-je être, si ce n'est constitutionnel ? Et mon journal montrait la nécessité d'une constitution pour la Russie.
Nommé officier, il est le seul à choisir un régiment peu connu et loin de la capitale. Il part donc pour la Sibérie comme aide de camp du général Koukel. Cet homme, aux idées radicales, avait dans sa bibliothèque les meilleures revues russes et les collections complètes des publications révolutionnaires londoniennes de Herzen.
En outre, il avait connu Bakounine pendant son exil et put raconter à Kropotkine bon nombre de détails sur sa vie. Sa première expédition importante est la traversée de la Mandchourie, à la recherche d'une route reliant la Transbaïkalie aux colonies russes sur l'Amour.
L'année suivante, il entreprend un long voyage pour trouver un accès de communication directe entre les mines d'or de la province de Yakoutsk et la Transbaïkalie. Cette découverte, dont Kropotkine n'hésite pas à dire qu'elle est sa principale contribution scientifique, est bientôt suivie par la théorie de la glaciation et de la dessication.
Ayant quitté l'armée, il entre à l'université de Saint-Pétersbourg à l'automne 1867. Pendant cinq ans, son temps est entièrement absorbé par les études et les recherches scientifiques.
A la mort de son père, il décide de se rendre en Europe occidentale.

L'Association Internationale des Travailleurs (AIT), dont il avait déjà entendu parler, l'attire.
Arrivé à Zurich, il adhère à une section de l'Internationale, puis se rend dans le jura où l'activité libertaire est intense. A Neuchâtel, il rencontre James Guillaume qui deviendra l'un de ses meilleurs amis. A Sonvilliers, il se lie d'amitié avec Adhémar Schwitzguebel. Ces différents contacts le marqueront, ainsi que le comportement des ouvriers jurassiens pour lesquels il a une grande admiration.
De retour en Russie, Kropotkine devient un propagandiste infatigable et, durant deux ans, il parcourt les quartiers populaires de Saint-Pétersbourg déguisé en paysan, sous le nom de Borodine. Il est arrêté en 1874 et conduit à la forteresse Pierre et Paul, il s'en évade grâce à l'aide de sa sœur et se réfugie en Angleterre.
Le désir d'agir sur les événements pousse Kropotkine à retourner en Suisse.
En décembre 1876, il séjourne à Neuchâtel où il rencontre Malatesta et Cafiero qui projettent pour l'année suivante une insurrection en Italie. Il s'installe dans le jura et commence pour lui une période d'activités intenses.
Il se rend partout où c'est nécessaire, à Verviers (en Belgique), à Genève, à Vevey où il rencontre Elisée Reclus. En juin 1877, Kropotkine et Paul Brousse fondent "l'Avant-garde ", journal international, pour effectuer une propagande vers la France. A l'automne 1877, il participe au congrès de Verviers qui sera le dernier congrès international de la tendance bakounienne.
Après un bref séjour à Genève, il part pour l'Espagne où il est émerveillé par l'implantation de l'anarchisme. C'est au retour de ce voyage qu'il fait la connaissance de Sophie Ananief, avec laquelle il passera le restant de ses jours.
En 1879, Kropotkine édite un journal pour la Fédération jurassienne.
C'est ainsi que naît " le Révolté " qui prendra en 1887 le nom de " la Révolte " et, pour finir, s'intitulera "les Temps nouveaux" en 1895.
En 1880, il se rend à Clarens pour rejoindre Elisée Reclus qui lui demande de collaborer, pour la partie russe, à son gigantesque ouvrage, la "géographie universelle" . C'est là aussi qu'il écrit la célèbre brochure "aux jeunes gens".
A son retour, il est expulsé de Suisse à cause de l'assassinant d'Alexendre II.
En 1882, il se rend en France où il est arrêté avec soixante autres anarchistes. Kropotkine et trois de ses compagnons sont condamnés à cinq ans de prison, les autres inculpés à des peines d'un à quatre ans. Pendant ces années d'enfermement, Kropotkine donne à ses compagnons des cours de cosmographie, de géométrie, de physique… et presque tous apprennent une langue étrangère.

Ne pouvant rester en France, le couple décide de séjourner à Londres.
Ils ne savent pas alors qu'ils resteront pendant trente ans en Angletere où le mouvement anarchiste anglais n'a cessé de prendre de l'ampleur. Mme Charlotte Wilson, membre de la société Fabienne, devient peu à peu une disciple de Kropotkine. En 1885, Henry Seymour lance le journal individualiste "The anarchist". Dans l'Est End à Londres, les juifs anarchistes font paraître à la même époque un journal en Yiddish (L'ami des travailleurs).
Le groupe Freedom, tout nouvellement créé, composé de Kropotkine et de sa femme, de Mme Wilson, du Docteur Burns Gibson et d'un ou de deux autres compagnons, lance en octobre le premier numéro de "Freedom". La morale anarchiste paraît en 1890, suivant deux ans plus tard de "la Conquête du Pain". Après une série de conférences, au Canada, sur les dépôts glaciaires en Finlande et sur la théorie de la structure de l'Asie, il se rend aux Etats-Unis où ils fait des meetings sur l'anarchisme.
Grâce à l'argent collecté au cours de deux meetings à New-York, John Edelman peut faire paraître le premier journal anarchiste communiste en langue anglaise au Etats-Unis.

En 1905, la première révolution en Russie l'enthousiasme, il participe à Londres à deux réunions organisées sur ce sujet. En 1911, il écrit pour le nouveau journal des exilés russes "Rabotni Mir" qui deviendra en 1913 l'organe de la Fédération communiste anarchiste.
Jean Grave lui rend visiste en 1916 et les deux hommes discutent de leur position commune à propos de la guerre. Ils décident de rédiger un texte qui prend le nom de : Manifeste des seize.
En mai 1917, Kropotkine prend la décision de revenir en Russie. Il s'embarque donc et partout où il passe malgré les précautions pour voyager incognito, il est chaleureusement accueilli. Il refuse outré, le misnistère que lui propose Kerenski et, quand Lénine est maître de la situation, il réitère son refus de participer à tout gouvernement.
Il ne cesse de dénoncer la dictature qui s'instaure et en but à des tracasseries de la part des bolchevics, il meurt à Dmitrov entouré de ses plus fidèles amis.
Son enterrement sera la dernière grande manifestation libre en URSS.


Extrait de la série Increvables Anarchistes, volume 10, éditions Alternative Libertaire et du Monde Libertaire.

Disponible par correspondance à la Librairie libertaire.


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